Cette section regroupe les documents d’archives et autres sources originales recensés au cours de mes recherches sur notre ancêtre Raymond Bourdages, sa famille et les personnes qui ont marqué son histoire. Les documents sont classés par catégories. Il suffit de cliquer sur la lettre correspondante dans la liste ci-dessous pour accéder directement à la section souhaitée.
- A- Raymond Bourdages
- B- Esther LeBlanc
- C- Famille de Raymond Bourdages et Esther Leblanc
- D- Activités Notariales
- E- Activités Judiciaires
- F- Activités commerciales et maritimes
- G- Réclamations des terres à Bonaventure
A- Raymond Bourdages
La section A – Raymond Bourdages rassemble les documents d’archives originaux concernant directement la vie de Raymond Bourdages. On y trouve notamment des actes de l’état civil, des documents notariés, des pièces judiciaires et d’autres sources contemporaines qui permettent de retracer son parcours, de sa naissance en France jusqu’à son décès à Bonaventure. Cette section sera enrichie au fur et à mesure de l’avancement des recherches par l’ajout de tout nouveau document d’archives le concernant.
- 1- Acte de naissance/baptême
- 2. Contrat d’engagement de Raymond Bourdages pour Québec (5 juin 1751)
- 3. Liste Passagers Navire L’Achille- Bordeaux- 7 juin 1751
- 4. Cautionnement du capitaine Martin (Marsan) d’Haraneder devant l’Amirauté de Guyenne – Bordeaux, 9 juin 1751
- 5. Appel devant le Conseil supérieur de Québec – Martin d’Haraneder contre Pierre Revol, 4 octobre 1751
- 6. Appel devant le Conseil supérieur de Québec – Martin d’Haraneder contre Étienne Jayat, 4 octobre 1751
- 7. Acte de mariage de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc- 22 février 1756
- 8. Attestation de la signature du Révérend Père Germain Jésuite par l’évêché de Québec le 28 juillet 1775
- 9. Acte de décès
- 10. Testament de Raymond Bourdages- 17 juillet 1787
- 11. Transfert des cendres de Raymond Bourdages vers la nouvelle église de Bonaventure (9 juin 1797)
1. Acte de naissance/baptême

2. Contrat d’engagement de Raymond Bourdages pour Québec (5 juin 1751)
Ce contrat d’engagement, signé à Bordeaux le 5 juin 1751 devant le notaire Parran, constitue le plus ancien document connu concernant Raymond Bourdages. Il l’identifie comme « chirurgien natif d’Estancarbon, diocèse de Comminges, âgé de vingt ans » et confirme son départ pour Québec à bord du navire L’Achille. Cet acte permet d’établir avec certitude l’origine française de l’ancêtre des familles Bourdages d’Acadie, du Québec, et du Canada. La signature originale de Raymond Bourdages figure également au bas du document.
Transcription
Pardevant les Notaires à Bordeaux soussigné ont comparu Raymond Bourdages chirurgien natif destancarbon diocèse de Comainges âge de vingt ans, guillaume Lafon tailleur d’habits natif dorignac dme(du même) diocèse âgé de vingt cinq ans, et joseph dusimetiere scellier natif de Bezanson âge de vingt ans——-
Faisant profession de la Religion Catholique, Apostolique & Romaine, lesquels se sont volontairement engagés, promis & promettent par ces Présentes à Sr Martin D’haraneder Capitaine du Navire nommé Lachille —— appartenant à Sr Oualle Bourgeois & Négociant dudit Bordeaux, d’aller & passer avec ledit Capitaine dans ledit Vaisseau jusques à a Quebec en Amérique, où étant arrivé moyennant Dieu, ils consentent que ledit Capitaine les puisse engager avec tel Habitant desdites Isles que bon lui semblera, pour le tems de trois ans lors prochains, pendant lesquels lesdits Engagés ne pourront quitte leur Maître pour quelle cause que ce soit, aux peines portées par les Loix du Païs; mais lesdits trois ans expirez leur sera loisible de se retirer où bon leur semblera; & pour lors le Maître qu’ils auront servi, sera tenu de leur délivrer à chacun trois-cens-vingt livres pesant de Sucre brut, pour en disposer à leur volonté. Fait & passé audit Bordeaux, dans l’Etude de Parran l’un desdits Notaires, le cinquième du mois de juin mil sept-cens cinquante un. Signé: guillaume Laffon; Raimond Bourdages; joseph ducimetier; M: dharaneder; Parran
3. Liste Passagers Navire L’Achille- Bordeaux- 7 juin 1751
Cette liste de passagers du navire L’Achille, datée du 7 juin 1751, mentionne « Rand. Bourdage, chirurgien » parmi les voyageurs à destination de Québec. Cette inscription correspond au Raymond Bourdages, chirurgien natif d’Estancarbon, identifié dans son contrat d’engagement signé à Bordeaux le 5 juin 1751.


Référence: Archives nationales d’outre-mer (ANOM), Fonds des Colonies, série F5B, vol. 39, Passagers embarqués en France (Bordeaux), 1749-1758, liste des passagers du navire L’Achille, Bordeaux, 7 juin 1751.
4. Cautionnement du capitaine Martin (Marsan) d’Haraneder devant l’Amirauté de Guyenne – Bordeaux, 9 juin 1751
Le 9 juin 1751, le capitaine Martin (Marsan) d’Haraneder comparaît devant le lieutenant général de l’Amirauté de Guyenne avant le départ de L’Achille pour Québec. Le marchand bordelais Thomas Oualle se porte caution du voyage et s’engage solidairement avec le capitaine. L’acte prévoit qu’au retour du navire à Bordeaux, le capitaine devra produire les certificats attestant le déchargement de sa cargaison dans la colonie et le paiement des droits de fret, formalités auxquelles il se conformera lors du retour de L’Achille à Bordeaux le 28 septembre 1752.

Transcription
Retour- Décharge: L’Achille 370tx Le 28 7bre 1752 Le capitaine est venu sur ce port avec son dit navire et a rapporté la decharge des engages & fusils boucaniers pour raison de quoy il requiert sa decharge & a signé ____ M.: d’haraneder
Aujourd’hui neuf du mois de juin mil sept cens 51 par-devant Nous Jean de Navarre, Conseiller du Roy, Grand-Chambrier au Parlement, & Lieutenant-Général au Siege de l’Amirauté de Guyenne, a comparu Sr. Marsan dharaneder commandant le Navire nommé Lachille de Bordx du port de 370 Tonneaux ou environ; lequel, en présence du Procureur du Roy, a donné pour Caution Sr. Thomas Oualle Bourgeois & Marchand de cette Ville, lequel, solidairement l’un pour l’autre, un d’eux seul pour le tout, renonçant au bénéfice d’ordre, division & discussion, se sont soumis de payer, au retour dudit Navire en France, les Droits dûs des Marchandises qu’il rapportera quittes de fret; comme aussi de rapporter Certificat de la décharge auxdites Isles de Neans Barils Farine, qui ont été chargez dans le susdit Navire & autre Certificat de la décharge audit lieu de six engagez & quatre fusils boucaniers, le tout conformément à la volonté de Sa Majesté, du 20 Octobre 1703. Se soumettante plus lesdits sus-nommez de ne prendre sur ledit Navire aucuns Habitans desdites Isles, Négres, ni Passagers sans une Permission expresse de Monsieur le Gouverneur, ou Monsieur l’Intendant dudit lieu, aux peines portées par les Ordonnances de Sa Majesté du 20 Octobre 1692. 24 Octobre 1694. & Octobre 1616. Déclarant de plus lesdits sus-nommez qu’ils ont chargé dans le susdit Navire pour huit mois de toutes sortes de Vivres pour la voiture & subsistance de l’Equipage d’celui; se soumettent de plus lesd. Sus-nommez en toutes les peines qui pourroient être ordonnées par Sa Majesté, ou ses Officiers, en cas que ledit D’haraneder changeant la destination de son Voyage, lequel fût dans la Mer du Sud; comme aussi se soumettent de plus lesdits sus-nommez de ne vendre ledit Navire pendant son Voyage à quelque Etranger que ce soit, & de faire revenir ledit Navire sur ce Port, à peine de dix mille livres d’amende, conformément au Règlement du mois d’Avril 1717. Et pour raison de tout ci-dessus, lesdits sus-nommez ont obligé leurs personnes & biens présent & à venir, qu’ils ont soumis à toute rigueur de Justice qu’il appartiendra, & on signé.
(illisible) S. Oualle & M: d’haraneder
5. Appel devant le Conseil supérieur de Québec – Martin d’Haraneder contre Pierre Revol, 4 octobre 1751
Le 4 octobre 1751, le Conseil supérieur de Québec entend l’appel interjeté par Martin (Marsan) d’Haraneder, capitaine du navire L’Achille, contre une sentence rendue le 22 septembre précédent par l’Amirauté de Québec dans une cause l’opposant au marchand Pierre Revol. Le Conseil annule la décision de première instance, décharge le capitaine des condamnations prononcées contre lui et condamne Pierre Revol aux dépens de la cause principale et de l’appel. Ce document témoigne des litiges commerciaux survenus peu après l’arrivée de L’Achille à Québec et confirme la présence du capitaine dans la colonie à l’automne 1751.


Transcription
Entre le sieur Dharnadere, capitaine du navire L’Achille appellant de sentence rendue en l’Amirauté de cette ville le vingt-deux septembre dernier, comparant par le Sieur Decharnay, d’une part;
Et le Sieur Pierre Revol marchand en cette ville, intimé comparant par Me Jean-Claude Panet, notaire Royal en la prévôté de cette ville son procureur d’autre part;
Vu ladite sentence par laquelle il est donné acte des déclarations et affirmations mentionnées en ladite sentence, en conséquence, et attendu que le quart d’eau-de-vie en question a été placé au fond de la cale, et contre le mât, ledit appelant est condamné à rendre audit Revol un quart d’eau-de-vie valant dix sept veltes, ou à lui payer la valeur au prix du cours, et ledit appelant condamné aux dépens liquidés à vingt une livres, quinze sols, le fond de la sentence (mot illisible), signification faite de ladite sentence à la requête dudit sieur Revol audit d’Haraneder le vingt-cinq dudit mois de septembre avec commandement de satisfaire au contenu de ladite sentence, acte d’appel fait en Conseil de ladite sentence par le dit sieur D’Haraneder. Signifié à la requête audit sieur Revol le vingt-sept dudit mois de septembre, requête présenté en ce Conseil par ledit D’Haraneder, tendant à ce que fût (mot illisible) acte d’appel, le tenir pour bien relevé, ce faisant lui permettre se faire assigner au premier jour de Conseil ledit sieur Revol pour voir procédure sur sondit appel; le reçu de la somme de trois livres du greffier en chef de ce Conseil.
Pour la consignation de l’amende; l’ordonnance de Monsieur l’Intendant; (mot illisible) ensuite des deux de ce mois, portant ledit appelant permis d’assigner pour lui venir au Conseil le lundy huit d’octobre prochain; signification faite de la requête, pour l’amende en ordonnance à la requête dudit appelant avec intimé ledit jour deux de ce mois; une assignation à comparoir en ce Conseil cejourd’huy; écrit de grief fourni par ledit appelant, signifié à sa requête audit intimé aujourd’huy, par lequel ledit appelant, pour des raisons y contenues, conclut à ce qu’il plaise au Conseil mettre l’appellation et ce dont est appel au néant, décharger ledit appelant de condamnation contre lui prononcée avec amende et dépens. Oüy les parties comparantes le Conseil a mis et met l’appellation entendue dont est appel au néant, emendant décharge ledit appellant de condamnation contre lui prononcée par la dite sentence, condamne l’Intimé aux dépens des causes principale, et d’appel.
6. Appel devant le Conseil supérieur de Québec – Martin d’Haraneder contre Étienne Jayat, 4 octobre 1751
Le 4 octobre 1751, le Conseil supérieur de Québec entend l’appel interjeté par Martin (Marsan) d’Haraneder, capitaine du navire L’Achille, contre une sentence rendue le 29 septembre précédent par l’Amirauté de Québec dans une cause l’opposant au négociant Étienne Jayat. Le Conseil annule la décision de première instance, déclare Jayat non recevable dans sa réclamation concernant une barrique de vin, le condamne à verser 567 livres au capitaine pour le fret de marchandises transportées à son compte à bord de L’Achille, ainsi qu’aux dépens de la cause principale et de l’appel. Cette décision illustre les différends commerciaux réglés à Québec dans les semaines suivant l’arrivée du navire en Nouvelle-France.



Transcription
Entre le sieur D’Haraneder capitaine du navire L’Achille appellant de sentence rendue en l’Amirauté de cette ville le vingt-neuf septembre dernier, comparant par le sieur Decharnay, praticien d’une part;
Et le sieur Etienne Jayat, négociant en cette ville intimé, comparant par Me Jean-Claude Panet, notaire royal en la prévôté de cette ville, son procureur d’autre part; a vu ladite sentence par laquelle il est ordonné avant faire droit que les nommés Cureuil et Saint Germain, les susdits témoins sont entendus sur les faits dont il s’agit, à la dilligence du sieur Jayat pour sentence Déclaration (2 mots illisibles) ainsi qu’il appartiendra, dépens réservés.
Requête présentée en ce Conseil par le Sieur D’Haraneder, tendante à être reçu appellant de la sentence, (mot illisible), sur son appel pour bien relevé, ce faisant lui permettre de faire assigner le sieur Jayat par extraordinaire au premier jour de ce Conseil. L’ordonnance de Monsieur l’Intendant du deux de ce mois, portant reçu d’appellant, permis d’assigner pour en venir en ce Conseil le lundy suivant, le reçu du greffier en chef de ce Conseil de la somme de trois livres, pour la consignation de l’amende; signification faite de ladite requête, reçu d’amende, et ordonnance à la requête dudit appellant audit intimé ledit jour deux de ce mois, avec assignation à comparoir en ce Conseil cejourd’huy.
Écrit de grief fournis par ledit appellant, signifié à sa requête audit intimé ledit jour deux de ce mois, par lequel ledit appellant conclut à ce qu’il plaise au Conseil de mettre l’appellation et sentence dont est appel au néant, en ce qu’elle ordonne que les nommés Fortier et Saint Germain, témoins dudit intimé, seront entendus pour être faits et ouïs sur leurs déclarations; amendant, déclarer l’intimé non recevable en sa demande incidente afin de payement d’une barrique de vin qu’il dit lui avoir été remise, et ce à faute de protestation par lui faite en temps et lieu, suivant l’article 8 du titre 12 des Fins de non recevoir de l’Ordonnance de la Marine de 1681. Évoquant le principal et y faisant droit, condamne le sieur Jayat à payer à l’appellant la somme de cinq cent soixante-sept livres pour fret des marchandises (mot illisible) pour son compte dans le navire l’Achille commandé par l’appellant; le condamne aussy aux dépens tant des causes principale que d’appel; ou aussy le connoissement des (2 mots illisibles) pour le compte dudit intimé dans le navire l’Achille, en date du premier may dernier, le fret desquelles monte, suivant ledit connoissement, à la somme de cinq cent soixante livres, ouï les parties comparantes, le Conseil a mis et met l’appellation et sentence dont est appel au néant. Évoquant le principal et y faisant droit, déclare ledit intimé non recevable en sa demande au sujet de la barrique de vin dont est question; condamne ledit intimé à payer audit appellant la somme de cinq cent soixante sept livres pour fret des marchandises (2 mots illisibles) pour son compte dans ledit navire l’Achille; le condamne en outre aux dépens des causes principale et d’appel.
7. Acte de mariage de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc- 22 février 1756

Voir Notaire Jean-Antoine Panet; Fonds Cour supérieure; District judiciaire de Québec, Greffes des notaires; Archives nationales à Québec; Fichier 1778, page 16 d 21; le 5 sept. 1778. Notice CN301, S205. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3777525
FamilySearch, Québec, Québec, Canada, Notarial Records, 21 novembre 1776 – 10 mars 1779, image 2618 de 3346, Image Group Number 008884459, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-53LX-BYW7?view=explore&groupId=TH-7764-100348-17011-19&lang=en
8. Attestation de la signature du Révérend Père Germain Jésuite par l’évêché de Québec le 28 juillet 1775

FamilySearch, Québec, Québec, Canada, Notarial Records, 21 novembre 1776 – 10 mars 1779, image 2619 de 3346, Image Group Number 008884459, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-53LX-BY9V?view=explore&groupId=TH-7764-100348-17011-19&lang=en
Cette attestation apparaît à l’endos de l’acte de mariage de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc.
9. Acte de décès

10. Testament de Raymond Bourdages- 13 juillet 1787
Transcription ci-bas trouvée dans le livre de Pierre Bourdages intitulé « Racines Vivantes », pages 42-44, avec certaines modifications de ma part pour faciliter la compréhension du lecteur..
Bonaventure
L’An mille sept cent quatre vingt sept le treize juillet je soussigné prêtre et Grand Vicaire de la Bay des Chaleurs déclare qu’ayant été appelé par le nommé Raymond Bourdage qui se voyant en danger d’être peut être en peu de temps rappelé de ce monde et voulant comme un père chrétien mettre ordre aux affaires de sa maison selon la justice et l’équité n’ayant plus à cœur que de laisser l’union et la paix dans la famille le susdit de sa propre volonté et d’un parfait consentement et avec une pleine connaissance a déclaré pour ses dernières volontés en ma présence et des témoins soussignés (supposé que Dieu l’appelle à lui) ce qui suit savoir –
Je donne à mon fils Jean Marie Bourdage la terre de trois arpents qu’il occupe à présent comme une portion de son patrimoine.
Je donne à mon fils Benjamin Bourdage (comme aussi portion de son patrimoine) la terre de trois arpents où il est situé à condition qu’il laisse entre sa terre et celle de son frère Jean Marie un terrain suffisant pour les moulins ce qu’il fera conformément à la volonté de mon Épouse qui règlera avec la famille le terrain nécessaire aux dits moulins.
Je donne à mon fils Louis Bourdage une terre de trois arpents ensuite de celle de son frère Benjamin (comme de son patrimoine).
À l’égard de mes deux petits garçons Frédéric et Antoine je veux qu’ils aient comme de bien patrimoine chacun une terre de trois arpents ensuite de celle de leur frère Louis. Je veux aussi et je donne pouvoir à mes deux petits garçons Frédéric et Antoine le pouvoir de reprendre et d’échanger après la mort de mon Epouse les terres que leurs aye donné cy dessus pour celle qui se trouve avec tous les bâtiments dessus construits, entre Charles Poirier dit commy et Jean Marie Bourdage sans que mes autres enfants ne puissent rien exiger d’eux pour la différence de l’échange des terres.
Quand à Charlotte ma fille je veux qu’elle se contente de ce qu’elle a jusqu’ici reçu de mon Epouse, auquel tous en rapportant ce qu’elle a eût elle partagera également avec les autres frères et sœurs conformément à son contrat de mariage. J’oblige mon Epouse et tous mes garçons et Charlotte de fournir à Esther, Javot, Toinet mes filles un dot Équivalent à ce que je donne à mes autres enfants.
Je veux aussi que mes filles Javot, Esther et toinette restent et demeurent avec leur mère qui en prendra soin jusqu’à leur établissement. Pour ce qui est de ma terre qui se trouve entre Charles poirier dit commy et Jean Marie mon fils, des moulins et autres biens, meubles, et immeubles je veux expressément que mon Epouse aye la jouissance de cette terre, des dits moulins, et autres biens, meubles et immeubles jusqu’à son décès auquel temps toute la famille partagera également ce qui se trouve.
Je veux et oblige mon Epouse d’avoir un soin particulier de nos deux petits enfants Frédéric et Antoine. Je veux qu’elle les élève chrétiennement et qu’elle les fasse instruire selon son moyen. Je donne par le présent écrit à Esther LeBlanc mon Epouse le pouvoir de faire et de régler toutes les affaires de la famille et les affaires étrangères selon qu’elle le trouvera le plus convenable afin que l’équité soit rendue dans le partage entre tous mes enfants. Je les oblige à rendre compte de tout ce que je leur ay donné pour leur établissement.
Nous tous soussignés enfants de Raimond Bourdage et d’Esther LeBlanc consentons avec plaisir à ces dernières volontés de notre père.
Nous promettons sincèrement après que ces dernières volontés de notre père seront exécutées de ne jamais exiger rien de notre mère aucun compte des droits de notre père ni de lui causer aucun trouble à moins quelle ne contracte un second mariage dans lequel cas elle sera obligé de nous rendre compte telles sont les dernières volontés que le Sieur Raimond Bourdage a déclaré en ma présence qu’il a bien voulu signer en parfaite connaissance après les lui avoir lu et relu le tout fait d’un bon accord avec la famille et ce en présence des témoins soussignés.
Ant. Girouard témoin Raymond Bourdage E Bourdage
Marque X: Marie Genevieve Bourdage épouse de Nicolas Arseneaux. Je soussigné certifie que la famille Marie Genevieve Bourdage a fait elle même devant moi la marque ordinaire d’une croix- Joseph Mth Bourg
Jean Marie Bourdage Benjamin Bourdage Esther Bourdage
Par devant moi soussigné faute de notaire- Jos Mth Bourg G. Vicaire
11. Transfert des cendres de Raymond Bourdages vers la nouvelle église de Bonaventure (9 juin 1797)

Référence : Collection Drouin, Registres paroissiaux du Québec, paroisse Saint-Bonaventure, Bonaventure, registre 1791–1839, acte du 9 juin 1797 (translation des cendres de Raymond Bourdages), p. 47 de 697. https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_30760339?queryId=ddf98486-051d-43a9-addc-dfcd6a5c1fcd&usePUB=true&_phsrc=TZy2&_phstart=successSource&usePUBJs=true&pId=12429769
B- Esther Leblanc
La section B – Esther LeBlanc rassemble les documents d’archives originaux concernant directement la vie d’Esther LeBlanc. On y trouve notamment ses actes de naissance/baptême, de mariage et de décès, ainsi que les deux testaments retrouvés à ce jour. Cette section sera enrichie au fur et à mesure de l’avancement des recherches par l’ajout de tout nouveau document d’archives permettant de mieux documenter sa vie et son parcours.
1. Acte de naissance/baptême

2. Acte de mariage

3. Acte de décès

4. Testaments
Les deux testaments d’Esther Leblanc se retrouvent dans le livre de Pierre Bourdages ‘Racines Vivantes’ aux pages 46 à 51 inclusivement. On y retrouve la reproduction des photocopies ainsi que les transcriptions intégrales. Les voici…
a) Testament d’Esther Leblanc en date du 7 mai 1796
À faute de notaire fue présente par devant moy soussigné J Mch Lepage un des juges de paix d’Hamilton du dit compté y résident Esther le Blanc veve du Sr Raymond Bourdage faisante et agisante pour elle même
SEAVOIR
Comme étante éritière de feu frédérique bourdage son fils d’une terre situé entre charle Poirier dit commy et Jean marie Bourdage suivant donnation de feu Raymond Bourdage son mari l’an mille sept cent quatre vingt sept le 13 juillet pour témoigné sa satisfaction maternelle concernant la conduite filiale et respectueuse qu’on tenu a son égare Antoine Bourdage son fils au quelle par gratification au travaux personnels quil a faite sur ladit tere ce ci présent et ayan cause elle cède quitte transporte abandonne et delaisse appres s’amore la dite terre avec maison grange autre batisent y de sur construits et dépendances tel que le tout se poursuit et comporte; en plus elle donne en pur dont un paire de beuffes un chevale deux vaches quatre mère moutone un poil de fer, a son choix charues charettes, traine un gran chodron la moitié de toute linge et harde a son usage deux lite garni un grand miroir, mon tour de lite une paire de chenêts une table de miacajuée une gramaillier grille. Poile a frire une commode une douzene de chaise trois cochon une marmite, apprendre sur ces droits de commune que de leur aquis pour le don de lapare de la dite terre qui a été faite par son dit mari la présente acte passé et fait de lapare de la dite Esthere le Blanc veuve du Sr Raymond Bourdage. En foi de quoi la dit veuve Bourdage asigné en presence de deux témoins soussigné et moy JMch Lepage un des juges de paix pour le district de Gaspée à Hamilton le 7 may mil sept cent quatre vingt seize.
b) Testament d’Esther Leblanc en date du 28 mai 1803.
PAR DEVANT LE NOTAIRE
publié en la Province du Bas Canada résident à Québec soussigné et des témoins ci-après nommés et soussignés fut présente Dame Esther Leblanc veuve de Sieur Raymond Bourdage, demeurante — ordinairement à Bonaventure à la Baye des Chaleurs, de présente à Québec, étant saine d’esprit de mémoire, entendement et jugement, comme il est apparu aux dits notaire et témoins par ses discours et maintien, s’étant même exprès transportée à l’effet des présentes en l’étude de Mt Planté notaire susdit en la haute ville de Québec rue de Buade où les témoins pour ce mandés sont venus, laquelle a dit que considérant la certitude de la mort et l’incertitude de son heure craignant d’en être prévenue sans avoir disposé de ses dernières volontés elle a fait, dicté et nommé au dit notaire en présence des dits témoins son testament ainsi qu’il suit.
Premièrement comme Chrétienne, Catholique, Apostolique et Romaine, la testatrice recommande son âme à Dieu, tout puissant, suppliant sa divine Majesté de lui pardonner ses péchés et lui accorder la béatitude éternelle.
Secondement ordonne ses dettes être payées et torts si aucuns se trouvent, réparés sur ses biens par son exécuteur testamentaire ci-après nommé auquel elle s’en rapporte pour son inhumation messes et prières.
Donne et lègue la testatrice à Jean Marie Antoine Bourdages son fils demeurant à la Baye des Chaleurs généralement tous les biens meubles et immeubles acquêts conquests et propres qu’elle délaissera à son décès sans en rien réserver (que l’argent monnoie qui pourrait se trouver appartenir à sa communauté) nommant et instituant le dit Jean Marie Antoine Bourdage son légataire général et universel, pour par lui jouir et disposer de tous les dits biens en toute propriété et perpétuité sans être tenu d’en rendre aucun compte à qui que ce soit.
Et pour Exécuter le présent testament la testatrice a nommé le Sieur Louis Bordage son fils demeurant à St Denis Rivière Chambly en mains duquel elle se démet et désaisit de tous ses biens suivant la coutume. Révoquant la testatrice tous testaments et codiciles qu’elle pourrait avoir faits ci-devant, ne s’arrêtant qu’au présent comme étant ses dernières volontés. Ce fut ainsi fait dicté et nommé par la dite Dame veuve Raymond Bourdage testatrice à Maître Js Planté Notaire, en son étude sus dite, l’an mil huit cent trois le vingt huit Mai avant midi en présence des Sieurs Martin Chénique et Antoine Cureux St-Germain tous deux navigateurs demeurants à Québec, témoins pour ce mandés, les jours et an susdits. Et après que le présent testament a été lu et relu à la dite testatrice par le dit notaire, les témoins présents elle a dit d’avoir bien entendu et compris l’a trouvé conforme à ses dernières volontés et y a persistés en signant avec les dits notaire et témoins après lecture refaite les dis jour et an que dessus. / signé à la minute demeurée en la dite étude É.L. veuve Bourdage, Atn Cureux St-Germain, Martin Chennequy et du Notaire soussigné
Js Planté
C- Famille de Raymond Bourdages et Esther Leblanc
Entre 1756 et 1779, Raymond Bourdages et Esther LeBlanc donnèrent naissance à douze enfants dont les descendants s’établirent principalement dans la baie des Chaleurs, à Québec et dans plusieurs régions du Bas-Canada. Les actes de baptême, mariage et sépulture conservés dans les registres paroissiaux permettent aujourd’hui de retracer l’évolution de cette famille sur près d’un siècle.
À travers ces documents émergent les réseaux familiaux, économiques et sociaux qui ont façonné l’histoire des Bourdages. On y découvre des cultivateurs, pêcheurs, navigateurs, marchands, notaires, médecins, officiers de milice et députés. Les familles Bujold, Poirier, Arseneau, Babin, Bernard, Dubord et plusieurs autres apparaissent constamment aux côtés des Bourdages, illustrant les liens qui ont contribué au développement de Bonaventure et de la baie des Chaleurs.
Les fiches qui suivent présentent, pour chacun des enfants de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc, les actes connus de baptême, mariage et sépulture, accompagnés de leur transcription, des références archivistiques et des observations historiques qui permettent de mieux comprendre l’évolution de cette famille fondatrice.
| # | Nom | Naissance/ Baptême | Mariage | Décès | Lieu Principal |
| 1 | Marie Charlotte Bourdages | 1756, Québec | 1783, Québec | 1823, Québec | Québec |
| 2 | Jean Marie Bourdages | 1759, Québec | 1785, Bonaventure | 1820, Bonaventure | Bonaventure |
| 3 | Raymond Marie Bourdages | 1761, Ancienne-Lorette | ———————- | 1773, Québec | Ancienne-Lorette |
| 4 | Benjamin Marie Bourdages | 1762, Ancienne-Lorette | 1786, Bonaventure | 1823, Bonaventure | Bonaventure |
| 5 | Louis Marie Bourdages | 1764, Ancienne-Lorette | 1787, Québec | 1835, St-Denis-sur-Richelieu | St-Denis-sur-Richelieu |
| 6 | Michel Bourdages | 1766, Ancienne-Lorette | ——————— | 1771, Québec | Ancienne-Lorette |
| 7 | Marie Esther Bourdages | 1768, Ancienne-Lorette | Vers 1789, Bonaventure | 1821, Bonaventure | Bonaventure |
| 8 | Marie Victoire Bourdages | 1770, Québec | ——————— | 1776, Ancienne-Lorette | Ancienne-Lorette |
| 9 | Marie Geneviève Bourdages | 1772, Québec | 1788, Carleton | 1830, Québec | Québec |
| 10 | Marie Josephe Antoinette Bourdages | 1773, Québec | 1792, Bonaventure | 1845, Québec | Québec |
| 11 | Joseph Frédéric Bourdages | 1777, Québec | ———————- | 1795, Bonaventure | Bonaventure |
| 12 | Jean Marie Antoine Bourdages | 1779, Bonaventure | 1800, Bonaventure | 1847, Bonaventure | Bonaventure |
1. Marie Charlotte Bourdages
Marie Charlotte Bourdages est baptisée et née à Québec le 13 décembre 1756, fille aînée de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc. Elle épouse Louis Sasseville à Québec le 22 octobre 1783, et demeure associée à la région de Québec tout au long de sa vie connue à travers les registres paroissiaux retrouvés jusqu’à maintenant. Louis Sasseville, époux de Marie Charlotte Bourdages, est baptisé et né à Charlesbourg le 20 août 1745. Comme son père René Sasseville, il exerce le métier de charpentier. Veuve de Louis Sasseville, maître charpentier, elle est inhumée à Québec le 8 novembre 1823 (décédée le 6), à l’âge déclaré de soixante-huit ans.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin, Registre de la Basilique Notre-Dame de Québec; 1755-1759; Microfilm 91 de 384.
🔎 Observations
Le baptême est célébré le jour même de la naissance de Marie Charlotte. Le parrain et la marraine appartiennent à un milieu lié aux officiers des troupes de la Marine et aux familles militaires présentes à Québec au milieu du XVIIIe siècle. La marraine, Dame Charlotte de Boishébert, est la sœur de Charles Deschamps de Boishébert, officier militaire français auprès duquel Raymond Bourdages servait en Acadie avant son établissement à Québec. La présence de ces personnages au baptême témoigne des liens militaires et sociaux conservés par Raymond Bourdages après son arrivée à Québec.
b) Acte de mariage…

Signé : mar ch bourdage; Guillaume Deluga; Bourdage; Louis Prevost; Charles Ouellette; Martineau; terese créqui; Pierre Vincent; L Bourdages; joseph poiré; [—] Lelièvre; Antoinette Le Lièvre; Gravé, vic. général.
Collection Drouin, Registre de la Basilique Notre-Dame de Québec; 1783-1785; Microfilm 25 de 157.
🔎 Observations
Le mariage est célébré par Henri-François Gravé de La Rive, alors vicaire général du diocèse de Québec. Plusieurs membres de la famille Bourdages sont présents, notamment Raymond Bourdages, père de l’épouse, et Louis Bourdages, son frère. Marie Charlotte signe l’acte de mariage, contrairement à son époux Louis Sasseville qui déclare ne pas savoir écrire. La présence de Guillaume Deluga, identifié comme beau-frère, confirme également les liens déjà établis entre les familles Sasseville et Deluga à Québec.
c) Acte de décès…

Signé : J. B. Blanchet; Guillaume Boutillier; F. Garneau; P. Deluga; Borgues; L. Vic. Jacques [signature difficile à lire].
Collection Drouin, Registre de la Basilique Notre-Dame de Québec; 1823; Microfilm 207 de 257.
🔎 Observations
L’acte mentionne l’inhumation de Marie Charlotte au Cimetière des Picotés à Québec. Parmi les personnes présentes figurent Jean Baptiste Blanchet, médecin chirurgien, ainsi que François Garneau, membre de la Chambre d’Assemblée de la province, ce qui témoigne d’un entourage relativement établi dans la ville de Québec au début du XIXe siècle.
📝 Notes familiales
Le couple formé par Marie Charlotte Bourdages et Louis Sasseville a eu plusieurs enfants retrouvés dans les registres de Québec; d’autres enfants ont possiblement existé.
- Marie Esther Sasseville est baptisée à Québec le 14 août 1784, née le 13; le parrain est Raymond Bourdages, aïeul maternel.
- Louis Roger Sasseville est baptisé et né à Québec le 26 novembre 1785; le parrain est Roger Lelièvre; la marraine Marie Antoine Lelièvre. Louis Roger, boulanger, a marié à Québec le 9 août 1808, Félicité Huet mineure.
- Louise Charlotte Sasseville est baptisée et née à Québec le 30 juin 1788; la marraine est Louise Catherine Soupirant, épouse de Louis Bourdages.
- Louis Raimond Sasseville est baptisé à Québec le 5 février 1790, né le 4; le parrain est Louis Bourdages. Louis Raymond, boulanger, a marié à Québec le 18 juin 1816, Marie Medelie mineure.
- Jean Marie Sasseville est baptisé à Québec le 2 mars 1792, né le 1er; le parrain le Sieur Jean Baptiste Chrétien; la marraine, Marie Louise Chevalier, veuve de Joseph Martel.
- Jean Baptiste Sasseville décède le 19 mars 1795 à l’âge de trois ans.
Notes historiques
Le parcours de Marie Charlotte Bourdages témoigne de l’établissement de la famille Bourdages dans la région de Québec durant les dernières années du régime français. Son baptême, célébré en présence de personnages liés aux troupes de la Marine et à la famille de Charles Deschamps de Boishébert, révèle les liens militaires et sociaux conservés par son père Raymond Bourdages après son service en Acadie. Son mariage à Québec en 1783 montre une famille désormais bien intégrée à la société canadienne de la ville, tandis que les baptêmes de ses enfants démontrent la proximité continue des membres de la famille Bourdages, particulièrement son frère Louis Bourdages et son père Raymond. Contrairement à plusieurs de ses frères et sœurs qui s’établissent à Bonaventure, Marie Charlotte demeure associée à Québec jusqu’à son décès en 1823, où son acte de sépulture révèle encore un entourage composé de notables et de professionnels de la ville.
2. Jean Marie Bourdages
Jean Marie Bourdages est né à Québec le 13 septembre 1759 et baptisé sous condition à la Basilique Notre-Dame de Québec le 8 octobre suivant. Fils aîné de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, il passe de la région de Québec à la côte gaspésienne au cours de sa vie. Selon Pierre Bourdages dans Racines Vivantes, il épouse vers 1785 Marie Angélique Bujold, fille de Paul Bujold et Marie Poirier. Cultivateur à Bonaventure, il y décède subitement en mars 1820 à l’âge de cinquante-neuf ans.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin, Registre de la Basilique Notre-Dame de Québec; 1759-1768; Microfilm 60 de 625.
🔎 Observations
L’acte précise que Jean Marie est baptisé « sous condition », indiquant probablement qu’un premier baptême d’urgence ou un ondoiement avait déjà été administré avant la cérémonie officielle. Le père est explicitement mentionné comme absent au moment du baptême. En 1759, Raymond Bourdages se trouve vraisemblablement en Acadie auprès de Charles Deschamps de Boishébert, officier militaire français avec lequel il est associé durant les dernières années du régime français. La présence de Blanche LeBlanc parmi les signataires souligne également l’importance des liens familiaux du côté maternel.
b) Acte de mariage…
Selon Pierre Bourdages dans son livre ‘Racines Vivantes’, Jean Marie Bourdages s’est marié en 1785 à Marie Angélique Bujold, fille de Paul Bujold et Marie Poirier. À date l’acte de mariage n’a pas encore été trouvé.
🔎 Observations
Malgré l’absence de l’acte de mariage, plusieurs actes de baptême des enfants du couple mentionnent explicitement Jean Marie Bourdages et Marie Angélique Bujold comme époux légitimes. La présence répétée de membres des familles Bourdages, Bujold et Poirier parmi les parrains et marraines témoigne d’un réseau familial étroitement établi à Bonaventure à la fin du XVIIIe siècle.
c) Acte de décès…

Collection Drouin, Registre Paroisse St. Bonaventure, Bonaventure, Québec; 1791 à 1839; Microfilm 343 de 697.
🔎 Observations
L’acte mentionne que Jean Marie Bourdages est « décédé subitement », une précision relativement rare dans les registres paroissiaux de l’époque. La présence d’Armand Bujold parmi les témoins souligne encore les liens étroits entre les familles Bourdages et Bujold à Bonaventure.
📝 Notes familiales
Le couple formé par Jean Marie Bourdages et Marie Angélique Bujold apparaît à plusieurs reprises dans les registres de Bonaventure entre 1788 et 1803. Jean Marie est généralement identifié comme cultivateur.
- Jean Olivier Bourdages est baptisé le 16 mai 1788, né le 6 mai 1788; ondoyé par Charles Poirier. Le parrain est Firmin Bugol et la marraine est « Mde Veuve Bourdages ».
- Julien Olivier Bourdages est baptisé le 19 décembre 1790, né le 31 mai 1790; le parrain est Julien Duhamel et la marraine Marie Geneviève Bourdages, sœur du père. Il épouse Ursule Caiouette le 7 janvier 1818.
- Pierre Enime Bourdages est baptisé le 6 octobre 1792, né le 14 juin 1792; ondoyé par Charlemagne Arbour qui agit également comme parrain. La marraine est Marie Esther Bourdages. Il décède en bas âge.
- Laurent Bourdages naît le 2 juillet 1794; ondoyé par Joseph Bugol. Le parrain est Benjamin Bourdages, frère du père, et la marraine Marie Claire Bugol. Il épouse Marguerite Beaudry à Grande-Rivière le 7 janvier 1817.
- Jean François Xavier Bourdages est baptisé le 3 décembre 1796, né le même jour; le parrain est Jean Marie Antoine Bourdages et la marraine Marie Claire Poirier. Il épouse Julie Arsenault le 14 janvier 1822 puis Louise Leblanc le 29 août 1852.
- Paul Clet Bourdages est baptisé le 26 avril 1799, né le même jour; le parrain est Charles Poirier dit Commis, oncle et la marraine Marie Antoinette Bourdages, femme Dubord. Il décède le 30 mai 1799.
- Louis Flavien Bourdages naît le 11 mai 1800; le parrain est Charles Bugol, et la marraine Charlotte Bourg, femme Bourdages. Il décède le 23 octobre 1802.
- Marie Angèle Bourdages est baptisée le 8 janvier 1803, née le 6 janvier 1803; le parrain est Maxime Poirier et la marraine Marguerite Bernier Bugeol. Elle épouse Frédéric Arsenault le 10 janvier 1825.
Notes historiques
Le parcours de Jean Marie Bourdages illustre bien le déplacement progressif de la famille Bourdages entre Québec et la côte gaspésienne après la Conquête. Né à Québec alors que son père est encore associé aux activités militaires françaises en Acadie, Jean Marie s’établit ensuite à Bonaventure où il apparaît comme cultivateur dans plusieurs actes paroissiaux. Dans plusieurs registres de Bonaventure, Jean Marie Bourdages utilise le prénom Olivier, soit comme témoin, parrain ou dans certains actes familiaux. Cette pratique est fréquente en Nouvelle-France et au Canada français du XVIIIe siècle, où plusieurs individus portaient des prénoms religieux tels Jean ou Marie tout en utilisant un autre prénom comme prénom usuel dans la vie quotidienne. Les nombreux liens de parrainage entre les familles Bourdages, Bujold, Poirier et Arsenault révèlent l’existence d’un réseau familial étroit dans les premières générations établies à Bonaventure.
3. Raymond Marie Bourdages
Raymond Marie Bourdages est né et baptisé à l’Ancienne-Lorette le 6 janvier 1761, fils de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc. Il décède à Québec le 5 septembre 1773 à l’âge de douze ans et sept mois. Sa courte vie se déroule durant la période où la famille Bourdages partage son temps entre la région de Québec et les débuts de son implantation à Bonaventure.
a) Acte de baptême / naissance...

Collection Drouin. Registre Ancienne Lorette, Paroisse L’Annonciation, 1741 à 1766; Microfilm page 120 de 164.
🔎 Observations
L’acte est enregistré à l’Ancienne-Lorette, où la famille Bourdages apparaît à plusieurs reprises durant les années 1760. La présence de Jacques Poirier comme parrain témoigne des liens déjà établis entre les familles Bourdages et Poirier, relations qui réapparaîtront plus tard à Bonaventure dans plusieurs actes des générations suivantes.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Registre de la Basilique Notre-Dame, Québec; 1772 à 1774; Microfilm 83 de 151.
🔎 Observations
L’acte de sépulture indique que Raimond Marie Bourdages décède à l’âge de douze ans et sept mois, ce qui correspond approximativement à l’année de naissance donnée dans le registre de l’Ancienne-Lorette. Les témoins mentionnés dans l’acte, Racine et Crégui, appartiennent probablement au réseau social et religieux fréquenté par la famille Bourdages dans la région de Québec.
Notes historiques
La courte vie de Raymond Marie Bourdages illustre les réalités familiales et sanitaires du XVIIIe siècle, alors que plusieurs enfants n’atteignaient pas l’âge adulte. Les actes retrouvés montrent la présence continue de la famille Bourdages entre l’Ancienne-Lorette et Québec durant les années suivant la Conquête. Les liens avec les familles Poirier et Crégui observés dans les actes paroissiaux se retrouveront également plus tard dans les communautés de Bonaventure et de la baie des Chaleurs, suggérant la continuité d’un réseau familial et social développé dès les premières années d’établissement de la famille au Canada.
4. Benjamin Marie Bourdages
Benjamin Marie Bourdages est né à l’Ancienne-Lorette le 8 août 1762 et baptisé le lendemain dans la paroisse de L’Annonciation. Fils de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, il s’établit plus tard à Bonaventure où il apparaît successivement comme menuisier, cultivateur et responsable du fonctionnement des moulins de la famille. Selon Pierre Bourdages dans Racines Vivantes, il épouse en 1786 Esther Bujold, fille de François Placide Bujold et Josephe Bernard. Benjamin Bourdages décède à Bonaventure le 18 septembre 1823 et y est inhumé le lendemain à l’âge déclaré de soixante-trois ans.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin. Registre Ancienne Lorette; Paroisse de L’Annonciation; 1741 à 1766; Microfilm page 132 de 164.
🔎 Observations
Le baptême de Benjamin Marie Bourdages est célébré à l’Ancienne-Lorette, où la famille Bourdages apparaît fréquemment dans les années suivant la Conquête. La présence de Benjamin, frère jumeau d’Esther LeBlanc ,et d’Élizabeth LeBlanc, sa soeur, comme parrain et marraine témoigne encore de l’importance du réseau familial LeBlanc autour de la famille de Raymond Bourdages.
b) Acte de mariage…
Selon Pierre Bourdages dans son livre ‘Racines Vivantes’, Benjamin Marie Bourdages s’est marié en 1786 à Esther Bujold, fille de François Placide Bujold et Josephe Bernard. L’acte de mariage n’a pas encore été retrouvé dans les registres consultés.
🔎 Observations
Comme pour son frère Jean Marie Bourdages, plusieurs actes de baptême des enfants du couple identifient clairement Benjamin Bourdages et Esther Bujold comme époux légitimes. Les nombreux liens de parrainage entre les familles Bourdages, Bujold, Poirier, Babin et Arsenault montrent l’intégration étroite de ces familles dans les premières générations établies à Bonaventure.
c) Acte de décès…

Collection Drouin. Registre Paroisse St. Bonaventure, Bonaventure, Québec; 1823; Microfilm page 10 de 16.
🔎 Observations
L’acte de sépulture identifie Benjamin Bourdages comme époux d’Esther Bujol et confirme son établissement durable à Bonaventure. La présence d’Antoine Bourdages, son frère, et de Laurent Bourdages lors de l’inhumation témoigne de la continuité des liens familiaux dans la communauté de la baie des Chaleurs.
📝 Notes familiales
- Louis Benjamin baptisé le 27 janvier 1788, né le 4 novembre 1787; ondoyé par Charles Poirier, le parrain a été Louis Bugol et la marraine Marie Geneviève Bourdages. Il a marié Julie Arbour le 8 janvier 1816.
- Raymond Benjamin est né à Bonaventure le 7 mars 1788. Il est décédé le 28 octobre 1804 et inhumé le 15 mai 1805 dans le cimetière de la paroisse de Bonaventure âgé de 18 ans. Présens Benjamin Bourdages père du défunt.
- Jean Nicolas baptisé le 4 mars 1789, né le 20 janvier 1789; le parrain a été Jean marie Bourdage qui a signé, la marraine Angélique Bugol qui a déclaré ne savoir signer Il a marié Claire Babin le 8 janvier 1816.
- Marie Josephe baptisée le 11 novembre 1790, née le 3 septembre 1790; ondoyée par Charles Poirier, le parrain a été Jean Messié?, la marraine Marie Josephe Antoinette Bourdages. Elle est inhumée le 29 mai 1866, décédée le 26 mai 1866, âgée de 73 ans.
- Frédérique baptisé le 4 février 1792, né le 11 janvier 1792; ondoyé par Charles Poirier, le parrain a été Frédérique Bourdages, la marraine Marie Magd. Bugol qui ne savent signer. Il a marié Victoire Guignard le 14 janvier 1822.
- Fleurant baptisé le 8 février 1793, né le 2 janvier 1793; ondoyé par Charles Poirier, le parrain François Placide Bugol, la marraine Marie Claire Bugol. Il est décédé en bas âge.
- Anastasie née le 20 juin 1794; ondoyée par Charles Bugol, le parrain Antoine Bourdages, la marraine Scholastique Bugol qui ne savent signer. Ell a mariée Charles Babin le 7 janvier 1818.
- Ursule baptisée le 4 avril 1797, née le 3 avril 1797; le parrain Charles Cavanaugh, la marraine Claire Poirier dit Commis. Elle est inhumée le 12 décembre 1868, décedée le 9 décembre 1868, âgée de 71 ans.
- Julie baptisée le 12 mai 1798, née le 4 mai 1798; le parrain François Bugol et la marraine Appolline Poirier. Elle a marié Armand Babin le 10 janvier 1820.
- Pierre baptisé le 1er novembre 1799, né le 30 octobre 1799; le parrain a été Pierre Poirier, la marraine Marie Hébert Jeanne Bugeol. Il a marié Marie Angélique Babin le 9 janvier 1827.
- Rose Charlotte baptisée le 7 mars 1801, née le 6 mars 1801 du légitime mariage de Benjamin Bourdages, menuisier, et d’Esther Bugeol; le parrain a été Joseph Arsenault, la marraine Martine? Charlotte Arsenault. Elle a été inhumée le 5 novembre 1886, décédée le 3 novembre 1886, âgée de 86 ans et huit mois.
- Marie Marguerite née le 15 mai 1802 du légitime mariage de Benjamin Bourdages, cultivateur, et de’Esther Bugeol, le parrain a été Joseph Alain Bugeol, la marraine Marie Bernard. Elle est inhumée le 1 juin 1876; décédée le 29 mai 1876, âgée de 73 ans.
- Paul Damas Bourdages est né à Bonaventure le 7 novembre 1803 et baptisé le 29 janvier 1804 du légitime mariage de Benjamin Bourdages, cultivateur et Esther Bugeol; le parrain a été Raimond Bourdages et la marraine Angélique Arbour. Il a marié Luce Babin le 6 novembre 1827 et en deuxième noce Élizabeth Bernard le 16 août 1831.
Notes historiques
Le parcours de Benjamin Marie Bourdages reflète l’enracinement progressif de la famille Bourdages à Bonaventure après les années passées entre Québec et l’Ancienne-Lorette. Les nombreux actes concernant ses enfants montrent une famille profondément intégrée au réseau des familles Bujold, Poirier, Babin et Arsenault de la baie des Chaleurs. Les mentions successives de Benjamin comme menuisier puis cultivateur illustrent également la diversification des activités économiques dans les premières communautés de Bonaventure. Selon Pierre Bourdages dans Racines Vivantes, Benjamin prend en charge le fonctionnement des moulins familiaux après le décès de son père Raymond Bourdages en 1787, tout en poursuivant ses activités agricoles, ce qui suggère un rôle important dans l’organisation économique de la famille durant les premières décennies d’établissement à Bonaventure.
5. Louis Marie Bourdages
Louis Marie Bourdages est né à l’Ancienne-Lorette le 5 juillet 1764 et baptisé le lendemain dans la paroisse de L’Annonciation. Fils de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, il devient l’un des personnages les plus marquants de la famille Bourdages. Notaire public, lieutenant-colonel de milice, député à la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada et écuyer, il participe activement à la vie politique et sociale de son époque. Il épouse à Québec, le 9 octobre 1787, Louise Catherine Soupiran, fille du chirurgien Charles Simon Soupiran. Il décède à Saint-Denis-sur-Richelieu en janvier 1835 après une carrière exceptionnelle dans la fonction publique, la milice et la politique.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin. Registre Ancienne Lorette; Paroisse l’Annonciation; 1741 à 1766; Microfilm page 142 de 164.
🔎 Observations
Louis Marie Bourdages est baptisé à l’Ancienne-Lorette durant la période où la famille réside encore dans la région de Québec. Il est l’un des derniers enfants du couple à naître avant l’établissement définitif de la famille à Bonaventure.
b) Acte de mariage…

Signé: Louis Bourdages; Louise C. Soupiran; H. Laforce; Roger Lelièvre; P. Panet; Louis Marchand; H. Délient; Pierre Vincent; Berthelot; J. M. Olivier Bourdages; J. R. Marchand; Berthelot Dartigny; Crequi LeLièvre; G Berthelot; Aug Hubert, ptre.
Collection Drouin; Registre de la paroisse Notre-Dame de Québec, Québec; 1785 à 1789; Microfilm page 136 de 559.
🔎 Observations
L’acte de mariage constitue un document exceptionnel pour l’histoire de la famille. Il identifie Raymond Bourdages comme « marchand à la Baie des Chaleurs » et réunit plusieurs membres de la famille immédiate : Jean Marie Olivier Bourdages, Marie Charlotte Bourdages et Louis Sasseville. La présence de l’honorable Pierre Panet et d’autres notables de Québec témoigne de l’intégration de Louis Bourdages dans les milieux influents de la capitale.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Registre St.-Denis-sur-Richelieu, Co. St. Hyacinthe, P.Q.; 1835; Microfilm page 5 de 52.
🔎 Observations
L’inhumation à l’intérieur même de l’église, à l’entrée de la chapelle Saint-André, constitue un honneur rarement accordé. L’acte résume à lui seul toute la carrière de Louis Bourdages : écuyer, notaire public, lieutenant-colonel et membre du Parlement provincial.
📝 Notes familiales
Le couple formé par Louis Bourdages et Louise Catherine Soupiran a élevé sa famille d’abord à Québec puis à Saint-Denis-sur-Richelieu. Les actes paroissiaux révèlent une remarquable ascension sociale de leurs descendants.
- Louise Esther Bourdages est née à Québec le 11 novembre 1789 du légitime mariage de Louis Bourdages, marchand, et de Louise Catherine Soupiran. Le parrain est François Mondor Duchesny et la marraine Marie Charlotte Bourdages Sasseville, tante de l’enfant. Elle épouse Emmanuel Couillard Després, arpenteur, à Saint-Hyacinthe le 18 mai 1824. Elle décède le 29 mars 1831 et est inhumée le 31 mars suivant.
- Sophie Bourdages est née et baptisée à Québec le 27 mars 1791. Son parrain est Joseph Drapeau, seigneur de Champlain et autres lieux, et sa marraine Marie Geneviève Noël. Elle décède le 8 août 1791.
- Sophie Josephe Bourdages est née le 31 juillet 1792. Elle épouse Guillaume Bouthillier à Saint-Denis-sur-Richelieu le 18 septembre 1809. L’acte de mariage mentionne que son père est écuyer, notaire public et membre de la Chambre basse du Parlement de cette province. Elle décède le 26 janvier 1829 à l’âge de trente-six ans.
- Luce Bourdages est née le 6 avril 1794 à Saint-Denis-sur-Richelieu et baptisée le lendemain. Son parrain est Henry Lapparre et sa marraine Marie Josephte Govereau. Elle décède le 26 septembre 1794, âgée d’environ cinq mois et demi.
- Charles Jacques Raymond Bourdages est né le 11 mai 1795 et baptisé le 12 mai à Saint-Denis-sur-Richelieu. Son parrain est Jacques Cartier et sa marraine Marie, veuve Françoise Normand Bouthillier. Il épouse Marie Félicité Clarisse Boucher à Montmagny le 6 octobre 1828. L’acte de mariage le qualifie de manufacturier.
- Marie Zoé Bourdages est née et baptisée le 16 novembre 1796 à Saint-Denis-sur-Richelieu. Son parrain est Louis Édouard Hubert et sa marraine Marie-Anne Cherrier. Elle épouse Jean Baptiste Benjamin Richer, menuisier, le 25 septembre 1826.
- Séraphin Rémy Bourdages est né et baptisé à Saint-Denis-sur-Richelieu le 17 novembre 1798. Son parrain est Séraphin Marie Cherrier, négociant, et sa marraine Marie Marguerite Richer Cherrier. Il épouse Marguerite Franchère le 22 mai 1821. Docteur en médecine, juge de paix, commissaire des petites causes, major de milice et député à la Chambre d’Assemblée, il devient l’une des personnalités les plus influentes de sa génération. Il décède à Marieville le 24 décembre 1832.
- Jean David Bourdages est né et baptisé à Saint-Denis-sur-Richelieu le 25 décembre 1799. Son parrain est Benjamin Cherrier et sa marraine Marie Louise Loubet Cherrier. Écuyer et arpenteur, il épouse Marie Émilie Caouët le 8 septembre 1835 puis Julie Ledoux le 14 août 1854. Il décède le 9 avril 1883 à l’âge de quatre-vingt-trois ans.
- Marie Adèle Bourdages est née et baptisée à St-Denis-sur-Richelieu le 30 mars 1801; le parrain a été Monsieur Pierre Paul Dutalmé, notaire et la marraine Mademoiselle Marie Esther Bourdages. Elle épouse Charles Olivier, marchand de Saint-Denis-sur-Richelieu, le 21 octobre 1833. Parmi les signataires figurent son père Louis Bourdages et son frère Jean David Bourdages. Elle décède le 8 septembre 1865.
- Marie Rachel Bourdages est née à St-Denis-sur-Richelieu le 9 janvier 1803 et baptisée le 10 janvier 1803; le parrain a été Pierre Messe et la marraine Marguerite Michaux. Elle épouse Benjamin Benoit de Livernois le 10 janvier 1831, fils de Charles Benoit de Livernois, ancien membre du Parlement. Elle décède le 10 janvier 1877 à l’âge de soixante-quatorze ans.
- Marie Anne Claire Bourdages est née à St-Denis-sur-Richelieu le 24 juillet 1806, baptisée le 25 juillet; le parrain a été le Sieur Nicolas Meneclier des Moranchant et la marraine Sophie Josephte Bourdages.
- Louis Bourdages est né et baptisé à la paroisse Notre-Dame de Québec le 10 juillet 1788 du légitime mariage du Sieur Louis Bourdages marchand de cette ville et de Dame Louise Catherine Soupiran, son épouse; le parrain a été le Sieur Louis Sasseville navigateur, oncle, et la marraine Dame Louise Roussel, veuve du Charles Simon Soupiran de son vivant chirurgien en cette ville, grand mère de l’enfant qui a signé avec le père. Il est décédé à Québec le 25 septembre 1788, inhumé le 26 septembre 1788, âgé d’un mois et demi.
Notes historiques
Parmi les douze enfants de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc, Louis Marie Bourdages est sans contredit celui qui atteint la plus haute position sociale. Son parcours illustre l’ascension d’une famille issue des pionniers de la baie des Chaleurs vers les élites professionnelles et politiques du Bas-Canada. Notaire public, officier supérieur de milice, député à la Chambre d’Assemblée et écuyer, il participe activement à la vie publique de son époque. La réussite de ses enfants est tout aussi remarquable : médecins, arpenteurs, manufacturiers, épouses de familles influentes et descendants liés aux milieux parlementaires, commerciaux et professionnels. À travers Louis Bourdages et sa descendance, on observe la transition de la famille Bourdages d’un milieu de commerçants et de pionniers vers la bourgeoisie canadienne-française du XIXe siècle.
6. Michel Bourdages
Michel Bourdages est né à l’Ancienne-Lorette le 24 septembre 1766 et baptisé le même jour dans la paroisse de L’Annonciation. Fils de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, il décède à Québec au printemps de 1771, à l’âge d’environ quatre ans et demi. Sa courte existence témoigne des nombreuses épreuves auxquelles étaient confrontées les familles du XVIIIe siècle, alors que la mortalité infantile demeurait élevée.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Registre Ancienne Lorette; Paroisse de l’Annonciation; Québec; 1766 à 1772; Microfilm page 3 de 52.
🔎 Observations
L’acte est enregistré à l’Ancienne-Lorette, où la famille Bourdages réside encore durant les années 1760. Le parrain appartient à la famille Cliche tandis que la marraine est Marie Joseph Maison, épouse de Jean Robitaille, deux familles bien établies de la région de Québec.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Registre Paroisse Notre-Dame de Québec, Québec; 1769 à 1774; Microfilm page 143 de 329.
🔎 Observations
L’acte indique que Michel Marie est décédé le 22 mai 1771 et inhumé le lendemain à Québec. L’âge déclaré d’environ quatre ans et demi correspond bien à son baptême de septembre 1766. Comme pour son frère Raimond Marie Bourdages, la famille est frappée par la perte d’un enfant avant l’âge adulte.
Notes historiques
La courte vie de Michel Bourdages rappelle les réalités démographiques du XVIIIe siècle, où de nombreuses familles perdaient plusieurs enfants en bas âge. Entre 1771 et 1773, Raymond Bourdages et Esther LeBlanc voient disparaître successivement Michel puis son frère Raimond Marie, âgé de douze ans. Ces décès surviennent alors que la famille partage encore ses activités entre Québec, l’Ancienne-Lorette et la baie des Chaleurs. Malgré la brièveté de sa vie, Michel figure parmi les enfants dont les actes de naissance et de décès permettent aujourd’hui de reconstituer avec précision l’histoire familiale des Bourdages.
7. Marie Esther Bourdages
Marie Esther Bourdages est née à l’Ancienne-Lorette le 20 juin 1768 et baptisée le même jour dans la paroisse de L’Annonciation. Fille de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, elle fait partie de la génération qui accompagne l’établissement définitif de la famille Bourdages à Bonaventure. Selon Pierre Bourdages dans Racines Vivantes, elle épouse vers 1789 Firmin Bujold, fils de Paul Bujold et de Marie Poirier. Elle décède à Bonaventure en novembre 1821, après avoir donné naissance à une importante descendance qui s’intègre aux familles fondatrices de la baie des Chaleurs.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Ancienne Lorette; Paroisse de l’Annonciation; 22 mars 1766 au 1 Avril 1776; Microfilm page 37 de 117.
🔎 Observations
Le curé agit lui-même comme parrain, situation relativement peu fréquente dans les registres paroissiaux. La marraine Françoise Derocher signe l’acte, ce qui constitue un indice de son statut ou de son niveau d’instruction.
b) Acte de mariage…
Selon Pierre Bourdages dans Racines Vivantes, Marie Esther Bourdages épouse vers 1789 Firmin Bujold, fils de Paul Bujold et de Marie Poirier. Malgré des recherches dans les registres consultés de Bonaventure et de Carleton, l’acte de mariage n’a pas encore été retrouvé.
🔎 Observations
Les nombreux actes de baptême de leurs enfants confirment cependant sans ambiguïté l’union de Firmin Bujold et de Marie Esther Bourdages. Les familles Bourdages, Bujold et Poirier apparaissent constamment comme parrains, marraines et témoins, illustrant les liens étroits qui unissent ces familles pionnières de Bonaventure.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Registre Paroisse St. Bonventure, Co. Bonaventure, Québec; 1791 à 1839; Microfilm page 388 de 697.
🔎 Observations
L’acte permet d’établir que Marie Esther Bourdages est décédée le 4 novembre 1821 et inhumée deux jours plus tard. Son époux Firmin Bujold lui survivra près de dix-huit ans.
📝 Notes familiales
Le couple formé par Marie Esther Bourdages et Firmin Bujold appartient aux premières familles établies à Bonaventure. Au fil des actes, Firmin est tour à tour identifié comme navigateur, cultivateur et pêcheur, illustrant la diversité des activités économiques de la région.
- Paul Raimond Bujold est né à Bonaventure le 15 février 1791 et baptisé le 21 août suivant. Sa marraine est sa grand-mère maternelle Esther LeBlanc, veuve de Raymond Bourdages. Il décède le 27 mai 1816 et est inhumé le 2 juin 1816.
- Marie Esther Bujold est née le 27 décembre 1792 et baptisée le 4 février 1793. Son parrain est Jean Marie Bourdages et sa marraine Marie Poirier. Elle porte le prénom de sa mère et de sa grand-mère.
- Louise Geneviève Bujold est née le 23 novembre 1794 et baptisée le 17 mai 1795. Son parrain est Charles Poirier et sa marraine Marie Geneviève Bourdages. Elle épouse Julien Gauthier, cultivateur, à Bonaventure le 7 janvier 1818.
- Théophile Bujold est né à Bonaventure en 1796. Il a marié à Bonaventure Marie Reine Bernard le 12 janvier 1824. Présents Firmin Bujol, Jean Baptiste Bourdages qui ont signé; les époux ont déclaré ne savoir signer. Théophile, cultivateur, est décédé le 7 janvier 1866, et inhumé le 9 janvier 1866, époux légitime de Reine Bernard, âgé de 70 ans.
- Firmin Bujold est né le 27 mars 1797 et baptisé le lendemain. Son parrain est Charles Arbour et sa marraine Marie Antoinette Bourdages.
- Françoise Julienne Bujold est née et baptisée le 3 décembre 1798. Son parrain est Louis Dubord et sa marraine Marie Claire Bujold. Elle décède à Bonaventure le 10 mars 1819 et est inhumée le 12 mars suivant à l’âge d’environ vingt ans.
- Jacques Tryphon Bujold est né le 4 octobre 1800 et baptisé le lendemain. Son parrain est son oncle Antoine Bourdages et sa marraine Angélique Bujold. Il épouse Élizabeth Poirier à Bonaventure le 2 janvier 1826.
- Joseph Éléonore Bujold est né le 15 juin 1802 et baptisé le lendemain. Son parrain est Simon Jean Henry et sa marraine Charlotte Bourg Bourdages, épouse d’Antoine Bourdages. Cultivateur, il épouse Marguerite Poirier à Bonaventure le 10 janvier 1832. Son acte de mariage mentionne que sa mère est déjà décédée.
- Anne Bujold est née le 20 juillet 1804 et baptisée le lendemain. Son père est alors identifié comme cultivateur. Son parrain est Charles Poirier dit Commis et sa marraine Nicolette Leblanc.
- Marie Antoinette Bujold est née le 16 décembre 1806 et baptisée le 18 décembre. Son parrain est son frère Paul Raimond Bujold et sa marraine sa sœur Marie Esther Bujold.
- Charles François Xavier Bujold est né et baptisé le 2 novembre 1808. Son père est alors identifié comme pêcheur. Son parrain est Jean Baptiste Bourdages et sa marraine Geneviève Bujold.
- Lazare Bujold est né et baptisé le 6 avril 1811. Son parrain est le capitaine Pierre Poirier et sa marraine Euphrosine Babin, tous deux parents de l’enfant.
- Marie Marise Bujold est née à Bonaventure à une date qui reste à préciser. Elle épouse Joseph Amateur Henry, cultivateur, le 8 janvier 1816.
Notes historiques
Le parcours de Marie Esther Bourdages illustre l’intégration profonde de la famille Bourdages au sein des premières familles de Bonaventure. Son mariage avec Firmin Bujold unit deux lignées qui apparaissent constamment dans les registres de la baie des Chaleurs durant la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle. Les nombreux parrains et marraines issus des familles Bourdages, Bujold, Poirier, Arsenault, Babin et Henry démontrent l’existence d’un réseau familial particulièrement dense. À travers ses enfants et petits-enfants, Marie Esther Bourdages contribue à l’établissement d’une importante branche de descendance qui se répand dans l’ensemble de la région de Bonaventure et participe au développement de la communauté durant les premières décennies du XIXe siècle.
Note complémentaire
Firmin Bujold, époux de Marie Esther Bourdages, décède à Bonaventure le 15 avril 1839 et est inhumé le 18 avril 1839 à l’âge de soixante-treize ans. Son acte de sépulture confirme qu’il a survécu près de dix-huit ans à son épouse.
8. Marie Victoire Bourdages
Marie Victoire Bourdages est née à Québec le 14 juin 1770 et baptisée le même jour à la paroisse Notre-Dame. Fille de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, elle décède à l’Ancienne-Lorette en janvier 1776 à l’âge de six ans. Sa courte existence se déroule durant une période de transition importante pour la famille Bourdages, alors partagée entre Québec, l’Ancienne-Lorette et les débuts de son établissement à Bonaventure.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Registre Québec, Basilique Notre-Dame, P.Q.; 1769 à 1772; Microfilm page 106 de 220.
🔎 Observations
L’acte identifie Raymond Bourdages comme « marchand », une mention particulièrement intéressante qui témoigne de son statut économique à cette époque. Le baptême est célébré le jour même de la naissance, pratique courante au XVIIIe siècle en raison de la forte mortalité infantile. Les parrains et marraines semblent appartenir au réseau social fréquenté par la famille à Québec.
b) Acte de mariage…
Marie Victoire Bourdages ne s’est jamais mariée. Elle décède durant son enfance à l’âge de six ans.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Registre Ancienne Lorette, Paroisse de L’Annonciation, P.Q.; 1772 à 1776; Microfilm page 34 de 36.
🔎 Observations
L’acte de sépulture situe la famille à l’Ancienne-Lorette au début de l’année 1776. L’âge déclaré de six ans correspond parfaitement à la naissance de juin 1770. Comme plusieurs de ses frères et sœurs, Marie Victoire décède avant d’atteindre l’âge adulte.
Notes historiques
La vie de Marie Victoire Bourdages illustre les réalités démographiques du XVIIIe siècle, alors qu’une proportion importante des enfants ne survivait pas jusqu’à l’âge adulte. Son parcours est documenté par deux actes seulement, son baptême à Québec et sa sépulture à l’Ancienne-Lorette, mais ceux-ci permettent néanmoins de suivre les déplacements de la famille Bourdages durant les années précédant son installation définitive à Bonaventure. Son acte de baptême est également remarquable parce qu’il qualifie explicitement Raymond Bourdages de « marchand », une désignation qui confirme l’importance croissante de ses activités commerciales à cette époque.
Note généalogique
Marie Victoire fait partie des quatre enfants de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc dont le décès est survenu avant l’âge adulte :
- Michel Marie Bourdages (1766-1771)
- Raimond Marie Bourdages (1761-1773)
- Marie Victoire Bourdages (1770-1776)
- Joseph Frédéric Bourdages (1777-1795)
Ces actes permettent de mieux comprendre les épreuves vécues par la famille Bourdages au cours des premières décennies de son établissement en Nouvelle-France puis sous le régime britannique.
9. Marie Geneviève Bourdages
Marie Geneviève Bourdages est née à Québec le 3 janvier 1772 et baptisée le même jour à la paroisse Notre-Dame. Fille de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, elle grandit durant les années où la famille partage son temps entre Québec et la baie des Chaleurs. Elle épouse à Carleton, le 1er avril 1788, Nicolas Arseneau, fils de Joseph Arseneau et de Marguerite Arseneau. Après le décès de son époux, elle s’établit à Québec où elle décède en juin 1830 à l’âge de cinquante-sept ans.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Registre de la Paroisse Notre-Dame de Québec; Québec; 1769 à 1774; Microfilm page 170 de 329.
🔎 Observations
Comme pour certains de ses frères et sœurs, l’acte précise que le père est absent au moment du baptême. Le parrain Roger Lelièvre et la marraine Louise Créqui-Lelièvre appartiennent à deux familles déjà observées dans plusieurs actes de la famille Bourdages. Ces liens témoignent des relations entretenues par Raymond Bourdages dans la région de Québec avant son établissement définitif à Bonaventure.
b) Acte de mariage…


Collection Drouin; Registre Carleton Cté Bonaventure, Qué.; Paroisse St. Joseph; 1773 à 1862; Microfilm page 93 et 94 de 123.
🔎 Observations
Cet acte est particulièrement riche en informations familiales. On y retrouve les signatures de Jean Marie Bourdages et Benjamin Bourdages, frères de l’épouse, ainsi que celle d’Esther LeBlanc, veuve de Raymond Bourdages, qui signe « E. L. veuve Bourdages ». L’acte constitue également une preuve importante de la présence de la famille Bourdages à Carleton dès les premières années suivant l’établissement à Bonaventure.
c) Acte de décès…

🔎 Observations
L’acte révèle que Marie Geneviève termine sa vie à Québec après avoir vécu une partie importante de sa vie dans la baie des Chaleurs. Son âge déclaré de cinquante-sept ans correspond très bien à son baptême de janvier 1772.
📝 Notes familiales
Les recherches effectuées jusqu’à présent ont permis d’identifier au moins un enfant du couple formé par Marie Geneviève Bourdages et Nicolas Arseneau.
- Marie Marguerite Geneviève Nicolas Arseneau est née à Carleton le 22 mars 1789 et baptisée le 25 mars suivant après avoir été ondoyée par Charles Poirier. Son parrain est son grand-père paternel Joseph Arseneau et sa marraine sa grand-mère maternelle Esther LeBlanc, veuve de Raymond Bourdages, qui signe l’acte « E. L. veuve Bourdages ». Cet acte est particulièrement intéressant puisqu’il réunit les deux lignées familiales et confirme la présence active d’Esther LeBlanc auprès de ses enfants et petits-enfants après le décès de Raymond Bourdages en 1787.
Notes historiques
Marie Geneviève Bourdages représente bien la génération de transition entre Québec et la baie des Chaleurs. Née à Québec alors que son père poursuit encore ses activités commerciales et maritimes, elle épouse Nicolas Arseneau à Carleton peu après le décès de Raymond Bourdages. Son acte de mariage est l’un des plus importants de la famille puisqu’il rassemble plusieurs membres de la fratrie ainsi que leur mère Esther LeBlanc. Les liens entre les familles Bourdages, Arseneau, Poirier et Cavanaugh qui apparaissent dans cet acte se retrouveront dans de nombreux registres de Bonaventure et de Carleton au cours des décennies suivantes. Son décès à Québec en 1830 illustre également les échanges constants entre la baie des Chaleurs et la capitale, phénomène déjà observé chez sa sœur Marie Josephe Antoinette Bourdages et plusieurs autres membres de la famille.
10. Marie Josephe Antoinette Bourdages
Marie Josephe Antoinette Bourdages est née à Québec le 22 septembre 1773 et baptisée le même jour à la paroisse Notre-Dame. Fille de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, elle est l’une des dernières enfants du couple à naître avant l’établissement définitif de la famille à Bonaventure. Elle épouse d’abord Louis Dubord, navigateur et marchand, puis, devenue veuve, Martin Chinic, marchand de Québec. Elle passe une grande partie de sa vie entre Bonaventure et Québec et est inhumée dans la chapelle Sainte-Anne de l’église métropolitaine de Québec en 1845.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Registre Paroisse Notre-Dame de Québec, Que.; 1769 à 1774; Microfilm page 276 de 329.
🔎 Observations
L’acte est particulièrement intéressant puisqu’il identifie Raymond Bourdages comme navigateur, l’une des rares mentions précises de son occupation dans les registres paroissiaux. La marraine est sa sœur aînée Marie Charlotte Bourdages, alors âgée d’environ seize ans.
b) Acte de mariage à Louis Dubord…

Collection Drouin; Registre de la Paroisse St. Bonaventure, Co. Bonaventure, P.Q.; 1771 à 1811; Microfilm page 6 de 195.
🔎 Observations
Parmi les signataires figurent Jean Marie Bourdages et Pierre Bourdages. L’acte confirme que Raymond Bourdages est déjà décédé depuis cinq ans. Louis Dubord apparaît successivement dans les registres comme navigateur, capitaine et marchand.
b) Acte de mariage à Martin Chinic…

Collection Drouin; Registre de Québec, Basilique Notre-Dame, P.Q.; 1817; Microfilm page 12 de 208.
🔎 Observations
Plusieurs enfants Dubord assistent au mariage, notamment Marie Dubord et Hyppolite Dubord. Les signatures démontrent la proximité continue de Marie Antoinette avec les membres de sa famille Bourdages demeurés à Québec.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Registre de Québec, Basilique Notre-Dame, P. Q.; 1845; Microfilm page 227 de 307.
🔎 Observations
L’inhumation dans la chapelle Sainte-Anne de l’église métropolitaine de Québec témoigne du statut social respectable de Marie Antoinette et de sa famille. Son acte de décès rappelle également le rang d’écuyer porté par son second époux Martin Chinic.
📝 Notes familiales
Premier mariage : Louis Dubord
Le couple réside successivement à Bonaventure et à Québec. Louis Dubord est tour à tour identifié comme navigateur, capitaine puis marchand.
- Michel Dubord est né à Québec le 13 décembre 1792 et baptisé le 15 décembre suivant. Son parrain est Michel Dubord et sa marraine Marie Geneviève Bourdages. Devenu médecin licencié, il épouse Adélaïde Perand de Champlain à Québec le 15 juillet 1817. Il décède à Champlain le 28 octobre 1823 à l’âge d’environ trente-et-un ans.
- Marie Dubord est née à Bonaventure le 15 décembre 1793 et baptisée le 23 mars 1794 après avoir été ondoyée par Charles Bujold. Sa marraine est sa grand-mère Esther LeBlanc, veuve de Raymond Bourdages, qui signe l’acte. Elle décède à Québec le 25 octobre 1870 à l’âge de soixante-dix-huit ans.
- Louise Dubord est née à Bonaventure le 13 avril 1795. Son parrain est Jean Marie Bourdages et sa marraine Marie Lutine Babin. Elle décède le 22 octobre 1795 à l’âge de six mois.
- Louise Anne Dubord est née à Bonaventure le 21 juin 1796 et baptisée le lendemain. Son parrain est Placide Bujol et sa marraine Marie Esther Bourdages, tante de l’enfant. Elle décède le 12 novembre 1797 à l’âge d’environ dix-sept mois.
- Louis Éléonore Dubord est né et baptisé à Bonaventure le 30 mai 1799. Son parrain est Benjamin Bourdages et sa marraine Louise Loubert, épouse Cavanaugh. Cultivateur, il épouse Marie Paule Chaurelle dit Dorvilliers à Champlain le 18 juin 1821.
- Julienne Phébée Dubord est née à Québec le 4 juin 1803 et baptisée le lendemain. Son parrain est André Dubord et sa marraine Julienne Claire Lanoix. Elle décède à Bonaventure le 5 septembre 1804 à l’âge de quinze mois.
- Émilie Dubord est née et baptisée à Québec le 25 mai 1806. Son parrain est Édouard Morin et sa marraine sa sœur Marie Dubord. Son père est alors absent. Elle décède à Québec le 26 août 1823 à l’âge de dix-sept ans.
- Théophile Dubord est né et baptisé à Québec le 10 novembre 1809. Son parrain est son frère Michel Dubord et sa marraine Élizabeth Ruelle. Il décède à Québec le 17 octobre 1810 à l’âge de onze mois.
Décès de Louis Dubord
Louis Dubord décède à Québec le 4 mai 1813 et est inhumé dans le cimetière des Picotés le 6 mai suivant. L’acte le qualifie de navigateur âgé de quarante-six ans.
Second mariage : Martin Chinic
Marie Antoinette Bourdages épouse Martin Chinic à Québec en 1817 alors qu’elle est âgée d’environ quarante-trois ans. Aucune naissance issue de cette union n’a été retrouvée dans les registres consultés.
Martin Chinic est né à Québec le 10 janvier 1770. Marchand de profession, il est veuf de Julienne Claire Enouille Lanoix lors de son mariage avec Marie Antoinette. Son père, également nommé Martin Chennequi, serait né à Bayonne, en France, vers 1734. Martin Chinic décède le 24 mars 1836 dans la région du Saint-Laurent.
Notes historiques
Marie Josephe Antoinette Bourdages est l’un des meilleurs exemples de la mobilité géographique et sociale de la famille Bourdages. Née à Québec, mariée à Bonaventure puis de nouveau à Québec, elle évolue dans les milieux du commerce maritime, de la navigation et du négoce. Son premier époux, Louis Dubord, est successivement navigateur, capitaine et marchand, tandis que son second époux, Martin Chinic, appartient au monde des marchands de Québec. Les actes de ses enfants révèlent également une ascension sociale notable : l’un devient médecin licencié, plusieurs vivent à Québec ou à Champlain, et la famille fréquente des réseaux commerciaux et professionnels bien établis. Par son parcours, Marie Antoinette illustre le lien constant entre la baie des Chaleurs et Québec entretenu par plusieurs membres de la famille Bourdages au tournant du XIXe siècle.
11. Joseph Frédéric Bourdages
Joseph Frédéric Bourdages est né à Québec le 15 septembre 1777 et baptisé le lendemain à la paroisse Notre-Dame. Fils de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, il est l’avant-dernier enfant connu du couple. Aucun acte de mariage n’a été retrouvé et, selon Pierre Bourdages dans Racines Vivantes, il serait décédé à Bonaventure en 1795 à l’âge d’environ dix-sept ans.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Paroisse de Québec, Basilique Notre-Dame, P.Q.; 1774 à 1777; Microfilm page 396 de 404.
🔎 Observations
L’acte de baptême est célébré par Joseph-Marie Bourg, missionnaire bien connu de la baie des Chaleurs qui jouera un rôle important dans les premières années de la paroisse de Bonaventure. La marraine, Marie Catherine Créqui, appartient probablement au même réseau de relations que la famille Créqui déjà observée dans plusieurs autres actes concernant les Bourdages. Le prénom Frédéric est relativement rare parmi les enfants de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc.
b) Acte de mariage…
Joseph Frédéric Bourdages ne s’est jamais marié. Aucun acte de mariage n’a été retrouvé dans les registres consultés de Bonaventure, Carleton ou Québec.
c) Acte de décès…
Selon Pierre Bourdages dans son livre ‘Racines Vivantes’ Frédéric serait décédé en 1795 à l’âge de 17 ans. À date l’acte de décès n’a pas encore été trouvé.
🔎 Observations
Malgré des recherches dans les registres paroissiaux de Bonaventure, l’acte de sépulture n’a pas encore été retrouvé. Son décès est néanmoins mentionné dans Racines Vivantes et l’absence de toute trace ultérieure dans les registres de mariage ou de baptême suggère qu’il est effectivement décédé jeune.
12. Jean Marie Antoine Bourdages
Jean Marie Antoine Bourdages est né à Québec le 5 février 1779 et baptisé le même jour à la paroisse Notre-Dame. Dernier enfant connu de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, il grandit à Bonaventure où il devient cultivateur, habitant et pêcheur. Il épouse d’abord Charlotte Bourg en 1800, puis, après le décès de celle-ci, Vénérande Bernard en 1825. Père d’une très nombreuse famille, il contribue à l’établissement de plusieurs branches des Bourdages dans la baie des Chaleurs, en Gaspésie, au Nouveau-Brunswick et jusqu’à Montréal. Il décède à Bonaventure en mai 1847 à l’âge de soixante-sept ans.
a) Acte de baptême / naissance…

Collection Drouin; Registre de la Paroisse Notre-Dame de Québec, Que.; 1777 à 1782; Microfilm page 64 de 251.
🔎 Observations
L’acte indique que Raymond Bourdages est absent au moment du baptême. Le parrain est son frère Jean Marie Olivier Bourdages, tandis que la marraine est Marie Antoinette Lelièvre. Cet acte est l’une des premières mentions du prénom usuel « Olivier » utilisé par son frère aîné.
b) Acte de mariage à Charlotte Bourg...

Collection Drouin; Registre de la paroisse St. Bonaventure, Co. Bonaventure, P. Q.; 1791 à 1839; Microfilm page 18 de 697.
🔎 Observations
L’acte identifie Raymond Bourdages comme « marchand de son vivant à Bonaventure ». Firmin Bujold, beau-frère de l’épouse, figure parmi les témoins, illustrant les liens étroits entre les familles Bourdages, Bujold, Bourg et Comeau.
b) Acte de mariage à Vénérande Bernard...


Collection Drouin; Registre de la paroisse St. Bonaventure, Co. Bonaventure, Qué.; 1825; Microfilm page 5 et 6 de 22.
🔎 Observations
Au moment de ce second mariage, Antoine est déjà père d’une famille nombreuse. Les familles Bernard, Babin, Poirier et Bourdages sont alors fortement liées dans la communauté de Bonaventure.
c) Acte de décès…

Collection Drouin; Paroisse de St. Bonaventure, Co. Bonaventure, P. Q.; 1847; Microfilm page 5 de 15.
🔎 Observations
L’acte résume la vie d’Antoine Bourdages en le qualifiant de cultivateur de Bonaventure. Il décède le 6 mai 1847, douze ans après son frère Louis Bourdages, décédé en 1835, et près de soixante ans après la mort de son père Raymond Bourdages.
📝 Notes familiales
Premier mariage : Charlotte Bourg
- Melchiade Bourdages est né à Bonaventure le 13 décembre 1800 et baptisé le lendemain. Son père est identifié comme habitant pêcheur. Le parrain est le prêtre célébrant et la marraine est Esther LeBlanc, veuve de Raymond Bourdages. Cultivateur, il épouse Euphrosine Babin le 13 janvier 1829. Il décède à Saint-Charles-de-Caplan le 7 décembre 1871 et est inhumé le 9 décembre à l’âge de 71 ans.
- Marie Bourdages est née à Bonaventure le 23 septembre 1802 et baptisée le 14 novembre suivant. Son parrain est Jean Marie Bourdages, son oncle. Elle épouse Joseph Alexandre Arseneau le 8 février 1825. Les époux déclarent ne pas savoir signer.
- Joseph Raymond Bourdages est né le 29 janvier 1805 et baptisé le 28 avril suivant. Son parrain est Firmin Bujold et sa marraine Esther Bourdages. Il épouse Élizabeth Babin le 8 janvier 1828.
- Hypolite Bourdages est né le 3 juin 1807 et baptisé le 14 juin. Son parrain est B. Bordage et sa marraine Marguerite Landry. Il épouse Angélique Landry à Carleton le 7 janvier 1834. Les époux déclarent ne pas savoir signer.
- Olivier Bourdages est né à Bonaventure le 16 mars 1810. Son parrain est Jean Olivier Bourdages et sa marraine Julie Arsenault. Il épouse Anastasie Alain à Carleton le 17 février 1835.
- Monique Bourdages est née et baptisée à Bonaventure le 28 juin 1812. Son parrain est Paul Bujol et sa marraine Marie Angèle Bujol. Elle épouse Joseph Joncas à Grande-Rivière le 19 mai 1831.
- Alexandre Bernard Bourdages est né le 20 août 1814 et baptisé le 27 décembre suivant. Son parrain est François Bourdages et sa marraine Marguerite Arsenault. Devenu navigateur, il épouse Adélaïde Héreault dite Dominique à Montréal le 9 janvier 1849. Son acte de mariage le décrit comme fils majeur des défunts Antoine Bourdages et Charlotte Bourg de la baie des Chaleurs.
- Louis Théophile Bourdages est né le 6 septembre 1816 et baptisé le 21 décembre suivant. Son parrain est Melchiade Bourdages et sa marraine Marie Bourdages. Il épouse Marianne Couture dite Bellerive à Percé le 1er février 1843.
- Hilarion Bourdages est né le 30 avril 1819 et baptisé le 16 mai suivant. Son parrain est Aimé Arsenault et sa marraine Angèle Bourdages. Il épouse Élizabeth Poirier le 15 janvier 1845.
- Gilbert Bourdages est né et baptisé le 16 mai 1821. Son parrain est Raymond Bourdages et sa marraine Victoire Girard. Il épouse Domilthide Maillet à Saint-Louis-de-Kent, Nouveau-Brunswick, le 7 novembre 1859.
Second mariage : Vénérande Bernard
- Barthélémie Bourdages est né le 29 décembre 1825 et baptisé le 1er janvier 1826. Son parrain est Paul Poirier et sa marraine Monique Bourdages. Il épouse Domithilde Poirier le 29 août 1848.
- Eugène Bourdages est né le 15 mars 1827 et baptisé le 16 mars. Son parrain est Grégoire Arseneault et sa marraine Euphrosine Babin. Il décède le 24 septembre 1827.
- Eugène Bourdages est né le 10 juin 1828 et baptisé le 12 juin. Son parrain est Alexandre Arseneau et sa marraine Phébé Bujol. Il épouse Marie Louise Cavanaugh le 18 janvier 1858.
- Joseph Salomon Bourdages est né le 22 septembre 1829 et baptisé le 29 octobre suivant. Son parrain semble être Joseph Gauthier et sa marraine Rose Bernard.
- Marcelline Bourdages est née le 26 janvier 1831 et baptisée le 12 février suivant. Son parrain est Hyppolite Bourdages et sa marraine Marguerite Beaudry. Elle épouse Théophile Leblanc à Maria le 3 février 1852.
Notes historiques
Jean Marie Antoine Bourdages représente la branche demeurée au cœur même de la communauté de Bonaventure. Contrairement à son frère Louis Marie Bourdages, qui s’illustre dans les professions libérales, la politique et la milice, Antoine poursuit l’œuvre de colonisation et d’établissement amorcée par son père Raymond Bourdages dans la baie des Chaleurs. Les actes de ses quinze enfants révèlent des liens étroits avec les familles Bujold, Poirier, Babin, Arsenault, Bernard, Landry, Joncas et Cavanaugh. Sa descendance se disperse progressivement vers Carleton, Grande-Rivière, Percé, Maria, Montréal et le Nouveau-Brunswick, contribuant à l’expansion de la famille Bourdages à travers toute la Gaspésie et les régions voisines au XIXe siècle.
Synthèse historique de la famille de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc
L’histoire de la famille de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc illustre l’évolution d’une famille acadienne et québécoise, depuis les dernières années du régime français jusqu’au milieu du XIXe siècle. À travers les actes de baptême, de mariage et de sépulture conservés dans les registres paroissiaux de Québec, de l’Ancienne-Lorette, de Bonaventure, de Carleton et d’autres localités du Bas-Canada, il est possible de suivre le parcours d’une famille qui a laissé une empreinte durable dans l’histoire de la baie des Chaleurs.
Originaire d’Estancarbon, en Comminges (France), Raymond Bourdages s’engage à Bordeaux le 5 juin 1751 comme chirurgien pour se rendre à Québec à bord du navire L’Achille. Les documents d’archives conservés en France permettent de suivre les préparatifs de ce voyage et constituent les premières preuves documentées de son arrivée en Nouvelle-France. Quelques années plus tard, il est maître chirurgien au sein des troupes de Charles Deschamps de Boishébert en Acadie. Son mariage avec Esther LeBlanc unit deux traditions familiales importantes : celle des professionnels venus de France et celle des anciennes familles acadiennes établies depuis plusieurs générations. Les actes retrouvés montrent qu’au fil des années, Raymond exerce diverses fonctions, étant tour à tour désigné comme chirurgien, navigateur, marchand et entrepreneur. Après la Conquête, il participe activement au développement économique de la baie des Chaleurs, où il établit un poste de pêche, exploite des moulins et contribue à la mise en valeur du territoire de Bonaventure.
Esther LeBlanc occupe une place tout aussi importante dans cette histoire. Après le décès de son époux en 1787, elle demeure au centre de la vie familiale pendant de nombreuses années. Les registres la montrent fréquemment comme marraine de ses petits-enfants, témoin aux mariages et signataire d’actes sous la mention « E. L. veuve Bourdages ». Elle apparaît ainsi comme la véritable matriarche de la famille au tournant du XIXe siècle.
Des douze enfants connus du couple, huit atteignent l’âge adulte et fondent à leur tour des familles nombreuses. Certains demeurent dans la baie des Chaleurs, tandis que d’autres s’établissent à Québec, dans la vallée du Richelieu ou dans diverses régions du Bas-Canada. Les alliances matrimoniales avec les familles Bujold, Poirier, Arseneau, Babin, Bernard, Bourg, Dubord, Cavanaugh et Henry créent un vaste réseau familial qui joue un rôle important dans le développement des communautés de Bonaventure, Carleton, Grande-Rivière, Percé et Maria.
Deux grandes trajectoires se dessinent parmi les descendants de Raymond Bourdages. Une première branche demeure profondément enracinée en Gaspésie, où plusieurs descendants deviennent cultivateurs, pêcheurs, navigateurs et marchands. Une seconde branche, particulièrement celle issue de Louis Marie Bourdages, s’intègre progressivement aux élites professionnelles et politiques du Bas-Canada. On y retrouve des notaires, des médecins, des arpenteurs, des officiers de milice, des manufacturiers et même des députés à la Chambre d’Assemblée. Cette ascension sociale témoigne de la réussite remarquable d’une famille qui, en l’espace de deux générations, passe du statut de pionniers de la baie des Chaleurs à celui de membres influents de la société canadienne-française.
Les actes étudiés révèlent également les réalités humaines de l’époque. Plusieurs enfants de Raymond et d’Esther meurent en bas âge ou durant leur jeunesse, rappelant les difficultés auxquelles étaient confrontées les familles du XVIIIe siècle. Malgré ces épreuves, la famille demeure unie et les liens entre frères, sœurs, parents, parrains, marraines et alliés apparaissent constamment dans les registres. Ces documents permettent aujourd’hui de reconstituer non seulement une généalogie, mais aussi un véritable réseau social et familial qui s’étend sur plusieurs générations.
Au-delà des dates et des événements, cette étude montre comment les registres paroissiaux permettent de retracer la vie quotidienne, les déplacements, les alliances et les aspirations d’une famille fondatrice. Les Bourdages apparaissent ainsi comme des témoins privilégiés de l’histoire de la Nouvelle-France, de l’Acadie et de la Gaspésie. À travers leurs parcours se dessine l’histoire d’une famille entreprenante, résiliente et profondément enracinée dans le développement de la baie des Chaleurs.
Plus de deux siècles après la naissance de leurs premiers enfants, les descendants de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc demeurent présents dans plusieurs régions du Québec et des provinces maritimes. Les actes conservés dans les archives permettent aujourd’hui de redonner un visage et une histoire à ces pionniers dont l’héritage continue de vivre à travers leurs nombreuses générations de descendants.
D- Activités Notariales
1. Acte de Don mutuel devant notaire Sanguinet- le 17 octobre 1760


Transcription ci-bas trouvée dans le livre de Pierre Bourdages intitulé « Racines Vivantes », pages 33-34.
Pardeavant les notaires royaux à Quebec y résidents soussignés furent présents Sieur Raymond Bourdage Me-chirurgien etDame Esther LeBlanc, son épouse qu’il autorise pour l’effet et la validité des présentes, demeurants à présent à la paroisse de l’Ancienne-Lorette, étant venus exprès en cette ville pourfaire passer ces dites présentes, lesquelles ayant à présent deux enfants issus de leur mariage, qui sont toujours fort faibles et infirmes, craignant que pendant le voyage que le d Sr. Bourdage est sur le point de faire en Europe en la vieille et ancienne France, Dieu ne disposa de leurs dits enfants, et attendu qu’ils n’ont pas de contrat de mariage que de simples conventions matrimoniales reçues par le Révérend père Germain, Jésuite, missionnaire des Sauvages Malicites de la rivière Saint-Jean à l’Acadie, qui se trouvent présentement perdues, et pour s’assurer tant l’un que l’autre les moyens de vivre commodément en cas de mort de leurs dits enfants, ce en considération de l’amitié qu’ils se portent, voulant procurer les moyens au survivant d’eux de vivre avec les biens qu’il a plu à Dieu de leur départir, se sont par les présentes, volontairement fait don mutuel et réciproque, l’un à l’autre, de tous les biens meubles conquis et immeubles généralement quelconques, qui appartiendront au premier mourant d’eux au jour de son décès, en quelques lieux qu’ils soient et se trouvent sciz et situés, pour en jouir par le survivant en usufruit pendant sa vie, conformément à la coutume de Paris, nonobstant toutes autres coutumes ou dispositions contraires auxquelles ils ont dérogé et renoncé, pour cet effet, pourvu toute fois qu’à jour du décès du premier mourant des Sieur et Dame Bourdage il n’y ait aucun enfant vivant ou à naître de leur mariage ; ce pour faire jusinuco (enregistrer) ces présentes au Greffe de la Cour de Justice Royale française établie quant à présent à la paroisse de Charlesbourg ce par tous ailleurs où besoin sera. Les parties ont constitué leur procureur général et spécial le porteur des présentes auquel ils en donnent pouvoir de ce faire et d’en requérir acte. Promettant et obligeant, renonçant, et fait & passé à Québec, étude de Sanguinet, l’un des notaires soussignés l’an mil sept-cent soixante, le dix-sept octobre après midi en présence des d Sieur et Dame Bourdage, signé avec nous, à la minute des présentes, demeurée en la garde et possession du d Sanguinet, l’un des notaires juges et soussigné. Lecture faite, signée à la minute. Bourdage et Esther LeBlanc Bourdage : Lanoullier Notaire et Sanguinet du notaire
soussigné. Signé: Sanguinet
2. Procuration de Raymond Bourdages en faveur de Pierre Bourdages, curé d’Estancarbon- 27 septembre 1764



Transcription ci-bas demandée et faite par les Archives nationales du Québec avec certaines modifications de ma part pour faciliter la compréhension du lecteur..
| 27 septembre 1764. Procuration de sieur Remond Bordage, En blanc +1 arrivant à Soixante-sept mille trois cent livres Nulle +2 | / Minute, expédition, livré Par devant le notaire royal en la ville et gouvernement de Québec, y résidant, soussigné et témoins ci-après nommés, fut présent le sieur Remond Bordage, négociant à Québec, lequel a fait et constitué pour son procureur général et spécial, le sieur auquel il donne pouvoir de recevoir et attirer des mains de monsieur Pierre Bordage, prêtre et curé de la paroisse d’Estancarbon, diocèse de Comminges, les ordonnances du Canada, qui lui ont été remises, appartenant au sieur Jacques Cristophe Babuty, conformément au bordereau dudit sieur constituant, signé de lui, +1 et si ledit sieur Pierre Bordage prêtre, les a remises aux sieurs Paillet et Mignardi négociants à La Rochelle, ledit sieur constituant donne pouvoir audit sieur procureur constitué de retirer de leurs mains lesdites ordonnances ainsi que les lettres de changes du trésor de Québec, qui leur ont été remises par ledit sieur constituant, suivant le bordereau. Savoir, deux lettres de change tirées à l’ordre de Bengamin LeBlanc en 1759, de la somme de Nos exécuté payables en Voyer Bourdage destrem Moreau notaire royal Nous Jacques Murray gouverneur général de la province de Québec et vice-amiral etc. Certifions à tous qu’il appartiendra, que monsieur Moreau qui a passé et signé la procuration ci-dessus et des autres parts transcrites, est notaire royal de la ville et gouvernement de Québec, et que foi doit être ajouté aux actes qu’il passe en cette dite qualité. En témoignage de quoi, nous avons signé et fait contre signer, par l’un de nos secrétaires, ces présentes, et à icelles fait apposer le cachet de nos armes. Fait à Québec le vingt-huit septembre mil sept cent soixante-quatre /./lsh-2023 |
3. Notice notariale de Jean-Antoine Panet- Québec, 5 septembre 1778
Cette notice notariale dressée à Québec le 5 septembre 1778 par le notaire Jean-Antoine Panet réunit huit pages de documents concernant Raymond Bourdages, marchand établi dans la région de la baie des Chaleurs.
Le dossier contient notamment :
1) le manuscrit original du certificat de mariage de Raymond Bourdages et Esther LeBlanc, célébré le 22 février 1756 à la Rivière Saint-Jean, en Acadie, signé par le missionnaire jésuite père Germain
2) une attestation de l’évêché de Québec, signée par l’évêque Jean-Olivier Briand, confirmant l’authenticité de la signature du missionnaire
3) une copie collationnée dressée par le notaire Panet regroupant plusieurs documents relatifs aux affaires de Raymond Bourdages
4) l’enregistrement du schooner Aimable Esther, une goélette d’environ 70 tonneaux construit en 1775 à Tracadièche (Carleton-sur-Mer, baie des Chaleurs) dont Raymond Bourdages est copropriétaire
5) plusieurs lettres commerciales échangées avec des négociants du Môle-Saint-Nicolas à Saint-Domingue
6) un inventaire de marchandises transportées entre le Canada et les Antilles
7) une procuration signée par Raymond Bourdages le 11 mai 1778, donnant pouvoir à son épouse Esther LeBlanc d’agir en son nom.
Ce document constitue une source importante pour l’histoire de Raymond Bourdages, puisqu’il confirme à la fois son mariage en Acadie en 1756 et son rôle de marchand et d’armateur participant au commerce maritime entre le Canada et les Antilles au XVIIIᵉ siècle.
Référence: Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ),
Greffe du notaire Jean-Antoine Panet, Québec, 5 septembre 1778, Notice CN301, S205, Répertoire chronologique, année 1778, page 16 de 21.Consulté dans les collections numériques de BAnQ : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3777525
E- Activités Judiciaires
Les recherches dans les archives judiciaires ont permis d’identifier, à ce jour, neuf causes et procès impliquant Raymond Bourdages et son épouse Esther LeBlanc, entre 1758 et 1779. Ces dossiers proviennent notamment de la Prévôté de Québec, du Conseil militaire de Québec et de la Cour des plaidoyers communs du district de Québec.
Ces documents permettent de suivre différents aspects de la vie de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc, notamment leurs relations familiales, leurs activités commerciales, leurs dettes et créances et leurs démarches devant les tribunaux. Ils apportent également des informations concrètes sur les lieux où Raymond est établi et sur les activités qu’il exerce à différentes périodes.
Plusieurs causes montrent Raymond dans son rôle de marchand et de créancier. Les dossiers font référence à des obligations, des billets, des comptes de marchandises et des transactions commerciales, notamment dans le commerce des pelleteries et du castor. Une cause de 1763 devant le Conseil militaire de Québec montre ainsi une transaction commerciale impliquant des pelleteries de castor, tandis que les procédures des années 1760 font apparaître Raymond comme marchand demeurant à Lorette, engagé dans le recouvrement de sommes importantes.
Les dossiers permettent également de suivre l’évolution de sa situation. En 1758, son épouse est appelée à comparaître alors que Raymond est absent; en 1762 et 1763, Raymond intervient personnellement devant le Conseil militaire de Québec; dans les années 1767 et 1768, plusieurs procédures devant la Cour des plaidoyers communs concernent ses créances et celles de son épouse; et en 1776, Raymond est à nouveau poursuivi devant cette Cour, alors qu’il est identifié comme « Fisherman » et comme résidant dans la ville de Québec.
Les causes concernant Esther LeBlanc apportent pour leur part des informations importantes sur son rôle dans les affaires familiales. Elle intervient notamment dans le règlement des intérêts liés à la succession de sa sœur Blanche LeBlanc, dans une procédure l’opposant à son beau-frère Michel Bonhomme. Les documents montrent qu’elle agit pour elle-même et pour les autres cohéritiers, tout en devant justifier devant les arbitres qu’elle dispose d’un pouvoir suffisant de son époux et de ses cohéritiers pour les représenter.
Pris dans leur ensemble, ces dossiers ne constituent donc pas seulement une série de litiges. Ils forment un ensemble de documents permettant de mieux comprendre les activités économiques, les relations familiales et les démarches judiciaires de Raymond Bourdages, d’Esther LeBlanc et de leur entourage au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
- 1. Cause entre François Duval et l’épouse de Raymond Bourdages et le nommé Dabaty — 23 mai 1758.
- 2. Cause entre Raymond Bourdages et François Robitaille — 15 mai 1762.
- 3. Cause entre Raymond Bourdages et McKenzie — 12 mars et 18 juin 1763.
- 4. Procès entre Raymond Bourdages et Marguerite Mouton, veuve et héritière d’Armand Robichau- 1767-1768.
- 5. Procès entre Esther LeBlanc et Michel Bonhomme — 1767.
- 6. Cause entre Raymond Bourdages et Michel Bonhomme- 1769
- 7. Procès entre Raymond Bourdages et Jean-Baptiste Grandmaison — 1768-1778.
- 8. Cause entre John Melvin et Raymond Bourdages — 1776.
- 9. Procès entre Raymond Bourdages et Joannis Chapadeau — 13 octobre 1779
1. Cause entre François Duval et Esther Bourdages et le nommé Dabaty -23 mai 1758
Le 23 mai 1758, François Duval présente une cause devant la Prévôté de Québec contre la femme du nommé Bourdage, alors absent, et un homme nommé Dabaty, identifié dans le document comme canonnier. François Duval comparaît par l’intermédiaire de Me Saillant, notaire, tandis que la femme de Bourdage et Dabaty comparaissent par Me Panet, notaire.
Le document permet de préciser la nature du différend. Les défendeurs déclarent être surpris de la demande de François Duval et font valoir qu’ils résident depuis longtemps dans la maison en question. Ils indiquent également avoir fourni de leur plein gré dix vitres au demandeur, dans des circonstances dont la formulation exacte demeure partiellement difficile à déchiffrer. Le litige semble également porter sur leur jouissance de la maison et sur leur départ des lieux.
La question de la clef de la cave est expressément mentionnée dans la procédure. Les défendeurs offrent de laisser à la place de la clef le cadenas qu’ils avaient fait mettre, proposition que François Duval déclare accepter. Malgré cette entente sur le cadenas, le demandeur requiert que la femme de Bourdage et Dabaty soient entendus personnellementpar le tribunal.
Après avoir examiné les prétentions des parties, la Prévôté ordonne finalement que la femme de Bourdage et le nommé Dabaty comparaissent en personne afin d’être entendus, et qu’ils soient assignés à cette fin.
Cette procédure est particulièrement intéressante pour l’histoire de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc, car elle constitue un témoignage de la participation de son épouse à une affaire judiciaire alors que Raymond Bourdages est absent. Le document ne nomme toutefois pas l’épouse : il parle simplement de « la femme du nommé Bordage ». Son identification avec Esther LeBlanc repose donc sur les autres documents qui établissent leur mariage en 1756 et non sur cette pièce elle-même.
La cause fournit également un aperçu concret des conditions d’occupation d’une maison à Québec au milieu du XVIIIe siècle : la jouissance des lieux, les vitres fournies au propriétaire ou au demandeur, l’accès à la cave et la remise d’une clef ou d’un cadenas font partie des éléments discutés devant la Prévôté.
Le document ne permet pas encore de déterminer avec certitude la nature juridique exacte de la demande de François Duval, ni la relation entre Duval et les occupants de la maison. Plusieurs passages de l’acte sont en outre difficiles à lire. La décision conservée porte principalement sur la nécessité de faire comparaître personnellement la femme de Bourdage et Dabaty afin qu’ils soient entendus.

Transcription
Entre François Duval demandeur comparant par Me Saillant, Nº (illisible), la femme du nommé Bordage absent, et le nommé Dabaty canonnier (mot illisible) assigné aujourd’hui —— de —- du haut du —de recevoir, comparant par Me Panet, Notaire d’autrepars, par ledit Bordage et Dabaty (illisible) qu’ils sont surpris de la demande du Sr Duval ayant résidé depuis longtemps à la maison en question, le fourny de leur bon gré dix vitres audit qu’il ay à —- jouisse , cons..es à être renvoyé de laitu—, —- a la clef de la cave, susdit offre de laisser le cadena qu’ils on fait mettre à la place de la clef, par le demandeur. Répliqué qu’il accepta le cadena, et requiert que la dite femme Bordage, et le S. Dabaty seront entendu en personne. Parties visés en…… nous ordonnons avant f… que la dite femme Bordage, et le dit Dabaty seront entendus en personne, ce assignés au S. Ju..Saud.. —— manourdy? Dame
2. Cause entre Raymond Bourdage et François Robitaille — 15 mai 1762.
Le 15 mai 1762, Raymond Bourdages présente une demande devant le Conseil militaire de Québec contre François Robitaille. Le litige concerne la jouissance d’une chambre occupée par Bourdage. Le Conseil ordonne à Robitaille de ne pas troubler Bourdage dans cette jouissance, sous peine de punition. Il le condamne également aux dépens, fixés à 8 shillings, et lui ordonne de raccommoder la couchette qu’il a brisée.
Cette cause est particulièrement intéressante puisqu’elle montre que Raymond Bourdages, quelques années après son arrivée en Nouvelle-France, était alors en relation avec le milieu judiciaire de Québec. Elle fournit également un aperçu concret de ses conditions de logement à cette période. La nature exacte de son occupation de cette chambre devra toutefois être précisée par la lecture du document original.
Entre le sieur Bordage (Bourdage), demandeur et François Robitail (Robitaille), défendeur. Le Conseil ordonne que ledit Bordage sera … et fait défense audit Robitaille de troubler le demandeur dans la jouissance de sa chambre, sous peine de punition, et le condamne aux dépens liquidés à 8 shillings et à racomoder la couchette qu’il a brisé. 15 mai 1762.
3. Cause entre Raymond Bourdages et McKenzie- 12 mars et 18 juin 1763.
Le 12 mars 1763, Raymond Bourdages comparaît devant le Conseil militaire de Québec dans une cause qui l’oppose au sieur McKensie. Celui-ci déclare qu’il ne peut acquitter la somme réclamée ni accepter le mandat, faisant valoir qu’il a fourni des marchandises dans le cadre de son commerce pour effectuer le paiement. Raymond Bourdages répond pour sa part que McKensie a reçu les pelleteries de castor qu’il lui avait envoyées pour le commerce.
Le Conseil décide alors de surseoir à la demande, afin de poursuivre l’examen de l’affaire. Les dépens sont réservés.
Le 18 juin 1763, Raymond Bourdages et le sieur McKensie comparaissent de nouveau devant le Conseil. Celui-ci se réfère notamment à un billet du sieur Hardy en faveur de McKensie, qui constitue un élément du dossier permettant d’établir la valeur du castor et des autres effets reçus dans le cadre de la transaction.
Le Conseil condamne alors le sieur McKensie à payer à Raymond Bourdages la somme de 2 417 livres et 18 sols. Les dépens sont également adjugés et liquidés à 10 shillings.
Cette cause constitue un témoignage particulièrement intéressant des activités commerciales de Raymond Bourdages dès 1763. Le document établit notamment son implication dans le commerce des pelleteries, puisque Raymond affirme avoir envoyé à McKensie des pelleteries de castor destinées au commerce. La procédure montre également que ces transactions pouvaient donner lieu à des paiements en marchandises, à des billets et à des comptes dont la valeur devait être établie devant les autorités judiciaires.
Le montant finalement réclamé et accordé, soit 2 417 livres et 18 sols, représente une créance importante et témoigne de l’ampleur que pouvaient atteindre les transactions commerciales auxquelles Raymond Bourdages était associé. La présence du billet du sieur Hardy montre également que plusieurs personnes et documents pouvaient intervenir dans le règlement et la preuve de ces opérations commerciales.
Les deux étapes de la procédure, en mars et en juin 1763, permettent ainsi de suivre le déroulement d’un litige commercial lié au commerce des pelleteries, depuis la contestation initiale de la somme réclamée jusqu’à la condamnation de McKensie à payer Raymond Bourdages.
Cause Raymond Bourdages vs McKenzie- 12 mars 1763
Cause Raymond Bourdages vs McKenzie- 18 juin 1763


Transcription
Séance du 12 mars 1763
Entre Raymond Bourdage d’une part comparant et le Sr McKensie comparant, lequel a dit qu’il ne peut acquitter celle somme ny accepter le mandat, attendu qu’il a fourni des marchandises à son commerce pour payer : par le dit Bourdage a dit que Sr McKensie a reçu les pelleteries en Castor que luy a envoyé pour Commerce. Le Conseil a [sursis ?] la dite demande jusqu’à ce qu’elle cy aye pour consulter. Dépens réservés. H. T. Cramahé
Séance du 18 juin 1763
Entre le Sr. Raymond Bourdage comparant et le Sr McKensie comparant P.D. le Conseil est d’avis qu’attendre qu’il appers par le billet du Sr. Hardy en faveur de A. McKensie [illisible] sur lui qu’il cy a reçu en valeur cy castor et aucuns effets qu’il soit condamné à payer la somme de ceux mil quatre cens dix sept livres dix huit sols ceci [illisible] pour le [illisible] ay du le [illisibles] dépens liquidés à dix shillings. H. T. Cramahé
4. Procès entre Raymond Bourdages et Marguerite Mouton, veuve et héritière d’Armand Robichau — 1767-1768.
En 1767 et 1768, Raymond Bourdages, marchand demeurant à Lorette, entreprend une procédure devant la Cour des plaidoyers communs du district de Québec contre Marguerite Mouton, veuve d’Armand Robichau, demeurant à Champlain.
Le dossier commence par un mandat d’assignation daté du 6 novembre 1767, ordonnant à Marguerite Mouton de comparaître devant les juges de la Cour des plaidoyers communs, à la Chambre du Conseil à Québec, lors de la séance du 21 janvier 1768, afin de répondre à la demande de Raymond Bourdages. Le document indique que la demande porte alors sur une somme de 18 livres, 1 shilling et 3 sols, courant. Le mandat est délivré « par ordre de la Cour » et porte la mention de Méru, greffier.
Un acte de signification du 4 janvier 1768 confirme que le mandat a été signifié à Marguerite Mouton à son domicile de Champlain, où une copie lui a été laissée. Le dossier porte notamment les mentions « Veuve Robichaud » et « Bordage & Mouton Vve Robichaud ».
Une autre pièce du dossier présente un compte détaillé des marchandises fournies par Raymond Bourdage. On y trouve notamment un pavillon, du sel, du blé et deux grains pesant ensemble cent quatre livres, pour un total inscrit de 133 livres et 18 sols. Le 27 janvier 1768, Raymond Bourdages affirme solennellement devant François Mounier, l’un des juges de la Cour des plaidoyers communs, sur les Saints Évangiles, qu’il a fourni à Marguerite Mouton les effets mentionnés dans ce compte et qu’il n’a rien reçu à compte. Le document est signé par F. Mounier et R. Bourdage.
Cette déclaration est particulièrement importante puisqu’elle fournit une preuve directe de l’intervention de Raymond Bourdages dans une transaction de marchandises avec Marguerite Mouton et permet d’identifier plusieurs des biens faisant l’objet de la réclamation. Elle montre également que Raymond soutient sa demande devant le tribunal par une affirmation solennelle sous serment.
Une autre requête, présentée au nom de Raymond Bourdages, marchand demeurant à Lorette, précise davantage les fondements de sa demande. Il affirme qu’il lui est dû une somme de 17 livres, 11 shillings et 3 sols, courant, par Marguerite Mouton, demeurant à Champlain, veuve d’Armand Robichau, et agissant tant en son nom que comme commune en biens et héritière de feu Armand Robichau, son mari. Raymond indique que sa créance provient à la fois de dettes qu’il aurait payées à l’acquit d’Armand Robichau, de dettes de Marguerite Mouton elle-même et d’effets qu’il lui a fournis.
Cette requête montre donc que Raymond ne fonde pas sa demande uniquement sur la fourniture de marchandises. Il invoque également des paiements effectués pour le compte d’Armand Robichau, ainsi que des sommes dues personnellement par Marguerite Mouton. La qualité d’héritière d’Armand Robichau est également invoquée dans la procédure.
Le dossier présente ainsi plusieurs montants différents selon les pièces : 18 livres, 1 shilling et 3 sols dans le mandat d’assignation; 17 livres, 11 shillings et 3 sols dans la requête de Raymond; et 133 livres et 18 sols dans le compte de marchandises affirmé par Raymond le 27 janvier 1768. Ces différences doivent être conservées dans l’analyse du dossier, car les pièces actuellement examinées ne permettent pas d’établir avec certitude comment ces montants s’articulent entre eux. Le compte de 133 livres et 18 sols pourrait correspondre à un ensemble plus large d’effets fournis, tandis que les montants des requêtes pourraient correspondre à une partie de la créance ou à un solde; toutefois, le dossier ne permet pas encore de l’affirmer.
La dernière pièce porte la mention « Séance de St. Hillaire du 21è janvier 1768 », suivie de « LeBrun – Délibéré ». Il s’agit de la séance judiciaire de janvier de la Cour, et non du nom d’une personne ou d’une salle. La procédure se poursuit donc dans le cadre de cette session de la Cour des plaidoyers communs.
Cette cause est particulièrement intéressante pour l’histoire de Raymond Bourdages, car elle le montre explicitement comme marchand à Lorette, engagé dans des transactions de marchandises et dans le recouvrement de créances. Elle révèle également la diversité des instruments utilisés dans ses activités commerciales : comptes de marchandises, paiements effectués pour autrui, créances personnelles et procédures judiciaires.
Le dossier est également important pour comprendre le rôle de Marguerite Mouton dans la procédure. Celle-ci est poursuivie non seulement en son nom propre, mais aussi en relation avec sa qualité de veuve et d’héritière d’Armand Robichau et de personne « commune en biens », selon les termes employés dans la requête. Les documents permettent ainsi de voir comment une créance commerciale pouvait être poursuivie contre une personne en tenant compte de ses différentes qualités juridiques.
Enfin, la procédure permet de suivre concrètement les différentes étapes d’une action devant la Cour des plaidoyers communs : requête de Raymond Bourdages, émission du mandat d’assignation, signification à Marguerite Mouton, production d’un compte de marchandises, affirmation solennelle du créancier devant un juge et délibération de la Cour.





Transcription
Page 1 — Mandat d’assignation
District de Quebec – Cour des plaidoyers communs 467
George Trois par la grace de Dieu et la Grande Bretagne France, & Irlande Roy defenseur de la Foy &&& au Provost Maréchal de la Province de Quebec Salut. Nous vous commandons d’assigner Margueritte Mouton Veuve d’Armand Robichaud la femme damant quessi demeurant à Champlain dans le District de Quebec pour qu’elle paroisse devant Nous Juges de la Cour des Plaidoyers Communs qui se tiendra à la Chambre du Conseil à Quebec le vingt un janvier prochain neuf heures du matin dans le District de Quebec pour répondre à la demande de Raimond Bordage, pour la somme de dix huit livre, un cheling, trois sols, courant pour le cause erronée cul a requête de demande et ayé alors cette citation comme pour répondre à votre péril en témoignage les honorables Adam Mabane & François Mounier Écuyer Juges en laditte Cour à Quebec le sixième Novembre dans la huitième année de Notre Règne l’an1767.
Par Ordre de la Cour – Méru greffier
Page 2 – Acte de signification
Le warrant de l’autre part a été signifié par moy huissier soussigné à Marguerite Mouton, femme d’Armand quelci demeurante à Champlain en son domicile en partant à sa personne et je l’ay sommé et trouvés au jour lieu et heure indiqué devant les honorables juges des plaidoyers communs, et luy ay laissé copie aujourd’hui quatre janvier 1768.
signature- Meru
Inscription de classement
467- Veuve Robichaud – Bordage & Mouton Ve Robichaud 1767
Page 3
467- Enfileté 27 janvier 1768 – Doit Madame Armand Québec
Seavoir
Quarante huit sols pour un pavillon …. 48
Deux minots et demy de sel a ? .… 16
Plus six minots de blee? a ? …. 36
Deux grains pesant cent quatre livres a seize sols … 83
133. 18
Aujourd’huy vingt sept janvier 1768 le Sr. Raymond Bordage a affirmé devant moi François Mounier l’un des juges des plaidoyers communs, sur les Saints Évangilles qu’il a fourny à Marguerite Mouton épouse en seconde noce de Armand Robichau & en troisième d’Armand quessi, tant pendant sa seconde communauté, que pendant son second veuvage les effets ci dessus mentionnés, montant cent trente trois livres dix huit sols françois & qu’il n’a rien reçu à compte.
Signés: F. Mounier et R Bourdage
Marguerite Mouton femme veuve d’Armand Robichau et femme Armand quessi.
Page 4 – Requête de Raymond Bourdage
Aux honorables juges de la Cour des plaidoyers communs du district de Quebec
Supplie humblement Raimond Bordage marchand demeurant à Lorette : Disant qu’il luy est dû une somme de dix sept livres onze schilling trois sols courant par Margueritte Mouton(demeurante à Champlain) veuve d’Armand Robichau, et femme à présent d’Armand quessi, tant en son nom que comme commune en bien, et héritière de feu Armand Robichau son mary, tant pour des dettes payé à l’acquit d’Armand Robichau, que pour celle de laditte Mouton, et effets à elle fournie, et comme elle ne tient aucun compte de satisfaire le suppliant qui a besoin de son dû, c’est ce qu’il l’oblige d’avoir recours a votre justice.
Messieurs à ce qu’il vous plaise luy permettre faire assigner pour votre prochaine séance des (illisible) ladite Marguerite Mouton pour fixois comdamnés à payer au suppliant la somme de six sept livres onze scheling trois sols courant, quelle lui doit tant en son nom que comme commune en bien et héritière de feu Armand Robichau son premier Mary, c’est à quoi il conclu avec interest et dépens et vous ferés justice
[signature] J. Bte LeBrun avocat
La requête cy dessus a ét signifiée par mon huissier soussigné à Marguerite Mouton femme d’Armand quessi demeurante à Champlain et lui ay laissé copie cejourd’huy quatre janvier 1767. Signé: Meru
Page 5
Dossier 467 – Pour le Sr. Bordage demandeur contre la Dame Armand quasi défendeur.
Bordage & Mouton Vve Robichau 1768. Séance de St. Hillaire du 21è janvier 1768. LeBrun – Délibéré
5. Procès entre Esther LeBlanc et Michel Bonhomme — 1767.
En 1767, Esther LeBlanc, épouse de Raymond Bourdages, entreprend une procédure devant la Cour des plaidoyers communs du district de Québec contre Michel Bonhomme, veuf de feue Blanche LeBlanc, sœur d’Esther. Esther agit dans le cadre de la succession de Blanche LeBlanc, non seulement pour elle-même, mais également pour ses autres frères et sœurs qui sont cohéritiers dans cette succession.
Une première pièce du dossier est un rapport établi par des arbitres nommés par un jugement de la Cour des plaidoyers communs. Les arbitres indiquent avoir examiné les pièces produites par les deux parties, soit Esther LeBlanc, épouse de Raymond Bourdages, d’une part, et Michel Bonhomme, veuf de Blanche LeBlanc, d’autre part. Après examen du dossier, ils estiment qu’avant de pouvoir statuer sur la demande, conformément au jugement qui les a nommés, Esther doit justifier qu’elle possède un pouvoir suffisant de son époux Raymond Bourdages et de ses cohéritiers dans la succession de Blanche LeBlanc.
Le document des arbitres est daté du 3 août 1767. Cette pièce est importante puisqu’elle montre qu’Esther intervient personnellement dans une procédure concernant les intérêts de plusieurs héritiers, mais que son pouvoir pour représenter son époux et les autres cohéritiers doit être établi devant les arbitres. Il ne faut donc pas conclure, à partir de cette pièce seule, qu’elle disposait déjà de cette autorisation : le document indique précisément qu’elle doit en fournir la justification.
Le dossier comprend également un mandat d’assignation délivré par la Cour des plaidoyers communs afin de faire comparaître Michel Bonhomme, décrit comme habitant de L’Ancienne-Lorette, devant les juges de la Cour, à la Chambre du Conseil à Québec, afin qu’il réponde à la demande d’Esther LeBlanc, épouse de Raymond Bourdages. Le mandat est délivré par ordre de la Cour et porte la signature de D. Boisseau, greffier.
Une pièce anglaise du dossier confirme la transmission de l’assignation à l’avocat du demandeur pour qu’elle soit signifiée conformément aux instructions. Elle porte notamment la mention :
« Michel Bonhomme at Suit Esther LeBlanc wife to Mons. Bordge », ainsi que les indications de classement « 371 – Esther LeBlanc – wife of Bordage » et « Michel Bonhomme – 1767 ».
Cette affaire est particulièrement intéressante pour l’histoire de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc, car elle montre qu’Esther intervient activement dans le règlement des intérêts liés à la succession de sa sœur Blanche LeBlanc. Elle apparaît ici comme partie à une procédure judiciaire et comme représentante des intérêts de plusieurs cohéritiers, sous réserve toutefois de la justification de son pouvoir exigée par les arbitres.
Le dossier apporte également un élément intéressant sur les relations familiales : Michel Bonhomme est identifié comme le veuf de Blanche LeBlanc, ce qui permet de situer directement le litige dans le contexte de la succession de cette dernière. Il montre par ailleurs que le règlement de ces intérêts successoraux pouvait passer par la Cour des plaidoyers communs et par une procédure d’arbitrage, les arbitres étant chargés d’examiner les pièces produites par les parties avant que la Cour puisse statuer.
Les pièces actuellement examinées ne permettent toutefois pas de déterminer avec précision la nature de la demande initiale d’Esther contre Michel Bonhomme, ni le résultat définitif de la procédure. Elles établissent néanmoins clairement l’existence d’un différend lié aux intérêts de la succession de Blanche LeBlanc et les démarches entreprises par Esther pour les faire valoir.




Référence : BAnQ, Fonds Cour des plaidoyers communs, TP5,S1,SS1,D371, 6 février–3 août 1767. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4718391
Transcription
Page 1
Nous arbitres soussignés nommés par jugement rendu en la Cour des plaidoyers communs du district de Quebec Le vingt quatre juillet dernier, Entre Dame Esther LeBlanc épouse du Sieur Bordage faisant tant pour elle que pour ses autres frères et soeurs en la succession de feue Blanche LeBlanc sa soeur et Michel Bonhomme veuf de feue lad. Blanche LeBlanc. Après avoir vu et examiné les pièces produites par les dites
Page 2
parties, Notre avis est qu’avant de statuer sur la demande dont est question conformément au jugement susdatté, il est nécessaire que lad. Dame Esther LeBlanc épouse dud. Sieur Bordage justifie d’un pouvoir suffisant tant dudit Sieur Bordage son époux que de ses cohéritiers en lad. succession fait à Québec le trois août mil sept cent soixante sept. Signatures illisibles.
Page 3 — Mandat d’assignation
District de Quebec Cour des plaidoyers communs – Georges Trois Par la grace de Dieu Roy de la grande Bretagne France et d’Irlande défenseur de la Foy. &&&
Auprovost maréchal de la Province de Quebec ou à ses députés salut. Nous vous commandons d’assigner Michel Bonhomme habitant demeurant à L’Ancienne Lorette dans le district de Quebec, pour qu’il paroisse devant nos juges de la Cour des plaidoyers communs du district de Quebec qui se tiendra en la chambre du Conseil à Quebec sous le District di celuy le vingt deux juillet prochain neuf heure du matin pour répondre à la demande de la Dame Esther LeBlanc épouse du Sieur Bordage contenue en la requête de demande qui sera signifiée ce partie.
Et ayé alors cette citation comme pour répondre à votre (illisible) en témoignage l’honorable Adam Mabanne, et François Mounier Écuyers année de Notre Règne.
Par ordre de la Cour, D Boisseau, greffier
Page 4
I have given the plaintiff’s attorney a copy of the within summons with a written notification to be by him served to answers
Joseph Gridley D. P. Mass
Michel Bonhomme at Suit Esther LeBlanc wife to Mons. Bordge
371- Esther LeBlanc- wife of Bordage – Michel Bonhomme – 1767.
6. Cause entre Raymond Bourdages et Michel Bonhomme- 1769
Le 28 janvier 1769, Raymond Bourdages engage une procédure devant la Cour des plaidoyers communs du district de Québec contre Michel Bonhomme. Le mandat d’assignation ordonne de faire comparaître celui-ci devant les juges de la Cour, qui doivent siéger à la Chambre du Conseil à Québec, le 2 février 1769 à neuf heures du matin, afin qu’il réponde à la demande de Raymond Bourdage.
Le document fournit une indication intéressante sur la situation de Michel Bonhomme : celui-ci est décrit comme demeurant ordinairement à Montréal, mais se trouvant alors à L’Ancienne-Lorette. Cette information est importante, car elle montre que le demandeur ou les autorités judiciaires devaient tenir compte de ses différents lieux de résidence ou de présence pour assurer sa comparution.
Le mandat est délivré au nom du roi George III et porte la mention « Par ordre de la Cour », avec la signature du greffier D. Méru. La procédure est donc engagée officiellement le 28 janvier 1769.
Un acte de signification daté du 1er février 1769 précise les démarches effectuées pour joindre Michel Bonhomme. L’huissier indique avoir signifié et laissé une copie du mandat ainsi que de la requête au domicile de Nicolas Bonhomme, à L’Ancienne-Lorette, situé, selon le document, à quatre lieues de l’endroit où l’acte est établi. L’huissier s’adresse à l’épouse de Nicolas Bonhomme, qui lui déclare que son cousin Michel Bonhomme se trouve en ville.
Cette pièce montre concrètement les démarches entreprises pour signifier une procédure judiciaire à une personne qui n’est pas présente à son domicile. Elle permet également d’établir que Michel Bonhomme possède des liens familiaux avec Nicolas Bonhomme, chez qui l’huissier se rend pour tenter de lui transmettre la procédure.
Cette cause est particulièrement intéressante lorsqu’elle est mise en parallèle avec le dossier de 1767 concernant Esther LeBlanc et Michel Bonhomme. Deux ans auparavant, Esther LeBlanc, épouse de Raymond Bourdages et sœur de feue Blanche LeBlanc, avait engagé une procédure contre Michel Bonhomme, alors identifié comme le veuf de Blanche, dans le contexte de la succession de cette dernière. Le dossier de 1769 constitue toutefois une cause distincte, engagée cette fois directement par Raymond Bourdages.
Les deux dossiers montrent ainsi que Raymond Bourdages et Esther LeBlanc ont tous deux eu recours à la Cour des plaidoyers communs dans des procédures distinctes impliquant Michel Bonhomme. Toutefois, les deux causes ne doivent pas être présentées comme faisant nécessairement partie d’un même litige : les pièces actuellement examinées ne permettent pas encore d’établir avec certitude le lien entre la demande de Raymond en 1769 et la procédure successorale engagée par Esther en 1767.
La nature précise de la demande de Raymond Bourdages n’est pas encore établie par les deux pièces examinées. La requête mentionnée dans le mandat pourrait permettre de déterminer l’origine et le montant de la réclamation; il est donc préférable de conserver cette question ouverte plutôt que d’attribuer à cette cause une origine successorale ou commerciale sans preuve documentaire supplémentaire.


Référence : BAnQ, Fonds Cour des plaidoyers communs, TP5,S1,SS1,D675, 28 janvier 1769. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4718654?docref=jVW_Iob6IMNtqXRCGoKbwA
Transcription
Page 1
District de Quebec- Cour des plaidoyers communsGeorge Trois par la grace de Dieu de la Grande Bretagne, France, et d’Irlande et défenseur de la Foy.
Auprovost Maréchal de la province de Quebec illisible Députés salut. Nous vous commandons d’assigner Michel Bonhomme, demeurant ordinairement à Montréal, de présent à l’Ancienne-Lorette, pourqu’il paroisse devant nos juges de la Cour des plaidoyers communs du district de Québec, qui tiendra en la chambre du Conseil à Québec le deux février prochain neuf heures du matin, pour répondre à la demande de Raimond Bordage, comme ayant épousé Esther LeBlanc (illisible) qu’ils agissent, contenu en la requête de demande qui sera signifiée avec le présent, étagés a l’ord cette citation comme pour répondre a votre — du témoignage les honorables Adam Mabanne, de Rameoir Mounier écuyers juge de la cour donné à Québec dans la neuvième année de Votre Règne le vingt huit Janvier 1769.
En avant de la cour D. Meru[signature]
Page 2 — Acte de signification
675- Raymond Bordage vs Bonhomme 1769
Signifié et laissé copie du Warrant ainsi que de la Requête audit Michel Bonhomme au domicile de Nicolas Bonhomme de l’Ancienne Lorette, distant de quatre lieu ce en parlant à la femme dudit Nicolas Bonhomme qui m’a dit que son cousin Michel Bonhomme étoit en ville; ce jourd’hui premier février mil sept cent soixante neuf. Consunt [signature]
7. Procès entre Raymond Bourdages et Jean-Baptiste Grandmaison — 1768-1778.
En 1768, Raymond Bourdages, marchand demeurant à Lorette, entreprend une procédure devant la Cour des plaidoyers communs du district de Québec contre Jean-Baptiste Grandmaison, demeurant à Kamouraska, afin de recouvrer une créance.
Dans sa requête adressée aux juges de la Cour, Raymond Bourdages déclare qu’il lui est dû une somme de 133 livres et 18 shillings, argent courant. Il invoque à l’appui de sa demande une obligation du 28 mars 1757, un solde de billet du 22 juin 1757, ainsi qu’un compte de marchandises de 1759. Il demande que Grandmaison soit assigné afin d’être condamné à lui payer cette somme, avec les intérêts et les dépens.
La Cour autorise l’assignation. Un mandat daté du 7 juillet 1768 ordonne à Jean-Baptiste Grandmaison, demeurant à Kamouraska, de comparaître devant les juges de la Cour des plaidoyers communs, à la Chambre du Conseil à Québec, le 22 juillet 1768 à neuf heures du matin, afin de répondre à la demande de Raymond Bourdages.
L’acte de signification, daté du 9 juillet 1768, confirme que les démarches nécessaires ont été entreprises pour faire comparaître le défendeur. La pièce porte la mention « Bordage vs Grandmaison — 1768 ».
Le dossier contient ensuite un writ d’exécution délivré par la Cour des plaidoyers communs. Celui-ci ordonne au shérif du district de Québec de recouvrer auprès de Jean-Baptiste Grandmaison, sur ses biens meubles, effets, terres et immeubles, la somme de 64 livres et 19 shillings, argent courant de Québec, que Raymond Bourdages avait obtenue par jugement de la Cour lors d’une audience tenue dans le circuit de Kamouraska. Le document ajoute 1 livre de la même monnaie pour les dépens adjugés à Raymond Bourdages.
Le writ, daté du 19 février, dans la dix-huitième année du règne de George III, porte la signature de David Lynd, greffier. Il constitue ainsi un témoignage direct de l’intervention de Lynd dans l’exécution de cette procédure judiciaire.
Une annotation portée sur la pièce indique :
« Jugement du 8 aout 1768 — Bordage vs Grandmaison ».
Toutefois, la même pièce comporte également une mention anglaise indiquant :
« Judgement obtained the 8th August 1777 — A. Mabane ».
Ces deux mentions doivent être distinguées. Elles indiquent qu’un jugement du 8 août 1768 est associé au dossier, tandis qu’une autre étape judiciaire est explicitement datée du 8 août 1777. Les documents actuellement examinés ne permettent pas encore d’établir avec certitude la nature exacte de cette seconde intervention judiciaire ni son rapport juridique précis avec le jugement de 1768.
Le retour d’exécution constitue toutefois une pièce particulièrement importante. Le shérif Ja. Shepherd y déclare avoir, en vertu du writ, recouvré de Jean-Baptiste Grandmaison la totalité de la somme de 65 livres et 19 shillings, puis avoir remis cette somme à Raymond Bourdages pour sa dette et les dommages qui lui avaient été accordés. Cette somme correspond exactement aux 64 livres et 19 shillings de dette, auxquels s’ajoute 1 livre de dépens indiquée dans le writ.
Cette procédure est particulièrement intéressante pour l’histoire des activités de Raymond Bourdages. Elle le désigne explicitement comme marchand demeurant à Lorette et montre qu’il utilise différents instruments dans ses relations commerciales, notamment des obligations, des billets et des comptes de marchandises. Les documents font ainsi apparaître une relation commerciale remontant au moins aux années 1757–1759, dont le règlement judiciaire intervient plusieurs années plus tard.
La cause témoigne également de la persistance des démarches de Raymond Bourdages pour recouvrer ses créances. Les pièces conservées permettent de suivre une procédure qui commence par une réclamation de 133 livres et 18 shillings en 1768, puis aboutit à une exécution portant sur 64 livres et 19 shillings, plus 1 livre de dépens, finalement recouvrés auprès de Jean-Baptiste Grandmaison et remis à Raymond Bourdages.
La différence entre la somme initialement réclamée, 133 livres et 18 shillings, et la somme finalement exécutée, 65 livres et 19 shillings au total, n’est pas expliquée par les pièces actuellement transcrites. Il est donc préférable de ne pas en déduire une réduction particulière de la dette, un paiement partiel ou un règlement intervenu entre-temps sans retrouver les documents judiciaires qui permettraient de l’établir.






Référence : BAnQ, Fonds Cour des plaidoyers communs, TP5,S1,SS1,D570, 9 juillet 1768–11 juin 1778. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4718560?docsearchtext=bordage&docref=eyUQ1lcfwvCBUgCtiE6yMg
Transcription
Page 1- Requête de Raymond Bourdages
Aux honorables Juges de la Cour des Plaidoyers Communs du District de Québec
Supplie humblement Raimond Bordage marchand demeurant à Lorette: Disant qu’il lui est dû une somme de cent trente trois livres, dix huit schelings courant par le nommé Jean Bte Grand Maison – demeurant à Kamouraska, tant par son obligation du 28e mars 1757, que par un restant de son billet du 22e juin même année, et un compte de marchandises de 1759, et comme il ne tient aucun compte de satisfaire le suppliant qui a besoin de son dû, c’est ce qu’il l’oblige d’avoir recours à votre justice. Messieurs auqu’il vous plaise luy permettre faire assigner pour votre prochaine séance de la trinité ledit Grand Maison pour sirois condamné à payer au suppliant la somme de cent trente trois livres, dix huit schelings courant qu’il luy doit pour les montants de ses obligations—
Page 2- Fin de la requête et permission
billets et compte susdatté avec les intérest c’est (illisible) il conclut avec dépens et vous ferés justice. Signé: J. Bte. LeBrun
Permis pour faire assigner – A. Mabane
Page 3- Assignation / citation de Jean-Baptiste Grandmaison
District de Québec Cour des Plaidoyers Communs
George Trois, par la Grâce de Dieu, de la Grande Bretagne, France et D’Irlande, Roy Déffenseur de la Foy &&
Auprovost Maréchal de la Province de Québec ou à ses députés, Salut. Nous vous commandons d’assigner Jean Baptiste Grand Maison demeurant à Kamouraska, dans le District de Québec, pour qu’il paroisse devant Nos Juges de la Cour des Plaidoyers Communs du dit District, qui se tiendra en la chambre du Conseil à Québec le vingt deux de ce mois neuf heures du matin, pour répondre à la demande de Raimond Bordage, pour la somme de cent trente trois livres dix huit chelings courant, pour le montant de ses obligations, billets et compte — Et ayés alors cette citation comme vous réponds a votre péril.
En témoignage les honorables Adam Mabanne, et François Mounier Écuyers de la dite Cour, donné à Québec sept Juillet 1768 dans la huitième année de Notre Règne.
Par ordre de la Cour Signé: D. Meru?, greffier
Page 4- Acte de signification
J. Bte. LeBrun – Recd 9 July afternoon
Bordage vs Grandmaison – 1768
I have caused the within named defendant to be summoned to appear at time & place as I was commanded (illisible) N: Tessier Esq.
Jacob [illisible]
Page 5- Writ d’exécution
District of Quebec
George the Third By the Grace of God of Great Britain and the Territories thereunto Belonging King Defender of the Faith and so forth to the Sheriff of the District of Quebec GreetiAg, We command you that you cause to be made of the Goods Chattels Lands and Tenements of Jean Baptiste Grand Maison in your District of Quebec the sum of Sixty four pounds nineteen shillings current money of Quebec which Raymond Bordage by —consideration of our Judges of our Court of Common Pleas in this circuit Court held at the Kamouraska’s, recovered against him also one pound of like currency which was adjudged to the said Raimond Bordage for his costs laid out about his suit on that behalf whereof the said Jean Bte Grand Maison is (illisible) as appears to us of record and have that money before our said Judges at Quebec on Wednesday the (illisible) day of July next to render to the said Raimond for his debt and damages aforesaid, witness the Honble Adam Mabane Esqr one of our said Judges at Quebec the Nineteenth day of February in the Eighteenth year of our Reign.
David Lynd
Page 6- Jugement et retour d’exécution
Judgement obtained the 8th August 1777 A. Mabane
By virtue of this Writ to me directed I have levied of the within named Jean Baptiste Grandmaison the whole sum of sixty five pounds nineteen shillings which said monies I have paid to Raymond Bordage for his debt and damages within specified as by this Writ it is commanded.
Ja Shepherd Sheriff
Jugement du 8 aout 1768 – Bordage vs Grandmaison
8. Cause entre John Melvin & Meredith Welles et Raymond Bourdages — 1776.
En 1776, Raymond Bourdages fait l’objet d’une procédure devant la Cour des plaidoyers communs du district de Québec. Le mandat d’assignation le décrit comme « Raymond Bordage of the City of Quebec, Fisherman », c’est-à-dire demeurant dans la ville de Québec et exerçant alors le métier de pêcheur.
L’assignation est délivrée à la demande de John Melvin et Meredith Wells, tous deux de la ville de Québec. Elle ordonne au shérif de faire comparaître Raymond Bourdage devant Adam Mabane, Thomas Dunn et Claude Panet, juges de la Cour chargée d’entendre et de déterminer les causes civiles.
Le document précise que Raymond doit répondre à une action qualifiée de « plea of trespass on the case », pour une somme de 49 livres, 6 shillings et 6 deniers, en monnaie de Halifax. Il s’agit d’une forme d’action civile permettant notamment de réclamer une compensation pour un fait ou un manquement ayant causé un dommage. Les deux demandeurs sont donc clairement identifiés dans cette pièce comme John Melvin et Meredith Wells.
Le mandat est daté du 21 juin 1776 et fixe la comparution au mardi 25 juin 1776 à dix heures du matin, au Court House de la ville de Québec. Il est délivré « By the Court » et porte la signature de David Lynd, Clerk, greffier de la Cour. Le shérif Ja. Shepherd certifie ensuite avoir assigné Raymond Bourdages afin qu’il comparaisse et réponde conformément au mandat.
La seconde pièce est l’endos ou la couverture du dossier. Elle porte le numéro 1646 et identifie l’affaire sous la forme « Melvin & al M & W — Raymond Bordage — 1776 ». Elle confirme le classement de la procédure parmi les dossiers judiciaires de cette année.
Cette cause présente un intérêt particulier pour l’histoire de Raymond Bourdages, car elle fournit une indication précise de son occupation en 1776 : contrairement aux documents des années 1760 qui le désignent notamment comme marchand, cette assignation le qualifie de « Fisherman », soit pêcheur. Elle montre également qu’il réside alors dans la ville de Québec.
Le document fournit par ailleurs un exemple intéressant de l’emploi de la monnaie de Halifax dans les procédures judiciaires de Québec à cette époque. La somme réclamée est expressément fixée à 49 livres, 6 shillings et 6 deniers Halifax Currency.
Les deux pièces actuellement examinées ne précisent toutefois pas la nature du fait ou du différend à l’origine de l’action intentée par Melvin et Wells contre Raymond Bourdages. La formule plea of trespass on the case identifie la nature procédurale de l’action, mais ne permet pas, à elle seule, de déterminer ce qui s’est effectivement produit entre les parties. Il serait donc préférable de ne pas attribuer à cette cause une origine commerciale, maritime ou personnelle sans examiner les autres pièces du dossier.


Référence : BAnQ, Fonds Cour des plaidoyers communs du district de Québec, TL24,S1,D1646, 1776. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4902681?docsearchtext=Raymond+Bourdages
Transcription
Page 1 — Assignation
District of Quebec – George the third by the Grace of God of Great Britain & the Territories thereunto Belonging King Defender of the Faith & so forth To our Sheriff of our District of Quebec greeting We Command you that you summon Raymond Bordage of the City of Quebec Fisherman if he may be found in your District of Quebec to appear before the Honble Adam Mabane Thomas Dunn & Claude Panet Esqr. Judges of our Court for the Hearing & Determining of Civil causes to be holden at the Court House in the City of Quebec on Tuesday the twenty fifth Day of June next at the hour of ten in the forenoon to answer Messrs John Melvin & Meredith Wells of the City of Quebec of a Plea of trespass on the case for the sum of Forty nine Pounds six Shillings & a half penny Halifax Currency.
And have then there this summons Witness the Honble Adam Mabane one of our Judges of said Court at Quebec the 21st Day of June in the sixteenth year of our Reign(1776).
By the Court – David Lynd [Clerk]– I have summoned the above named Defendant to appear and answer as commanded.- Ja: Shepherd, Sheriff
Page 2 — Couverture du dossier
1646
Melvin & al M &W vs Raymond Bordage – 1776
9. Procès entre Raymond Bourdages et Joannis Chapadeau — 13 octobre 1779
Le 13 octobre 1779, Raymond Bourdages est impliqué dans une procédure devant la Cour des plaidoyers communs du district de Québec contre Joannis Chapadau (Chapadeau), habitant de la Baie des Chaleurs.
Le dossier, qui relève des matières civiles, ne permet pas de connaître la nature précise du litige. La notice de BAnQ indique qu’il comprend une décision de la Cour, mais aucun document numérisé n’est actuellement accessible dans la notice permettant d’en examiner le contenu.
Cette cause témoigne néanmoins des relations judiciaires de Raymond Bourdages avec des personnes établies dans la région de la Baie des Chaleurs, où ses activités commerciales et ses intérêts sont également documentés à cette période.
Procès entre Raymond Bordage, d’une part, et Joannis Chapadau (Chapadeau), habitant à la Baie des Chaleurs, à propos d’un litige inconnu – 13 octobre 1779
Référence: BAnQ, Fonds Cour des plaidoyers communs du district de Québec, TL15,S2,D1857, 13 octobre 1779, ID 397041. https://advitam.banq.qc.ca/notice/397041?state=eyJzZWFyY2hTdGF0ZSI6eyJwYWdlIjoxLCJzZWFyY2hUeXBlIjoiU0lNUExFIiwic2VhcmNoUGFyYW1zIjp7ImNyaXRlcmlhIjpbeyJuYW1lIjoidGV4dE5ldHRveWUiLCJzb2xyU2VhcmNoVHlwZSI6IkNPTlRJRU5UX1RPVVNfTEVTX01PVFMiLCJ2YWx1ZSI6ImJvcmRhZ2UiLCJvcGVyYXRvciI6ImV0In0seyJuYW1lIjoiY290ZUNvbXBsZXRlIiwic29sclNlYXJjaFR5cGUiOiJDT1RFX0lORkVSSUVVUiIsInZhbHVlIjoiYm9yZGFnZSIsIm9wZXJhdG9yIjoib3UifV0sImNvZGVzQ2VudHJlQXJjaGl2ZSI6W119fX0
Conclusion
L’ensemble de ces dossiers judiciaires apporte un éclairage concret sur la vie de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les documents montrent Raymond à différentes étapes de sa vie comme marchand, créancier et partie à des transactions commerciales, mais également comme défendeur dans une procédure judiciaire. Ils permettent notamment de documenter son implication dans le commerce des pelleteries, ses relations commerciales fondées sur des obligations, billets et comptes de marchandises, ainsi que ses démarches pour recouvrer les sommes qui lui sont dues.
Les causes révèlent également plusieurs aspects de son environnement économique. Les documents font apparaître des transactions portant sur des marchandises et des pelleteries de castor, des comptes de fournitures, des paiements effectués pour le compte d’autrui et des créances dont le règlement pouvait se poursuivre pendant plusieurs années. Les procédures judiciaires constituent ainsi des sources complémentaires aux actes notariés et aux autres documents commerciaux présentés dans les différentes sections de ce site.
Les dossiers concernant Esther LeBlanc montrent de leur côté qu’elle intervient directement dans les affaires judiciaires de la famille. Sa procédure contre Michel Bonhomme, veuf de sa sœur Blanche LeBlanc, est liée aux intérêts de la succession de cette dernière et met en évidence son intervention au nom des cohéritiers, sous réserve de la justification de son pouvoir devant les arbitres. Une autre cause de 1758 montre également la femme de Raymond Bourdage appelée à comparaître devant la Prévôté de Québec alors que son mari est absent.
Les documents permettent par ailleurs de suivre certains changements dans la situation de Raymond. En 1768, il est explicitement qualifié de marchand demeurant à Lorette; en 1776, un acte judiciaire le désigne comme « Raymond Bordage of the City of Quebec, Fisherman ». Ces qualifications, établies directement par les documents judiciaires, témoignent de différentes facettes de ses activités et de son établissement au cours de cette période.
Enfin, les procédures montrent que les relations commerciales et familiales de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc pouvaient donner lieu à des démarches judiciaires complexes, impliquant assignations, comptes, obligations, billets, arbitrages, jugements et actes d’exécution. Les dossiers permettent ainsi de replacer leurs activités économiques et familiales dans le cadre concret du fonctionnement de la justice au Québec au XVIIIe siècle.
Pris dans leur ensemble, ces documents constituent une source précieuse pour mieux comprendre les activités économiques, les relations familiales et sociales et les démarches judiciaires de Raymond Bourdages, d’Esther LeBlanc et de leur entourage. Ils complètent les actes notariés, les documents commerciaux, les dossiers fonciers et les autres sources d’archives présentés sur ce site.
Les recherches dans les archives judiciaires se poursuivent et les nouvelles causes et pièces qui seront découvertes viendront s’ajouter au dossier consacré aux activités judiciaires de Raymond Bourdages.
F- Activités commerciales et maritimes
Les documents réunis dans cette section illustrent les activités commerciales et maritimes de Raymond Bourdages entre 1751 et 1787. Ils permettent de mieux comprendre son rôle comme marchand, propriétaire de navires et entrepreneur en Acadie, à Québec et dans la baie des Chaleurs.
- 1- Certificats du Canada et billets de l’Acadie- 1750-1760
- 2- Enregistrement du sloop Adventurer- 1763
- 3. Enregistrement du sloop Casar- 1763
- 4. Licences de taverne- 1769, 1771
- 5. Enregistrement de la goélette L’Aimable Esther- 1775
- 6. Lettres de Joseph Pascaud à Raymond Bourdages concernant le commerce avec les Antilles- 1775
- 7. Déclaration Michel Pin- Capitaine Navire Aimable Esther- 26 Octobre 1775
- 8. Procuration de Raymond Bourdages pour Esther LeBlanc- 11 mai 1778
- 9. Correspondances de Charles Robin concernant Raymond Bourdages et Esther LeBlanc – 1778-1787
- 10. Déposition de Raphaël Dorval concernant le pillage des établissements de Raymond Bourdages — 1779
- 11. Contrat de mariage de Claude Landry et Hélène Dugas — 6 octobre 1770
- 12. Chaloupe La Vanturiere — Raymond Bourdage, maître, 5 mai 1763
1- Certificats du Canada et billets de l’Acadie, 1750-1760
On nomme billets d’Acadie les documents écrits par des personnes en autorité indiquant une valeur qu’on devra verser à une personne pour un service rendu ou un bien fournis. Ces billets ont valeur légal comme un billet de banque aujourd’hui. Pour une meilleur description lire le document des Archives nationales sur les billets.
Aux Archives nationales de France (AN), on trouve une source inédite touchant le Canada et l’Acadie dans les dix dernières années de la Nouvelle-France. Elle permet de retracer les achats de biens et services faits par l’État, surtout dans les régions excentrées de l’Acadie et des Grands Lacs. Les faits et gestes quotidiens de milliers de personnes sont ainsi consignés sur des certificats attestant des transactions effectuées. Dans des endroits où peu d’archives ont été conservées, ces éléments de la micro histoire prennent une valeur exceptionnelle.
En particulier, en faisant une recherche dans cette base de données, j’ai trouvé 3 billets concernant notre ancêtre Raymond Bourdages. En 1758, ces billets d’Acadie retrouvés dans les fonds des Archives nationales de France établissent la présence active de celui-ci dans les territoires de résistance acadienne. Les voici:
10 janvier 1758 — Rivière Saint-Jean
Raymond fournit 12 peignes de corne, contre un paiement en billets d’Acadie. Cela indique sa présence sur place et une activité commerciale ou logistique organisée.https://www2.banq.qc.ca/documents/archives/genealogie/bases_de_donnees/certificats_du_canada_billets_acadie/Bordereau_233.pdf (Page 326)
1er mars 1758 — Rivière Saint-Jean
Raymond livre une chaudière de cuivre destinée aux alliés autochtones. Les chaudières étaient des objets de valeur, souvent offerts en cadeaux diplomatiques dans les alliances franco-autochtone.https://www2.banq.qc.ca/documents/archives/genealogie/bases_de_donnees/certificats_du_canada_billets_acadie/Bordereau_71.pdf (Page 364)
10 octobre 1758 — Miramichi
Après la destruction des postes du Saint-Jean par les Britanniques à l’été 1758, les troupes françaises et les réfugiés se replient vers Miramichi. Raymond fournit alors 440 aunes de tissu de Mazamet et 41 couvertures de « quatre points » pour une somme considérable de 10 700 livres.https://www2.banq.qc.ca/documents/archives/genealogie/bases_de_donnees/certificats_du_canada_billets_acadie/Bordereau_150.pdf (Pages 598-599).
Bordereau de Certificats & Billets d’Acadie- 5 juin 1764
Le bordereau qui suit a été dressé à Québec le 5 juin 1764 et signé par Esther LeBlanc Bourdage, épouse de Raymond Bourdages. Il énumère plusieurs certificats et billets d’Acadie alors conservés par la famille, dont le billet no 1466 de 10 700 livres émis à Miramichi le 13 octobre 1758 pour des marchandises fournies par Raymond Bourdages au Révérend Père Germain à la rivière Saint-Jean. Ce document démontre qu’après la Conquête, ces créances étaient toujours détenues et considérées comme ayant une valeur, plusieurs années après leur émission durant la guerre de Sept Ans.

Transcription
Bordereau des Certificats et Billets d’Acadie que j’ay entre les mains savoir
N° 141. un certificat du 11 aoust 1758 du M. Poisset visé par M. de Boishébert du Miramichi pour une Esquif à Benjamin Alin qui a transporté un détachement au Port Toulouze de……………………………………… 1008 l.
571. Pour un dº. dº. du 18e aoust 1758 du même vizé d° pour 84 journées que Esquif LeRetif à Jean LeBlanc a été employé a transporter des vivres à Cocagne & ramener au Port Toulouze partie du détachement de M. de Boishébert……………………………………………………….. 1411 l. 4 s.
1466. pour un D° du 13e 8bre 1758 du même vizé ditto pour marchandises fourni par Sieur Bourdage au Reverend Pere Germain à la Rivière St. Jean de ……………………. 10700 l.
1803. pour un D° du 20e 8bre 1758 du même vizé ditto pour Ble dInde fourny par M. Bourgeois pour la subsistance des sauvages suivi le Certificat de M. de Niverville du 1er 8bre de la même année ……………………………………… 500 l.
Un Dº du 16 juillet 1759. Du M. Bourdon commandant à Ristigouche que la chaloupe LaSte anne a transporté LuNommé (illisible) Capitaine du St. Charles ayant fait naufrage a Lisle St.Jean ainsi que de famille de habitants l’Isle dans cedit poste.
Un Dº du 18 juin 1759 du même pour voyage que René LeBlanc a fait de Chipagan à Ristigouche chargé de famille.
Un Dº du 27e 7bre 1759 dumême pour un voyage que René LeBlanc a fait de Malpek à Ristigouche chargé de famille Cadienne.
Un Dº du 23e 7bre 1759 Dumême pour un Dº que René LeBlanc a fait de Malpek à Dº charge de legumes & Bestiaux pour les famille acadienne.
Un Dº 1er 7bre 1759 dumême pour un Dº que René LeBlanc a fait au Port Daniel pour y faire La Découverte.
Un Dº du 29e juillet 1759 dumême pour un voyage que René LeBlanc a fait du Camp de l’Esperance à Ristigouche pour Le Service du Roy.
____________ = 13619 -4
quebec Le 5e juin 1764./.
e’ l’ bourdage
Note: d° (ou D°) : abréviation de « du même » (idem), utilisée pour éviter la répétition des mots précédemment mentionnés.
2. Enregistrement du sloop Adventurer- 1763
Ce document atteste que Raymond Bourdages est nommé maître (Master) du sloop Adventurer, propriété du marchand John Marteilhe. Il témoigne de la confiance qui lui est accordée pour le commandement d’un navire marchand et de son implication dans la navigation commerciale dès son établissement dans la baie des Chaleurs.

Transcription
No: 1 Province of Canada
In pursuance of an Act made in the Seventh and Eighth of King William the Third, Intitled, an Act for Preventing Frauds, and Regulating Abuses in the Plantation Trade.
John Marteilhe Merchant of the City of Quebec in the Province of Canada, taketh Oath, that the sloop Adventurer, whereof Raimond Bordage is at present Master, being a round sterned vessel of the burthen of Fourteen Tons, or thereabouts, was built at Quebec in the year one thousand seven hundred and sixty two, and that he the Deponent is at present Paner thereof; and that no Foreigner directly or indirectly, hath any share, or Part, or Interest therein. Dated at the Custom House at Quebec the Fifth day of May 1763. (Signed) John Marteilhe
Which Oath aforesaid was made before us James Murray Esquire His Majesty’s Governor and Commander in Chief in and over the City of Quebec and the Territories depending thereon in America, and Thomas Ainslie Esquire Collector and Principal Officer of all His Majesty’s Customs within the Province of Canada.
(Signed) James: Murray; Thomas Ainslie Collector. Registered at the Naval Office (Signed) H. T. Cramahé Naval Officer
3. Enregistrement du sloop Casar- 1763
Ce document confirme que Raymond Bourdages est copropriétaire du sloop Casar avec Jean Cormier et Benjamin LeBlanc. Il témoigne de son établissement comme marchand et entrepreneur maritime dans la baie des Chaleurs, quelques années après son arrivée en Nouvelle-France.

Transcription
No. 64 Port of Quebec Province of Canada; Signed Murray
In pursuance of an Act made in the 7th & 8th year of the Reign of King William the 3rd entitled an Act for preventing fraud and regulating abuses in the Plantation Trade.
Raymond Bourdage taketh oath that the Sloop Casar of this Port, whereof Jean Cormi is at present Master, being a square Sterned Vessel of Thirty Tons of thereabouts, was built in Bonaventure in the Province of Nova Scotia in the year of Our Lord 1763, and that he the said deponent together with Jean Cormi and Benjamin La Blanc all of this City Traders are at present Owners therof, and that no Foreigners Directly of indirectly hath any share, or part, or Interest therein. Dated at the Customs House Quebec this 2nd day of November 1763. (Signed) Bourdage
Which Oath above said was made before us James Murray Esquire His Majesty’s Governor & Commander un Chief in and over the City of Quebec and the Territories depending thereon in America; and Thomas Ainslie Esquire Collector of Principal Officer of all His Majesty’s Customs within the Province aforesaid.
(Signed) Thomas Ainslie Collector; Charles Bains Comp. Registered at the Naval Office (Signed) H. T. Cramahé Naval Officer
4. Licences de taverne- 1769, 1771
À Venir…
5. Enregistrement de la goélette L’Aimable Esther- 1775
Ce document confirme que Raymond Bourdages et son épouse, Esther LeBlanc, sont copropriétaires de la goélette L’Aimable Esther. Il témoigne de l’importance prise par leur entreprise maritime et de leur participation au commerce entre la baie des Chaleurs, Québec et les Antilles.

Greffe du notaire Jean-Antoine Panet, Québec, 5 septembre 1778, Notice CN301, S205, Répertoire chronologique, année 1778, page 16 de 21.Consulté dans les collections numériques de BAnQ : https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3777525 FamilySearch, Québec, Québec, Canada, Notarial Records, 21 novembre 1776 – 10 mars 1779, image 2612 de 3346, Image Group Number 008884459, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-R3LX-B9M7-5?view=explore&groupId=TH-7764-100348-17011-19&lang=en
Transcription
Guy Carleton
Thos. Ainslie coll.
Thos. Scott Comp.
Sam! Phillips N off.
Port of Quebec Province of Quebec
In pursuance of an Act made in the seventh and eight of King William the Third entitled an Act for preventing frauds and regulating abuses in the plantation trade.
Esther Leblanc maketh oath that the ship the aimable Esther of Quebec whereof Michel Pin is at present master being a square sterned Schooner of seventy tons or thereabouts was built at tracadigouche in the Bay of Chaleurs this present year 1775 and that Raymond Bordage and this Deponent are at present owners thereof and that no foreigner directly of indirectly hath any share or part or interest therein.
Dated at the Custom House Quebec the eleventh July 1775. (signed) l’ b’ bourdage
Sworned before us Thos. Ainslie coll & Saml. Phillips N. Off.
There are to certify whom it may concern that the above register is recorded in this office. Given under our hands & seals of office the 26th August 1778.
Customs House Quebec (signed) Thos. Ainslie Coll.r & Tho. Scott Comp…
6. Lettres de Joseph Pascaud à Raymond Bourdages concernant le commerce avec les Antilles- 1775
Cette correspondance commerciale met en lumière les échanges entre Raymond Bourdages et le négociant Joseph Pascaud. Elle révèle l’intégration de son entreprise au commerce maritime entre la baie des Chaleurs, Québec et les Antilles.





Transcription
Lettre de Joseph Pascaud à Raymond Bourdages- 6 juillet 1775
M. Bordages à Quebec le 6me Juillet 1775.
Monsieur
Ayant été instruit par mes amis insi que par Madame votre Epouse que vous serié bien aise d’envoyer un batiment aux isles, surtout au Mole St. Nicolas St. Domingue dou votre épouse ma montré une lettre de votre ami marin Leblan que je conois bocoup. Je crois que dans les circonstances presentes vous be pouré mieux faire, la nagivation etant entierement fermée a la nouvelle Engleterre. Je suis informé que la farine tout poisson sallé tout bois a batir planches effentes merin cercles somon et enguilles huile a bruler, sont paye au poids de l’or ches nous. Je vous diray que jay une maison de comerce au mole et que si vous vouler adresser votre batiment a mes associez, vous pouvez conter que vous trouvairé une prompte expedition dans le retour de ce qui vous jugerez a propos. Faitte attention que tous les articles cy dessus mentionnes ont double de prix seulement depuis deux mois et qu’il ny a plus que le Canada qui puisse fournir aux isles leur besoin. Vous savé que St. Domingue est immense pour la consomation et que les sucres et melasse et taffias y sont bons et a un prix tres mediocre ce qui peut ne faire que de bonnes affaires.
Le nom de ma maison est à Mess. Pascaud Regnault & Létang Negociant au mole St. Nicolas isle St. Domingue. Si vous avez quelques amis qui ayent quelques cargaisons praitte avisé les daller dans ce pays la il y a dequoy employer vingt cargaisons a linstant meme de leur arrivée insi que de lot en abondence.
Je ne puis entrer dans un plus grand detail a cause du depart de votre batiment fait moi un mot de reponse a son retour icy affin que je puisse savoir vos sentiments a ce sujet parce que je vous donnerai des lettres pour mes associez si vous prené le parti d’envoyer au mole et vous conseille de le faire le plutôt possible.
J’ay l’honneur d’etre parfaitement Monsieur Votre tres humble et tres obeissant serviteur (signé) JCascaud
Lettre de Joseph Pascaud à Raymond Bourdages- 1 Septre 1775
A Mr. Bourdage Québec 1 Sept.re 1775
Monsieur
Pour répondre a lhoneur de la votre du 4 aoust je suis charmé dapprendre que les propositions que je vus ai fait vous soyent agreable et que vous continué dans les sentiments de faire des envoye au Mole St. Nicolas. Je vous suis aussi obligé de la bonne confiance que vous avez dans notre maison la bas. Soye persuade Monsieur que justice vous sera faitte et que tout sera terminé a votre plus grand avantage, le tems paroissant dautant plus favorable que nous venons de recevoir des nouvelles par le Cap.ne MaKnille comandant pr Mr Dromond il nous assure que le poisson vaut de 36 a 40 shiling et toutes sortes de provisions si rares que lon a mis un embargo a la Dominique et que les vaisseaux de guerre autour des isles Englaises arettent tous les batiments Englais chargé de vivres et les forcent de vendre leurs cargaison dans ces isles sur lesquelles provisions on a mis un prix reglé. Vous voyé par la qu’il n’y aurait point d’avantage d’envoyer votre batiment de ce coste la. Je vous conseille de faire toute dilligence pour l’acheminer pour ches nous. Vous avez cy inclus des lettres pour mes associez que je vous prie de recomender a votre Capitaine elles instruisent ces Mess de la confiance que vous avez en eux et les engage a trouver du fret pour votre batiment pendant le séjour qu’il sera obligé de faire au mole enfin de menager vos interets comme les notres propres, il convient que vous leur écriviez aussi pour leurs done avis de vos intentions sur la vente de vos effets et sur le retour que vous demande affin que toutte dilligence soit faitte. Ecrivé moy par la pres— occasion pour icy lorsque votre batiment sera party de lapée des Chaleurs sil y a quelque chose icy pour votre service vous pouvez conter sur moi ayant l’honneur d’être bien sincerement Monsieur
Votre tres humble & tres obeissant serviteur (signé) Joseph Cascaud
Mr. Ponpanon habitant du mole que j’ai conu pendant mon sejour là part pour ches nous dans votre batiment je vous recomende d’avoir soin de lui et de la traiter comme une personne pour qui je m’interesse et de lui procurer le passage dans votre batiment qui j’espere va au mole St. Nicolas c’est surquoi je conte sans quoy Mr. Ponpanon est chargé de mon paquet pour ma maison au mole.
Je dois vous avertir par les nouvelles que nous a doné le Capne MaKnille de la Martinique qu’il y a un Embargo a la Dominique et que les fregattes qui croisent dans ces parages arrettent tous les batimens Englais chargé de provisions et les conduisent dans les isles Englaises ou ils sont oblige de vendre leur marchandises au pris quils ont fixé dans leurs collonies. C’est pourquoy je vous conseille d’avertir vos amis de ne point envoyer leur batimens allieur que chez nous étant a labry de ces sortes d’imposition.
(Au dos est écrit:) A Monsieur Monsieur Bourdage bée des chaleurs
7. Déclaration Michel Pin- Capitaine Navire Aimable Esther- 26 Octobre 1775
Cette déclaration du capitaine Michel Pin concerne un voyage commercial de L’Aimable Esther à destination du Môle Saint-Nicolas, dans l’île de Saint-Domingue (Antilles). Elle constitue un témoignage direct des activités commerciales de Raymond Bourdages avec les Antilles.


Transcription
R B
53 Boucaud de morue
827 quinteau idem
16 quart, 1 barique, & 2 barils huille
3 quard macreaux
2 idem Enguilles
2 idem Somon
7 barils neauve
1 quard capillaire
10 quard farinne
103 boucaud en bottes
3000 feuillard
137 planches
2500 bardeaux
Je Michel Pin demeurant à Quebec Maitre après Dieu du navire nommé Laimable Esther du port de 70 tonneaux ou environ, étant de présent à Bonaventure pour du premier tems qu’il plaira à Dieu envoyer, aller en droite route au Molles St. Nicolas isle St. Domingue confesse avoir recu et chargé dans le bord de mondit navire, sous le franc tillac dicelui, de vous Raymond Bourdages de Bonaventure cinquante trois boucaud de morue seche huit cents vingt sept quintaux idem en gravier saisi quand une baraque deux barils huile de morue trois quart de macreaux deux idem Enguilles deux idem somon sept barils de neauve de morue un quart de capillaire, dix quart de farinne cent trois boucaud vides en botte trois mille feuillard cent trente sept planches deux mille cinq cents bardeau le tout bien conditionné & marqué de la marque mise a la marge: lesquelles marchandises je promets & m’oblige de mener & conduire dans bondit navire, sauf les perils & fortunes de la mer, audit lieu de St. Domingue et là les délivrer à Messieurs Regnault & LEtang le fret etant payé par ledit Raymond Bourdages avec les avaries, aux us & coutumes de la mer. Et pour ce tenir & accomplir, je m’oblige corps & bien avec bondit navire, fret & appareils d’celui. En temoin de verité j’ai signé quatre connoissemens d’une teneur, l’un accompli, les autres de nulle valeur. Fait à Bonaventure ce 26 octobre 1775; que dit être (signé) M. Pin.
8. Procuration de Raymond Bourdages pour Esther LeBlanc- 11 mai 1778
Par cette procuration, Raymond Bourdages confie à son épouse Esther LeBlanc le pouvoir d’agir en son nom dans ses affaires. Ce document témoigne de l’organisation de ses activités commerciales et de la confiance accordée à son épouse dans la gestion de ses intérêts.

Transcription
Je donne un plain pouvoir a ma femme d’agir a mon lieu et passe a Quebec ce 11è May 1778 (signé) Bourdages
9. Correspondances de Charles Robin concernant Raymond Bourdages et Esther LeBlanc – 1778 – 1787
Ces quatre correspondances de Charles Robin, datées de 1778 à 1787, apportent des renseignements directs sur Raymond Bourdages, son épouse Esther LeBlanc et leurs affaires commerciales et maritimes.
Elles témoignent de leurs relations avec Charles Robin, de leurs activités commerciales, de leurs liens avec le commerce des Antilles, des bâtiments qu’ils possèdent ou utilisent, ainsi que de la situation de la famille Bourdages après le décès de Raymond.
a) Charles Robin à George Allsopp — Paspébiac, 18 août 1778

Source : Musée de la Gaspésie, Fonds Robin, Jones and Whitman, P8/1/1/2/52.
Transcription
George Allsopp Esq. Quebec. Paspébiac 18th August 1778.
My last respects are of 5th Inst: to which I refer. Am since deprived of yr part. I am afraid some thing fatal prevents it, Times will not admit I should be particular at our projects. I hope to acquaint you thereof hereafter, however I cannot help telling you that after having put about five tons Oyl onboard W. Smith brig then & received a letter from him of 15 Inst. telling me he was coming down to this place that day for me to load her, instead of her I received another letter of same day acquainted me he has retarded the sending of S- Brig upon serious reflections until he or I should hear from Quebec, & if his vessel did not come down, he would load her himself. I have an Instrument: mutually signed & several of his letters sufficient to show the vessel was mine to all intents & purposes, if none of his vessels should arrive it will be the means of my leaving behind near 2500 Qls fish. I have protested against him what the consequence will be I know not. I have his Master’s receipt for what I had already shipped. — The present is for advice that I have this day valued on you as at sight which by you will honour: & pay the amount. I shall not be able to remit you anything from hence this Season for your Government. I have paid £50: – 9s:- 6d to the people you had engaged for me & Captn Fainton I suppose about £25:-:- in cash. I had an account five days ago of two small Privateers cruising off the entrance of the Bay, & another has has taken last week two small fishing Schooners there, one whereof belonged to Monsr. Bourdage. They sent back the smallest with the Prisonners after having plundered her of cables & anchors, & sent off the two others, that of Mr. Bourdage is gone. The Bee is all rigged with forty men continually onboard- 16 six pounders mounted & the Vessel in actual state of defence. My people are determined to try what may come, her close quarters are & will be kept clear & we shall be eighty men onboard. We are much upon our guard day & night against surprises of any kind, being all what occurs at present I am with very sincere regard.——
Pierre de L’Aur 15 days sight Living 143: 15: 0. Joseph LaMarre 00….. 256: 5: Joseph Roussin 00…… 95: 10:_Aug: 25: — Living 495: 10: — Antoine Tanguy. 15 days sight… 75: —: — Joseph Boutet… 00…. 149: —: — Frances Gaudin.. 00…. 75: —: —Living 295: —: — Ch: Noraist 30 days’ sight. Quebec 67 £ 39: 14: — Louis LaPointe 15 days’ 00 …….. — 7:_August 29th: ———- £ 46: 14: —Lewis Paraute 10 days’ sight Quebec 67 £ 8: 18:0
_________________________________________
Cette lettre est rédigée dans le contexte de la guerre d’Indépendance américaine et décrit les difficultés auxquelles sont confrontés les commerçants et armateurs de la baie des Chaleurs.
Charles Robin rapporte notamment que deux petites goélettes de pêche ont été capturées par des corsaires américains. L’une d’elles appartenait à M. Bourdage. Elle fut dépouillée de ses câbles et de ses ancres avant d’être envoyée au large avec les autres prises.
La lettre montre donc que Raymond Bourdages possède alors des intérêts dans la pêche et le transport maritime et que ses activités sont directement exposées aux risques liés à la guerre.
Robin décrit également l’état de défense de son propre établissement : le navire Bee est armé de 16 canons de six livres, avec environ 40 hommes à bord, tandis que ses installations sont maintenues en état de défense contre les attaques et les surprises.
b) Charles Robin à Raymond Bourdages — Paspébiac, 21 septembre 1786

Source : Musée de la Gaspésie, Fonds Robin, Jones and Whitman, P8/1/1/2/48.
Transcription
Monsieur Raymond Bourdages à Bonaventure. Paspébiac 21 Septr. 1786.
Come j’apprends que le nom Firmain Bugeauld vat partir sur votre Vaisseau pour les Isles: Jai crut qu’il était a propos de vous prévenir que cet home me doit & que si vous le sortez de la Province vous vous rendez responcible de sa dette. Vous ne pouvez sortir personne du Pays sans passeport du Gouverneur ou de son Secrétaire. Si vous avez besoin de cet home vous navez qu’a me payer ce qu’il me doit & ensuite je leverai l’Arret logé au Gouverneur contre sa sortie. NB le dit Sr Bugeauld me devoit l’année passée 21.6l. Je pense qu’il devroit pas plus cet année & s’il veut me ceder une vache je la prendrai & payez sil vous plait le reste.
______________________________________
Cette lettre concerne directement Raymond Bourdages à Bonaventure. Charles Robin apprend que Firmin Bugeauld doit partir sur le navire de Bourdages à destination des Antilles (« the Isles »). Robin prévient Raymond que Bugeauld lui doit de l’argent et qu’il ne peut quitter la province sans l’autorisation du gouverneur ou de son secrétaire.
Robin précise que Bugeauld lui devait déjà 21 livres 6 sols l’année précédente et lui propose de régler cette dette, éventuellement en acceptant une vache en paiement partiel.
Cette correspondance confirme donc que Raymond Bourdages prévoit ou organise des voyages vers les Antilles et qu’il dispose d’un navire engagé dans ce commerce.
c) Charles Robin à Robert Lester Paspébiac, 23 juillet 1787

Source : Musée de la Gaspésie, Fonds Robin, Jones and Whitman, P8/1/1/2/3/6.
Transcription
Robert Lester Esquire, Quebec Paspébiac 23 July 1787.
I am favoured with yours of 23 past & note its contents. The present serves principally to cover my Rem. of £45 Stg. on John Fiott Esqr. of London at sixty days sight to your order for the amount of you draft of £50Cy on Madme Bourdage Ex V. at par; your Approbation of this Transaction of mine will be agreeable, I will advise Mr. Fiott thereof in August by a Vessel of ours via Lisbon for your Government. Mr. Bourdage returned from the W. Indies in the spring very ill, after an unsuccessful voyage he had a small cargo of rum & molasses, poor man after a lingering sickness departed this life on the 18 Inst. Before his death he had directed his Wife to consult me regarding his affairs. I have attended on the widow & have advised her to load again the Vessel & send her up to Quebec to be sold with her cargo which must amount I suppose to £600 & perhaps much more as I know not the contents thereof. It will be a charity in you to advise the deceased’s children how to proceed & to enable them to make the most of it, there being a numerous family left, after the debts paid with I believe not a very great capital, the poor woman is very much distressed & wants friends. I have not the least doubts of their going up by & by in consequence of my Advice which should they slight must turn much to their disadvantage, for it will not be in their power to realize that property in this country. On the contrary it will be lost if not removed.
N.B: Should you be under the necessity to appoint any person here to act concerning your affairs with the Estate of the late Mr. Bourdage, you would not depend upon me, my own business being more than a sufficient task.
_________________________________-
Cette lettre est particulièrement importante pour connaître les derniers mois de Raymond Bourdages et la situation d’Esther après son décès.
Charles Robin indique que Raymond était revenu des Antilles au printemps 1787, très malade, après un voyage qui n’avait pas réussi. Il avait néanmoins rapporté une petite cargaison de rhum et de mélasse.
Robin ajoute que Raymond, après une « lingering sickness », c’est-à-dire une maladie persistante, décéda le 18 juillet 1787 selon cette lettre.
Avant sa mort, Raymond avait demandé à son épouse Esther de consulter Charles Robin au sujet de ses affaires. Après le décès, Robin indique qu’il a effectivement conseillé la veuve et lui a recommandé de recharger le navire et de l’envoyer à Québec afin qu’il y soit vendu avec sa cargaison. Il estime la valeur de cette cargaison à environ 600 livres, peut-être davantage, ne connaissant pas encore son contenu exact.
Robin décrit également la situation de la famille : une nombreuse famille est laissée derrière, avec, après paiement des dettes, un capital qu’il croit peu important. Il décrit Esther comme très éprouvée et ayant besoin d’amis et de soutien.
Il recommande enfin à Robert Lester d’aider les enfants de Raymond et Esther afin qu’ils puissent tirer le meilleur parti des biens laissés par leur père, car Robin estime que cette propriété risque de perdre sa valeur si elle n’est pas déplacée hors de la région.
d) Charles Robin & Co. à Jersey Paspébiac, 15 septembre 1787

Source : Musée de la Gaspésie, Fonds Robin, Jones and Whitman, P8/1/1/2/3/19.
Transcription
Messrs. Charles Robin & Co. Jersey- Paspébiac 15 Sept. 1787.
The foregoing are Copies of my last respects wh. I know confirm, the present goes for Mr. Messervy who by this early season has settled all his affairs & is at the Eve of his departure. My Business is very far from being in that state of forwardness. The St. Peter has now on board 381 Tierces & 3 bls salmon with 2100 qls fish for Leghorn & the St. Lawrence 240 Tierces salmon & 500 qls large fish for Bilbao. I have sent more salmon that I first intended on board of her, by which means the chief part of her cargo will be large fish & that perhaps will enable me to ship a few hundred Quintals fish on board. The Hitton, I expect to have 250 Tierces salmon for her, part whereof is already here & the remainder will I hope soon come. I have now in store 800 qls small white fish which if it is in my power I will reserve for her & I hope this post will furnish me 200 qls more fall fish for her also if she returns safe. I have also in store the Maggot’s cargo of infr. fish for Ribadeos. I think she’ll carry near 500 qls. Saml. Le Fieuvre is to carry her home. As for the Aurora if she returns wh. ought to be soon, I shall have nothing to put on board except about twenty hods oyl & the skins & peltries I think I shall have near 3000 morse skins & a few more pelteries than last year. Should I be disappointed of that Vessel I should be under the necessity of purchasing a Schooner of about 50 Tons built in Caraquet, now the property of Mad. Bourdage. She has made only one voyage to the West Indies of course her materials are good. I could get her for £200 Cy —— a small part payable in goods. Duthies Schooner with my assistance might be finished but she’ll carry very little more & is at £300 Truck ready to receive her sails. She is too dear & there would be a risk of being too late. I shall have besides the Maggot’s cargo two or three hundred Quintals infr. Fish which I intend to put onboard the Hitton under the cabbin & send her to Cales where it might be disposed of by the Captain to the St. Mary’s Boats & others, it’s not worth sending that vessel further with that trifling cargo, besides I should like if possible she was……
_______________________________
Cette correspondance, écrite deux mois après le décès de Raymond, apporte de nouveaux renseignements sur Esther et les intérêts maritimes laissés par son époux.
Charles Robin explique que, s’il ne peut disposer d’un autre bâtiment, il devra envisager l’achat d’une goélette d’environ 50 tonneaux construite à Caraquet, qui est alors la propriété de Madame Bourdage, c’est-à-dire Esther.
Il précise que cette goélette n’a effectué qu’un seul voyage aux Antilles et considère donc que ses matériaux doivent encore être en bon état. Il estime pouvoir l’acquérir pour 200 livres courantes, une petite partie du prix pouvant être payée en marchandises.
Cette lettre confirme ainsi qu’Esther Bourdages possède encore un bâtiment maritime après la mort de Raymond, bâtiment ayant déjà été utilisé dans le commerce avec les Antilles.
La lettre situe également les affaires de Robin dans un vaste réseau maritime : expéditions de saumon et de poisson vers Leghorn (Livourne), Bilbao, Ribadeo et Cadix, ainsi que commerce des peaux de morse et autres pelleteries.
Conclusion
Ces quatre correspondances constituent un ensemble particulièrement intéressant pour documenter les activités commerciales et maritimes de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc.
Elles montrent Raymond comme un commerçant engagé dans la navigation et la pêche, disposant de bâtiments et participant au commerce avec les Antilles. Elles montrent également que ses relations commerciales avec Charles Robin se poursuivent jusqu’aux dernières années de sa vie.
La correspondance de juillet 1787 apporte surtout un témoignage exceptionnel sur sa fin de vie : Raymond revient des Antilles au printemps, très malade, après un voyage infructueux et avec une petite cargaison de rhum et de mélasse. Il souffre ensuite d’une « lingering sickness » jusqu’à sa mort en juillet 1787.
Après son décès, Esther prend en charge les affaires laissées par son mari et consulte Charles Robin conformément aux dernières volontés de Raymond. La correspondance révèle également la situation difficile de la veuve et de sa nombreuse famille, ainsi que l’existence d’un patrimoine maritime qui comprend notamment une goélette d’environ 50 tonneaux construite à Caraquet et appartenant alors à Esther.
Ces lettres apportent donc un éclairage complémentaire aux actes notariés, aux registres et aux documents maritimes, en permettant de suivre Raymond Bourdages et Esther dans leurs activités commerciales, leurs relations avec Charles Robin, leur commerce avec les Antilles et la transition des affaires familiales après la mort de Raymond.
10. Déposition de Raphaël Dorval concernant le pillage de l’établissement de Raymond Bourdages — 1779
Cette déposition de Raphaël Dorval, employé de Raymond Bourdages à Caraquet, rapporte que le 22 mars 1779, seize Micmacs résidant à Ristigouche, Pokemouche et Miramichi pillèrent l’établissement de Raymond et emportèrent environ 12 000 livres de marchandises. Ils justifièrent leur action en invoquant la guerre et en montrant une proclamation de Charles-Henri, comte d’Estaing, vice-amiral de France. La déposition fut reçue à Québec le 3 août 1779, devant Th. T. Cramahe.

Archives acadiennes de l’Université de Moncton, Papiers Placide Gaudet, I.32-27.
Déposition de Raphaël Dorval, reçue à Québec le 3 août 1779.
Transcription
1779– Deposition of Raphaël Dorval
Raphaël Dorval of the Bay of St Paul, by birth a Canadian who wintered at Caraquet in the Bay of Chaleurs, where he was employed by Mr. Raimond Bordage, declareth that on the 22nd day of March last, sixteen Micmacs of these residing at Ristigouche, Pokemouche and Miramichi, came to the house where he lived, inhabited by one Charles Poirié, headed by Michel Cahoute, son of the Chief of Ristigouche, plundered him and took to the amount of about twelve thousand livres worth of merchandise, the said Micmacs alleging war was declared, showed him Monsieur D’Estaing’s proclamation in Print, and to another person Alexis Landry from whom he had it. Three belts, which the said Cahonite brought down from Boston, purporting that war was declared and they had liberty to plunder wherever they want; moreover when he saw the Micmacs at Bic in July last they told him they intended going to hunt upon the North Shore at our inane or oakipitonegane. He saw non amongst these of these who plundered him at the Bay des Chaleurs.
Raphaël Dorval
Swore before me at Quebec
This 3rd Aug. 1779. Th. T. Cramahé
11. Contrat de mariage de Claude Landry et Hélène Dugas — 6 octobre 1770
Le contrat de mariage de Claude Landry et Hélène Dugas, reçu à Québec le 6 octobre 1770, fournit plusieurs renseignements importants sur l’entourage maritime de Raymond Bourdages. Le contrat identifie Claude Landry comme navigateur, demeurant à Québec « chez Monsr. Bourdage ». Il indique également que Charles Dugas, père d’Hélène, est « constructeur de bâtiment de navire » et demeure lui aussi chez Monsieur Bourdage. Esther LeBlanc Bourdages est présente lors de la signature du contrat et y appose sa signature; Raymond Bourdages ne signe pas l’acte.
Le lien professionnel entre Claude Landry et Raymond Bourdages est précisé par Philippe Sylvain dans Les Cahiers des Dix. Selon cette source secondaire, Claude Landry, revenu au Canada vers 1760, était en 1770 « à l’emploi de Raymond Bordages comme navigateur ». Sylvain indique également qu’après son mariage à Québec, le 16 octobre 1770, Claude Landry alla s’établir à Tracadièche, dans la baie des Chaleurs.
Le contrat constitue ainsi un témoignage particulièrement intéressant sur le réseau maritime de Raymond Bourdages vers 1770 : un navigateur employé par Raymond et un constructeur de bâtiment de navire résident alors chez lui à Québec. Il montre également que la famille Bourdages-LeBlanc demeure directement liée à Québec à cette époque, alors que Raymond développe depuis plusieurs années ses activités commerciales et maritimes dans la baie des Chaleurs. Le parcours de Claude Landry — navigateur à l’emploi de Raymond à Québec, puis établi à Tracadièche après son mariage — ouvre une piste intéressante sur la circulation des hommes et des compétences maritimes entre Québec et les établissements de Raymond dans la baie des Chaleurs.

Contrat de mariage entre Claude Landry et Hélène Dugas, 6 octobre 1770
Microfilm 16 mm, filmé par la Genealogical Society of Utah en 1999 à partir des originaux conservés aux Archives nationales du Québec à Sainte-Foy.
Image 2072 de 3340.
Transcription — Contrat de Mariage page 1(Image 2072 de 3340)
6 octobre 1770 entre Claude Landry et Hélène Dugas (Nt 2118)
Par devant les Notaires publics à Quebec soussignés, furent présents Claude Landry Navigateur demeurant en cette ville chez Monsr. Bourdage, fils de défunts Joseph Landry et Dame Jeanne Robichaux pour lui et en son nom et de son consentement d’une part, et Sr. Charles Dugas Constructeur de Batiment de Navire demeurant
en cette dite Ville chez Monsr. Bourdage, stipulant pour Dlle. Hélène Dugas sa fille, lesdits avec son père aussi pour elle et en son nom, au présent [et] de son consentement d’autre part ;
Lesquelles parties en la présence et de l’agrément de leurs parents et amis cy après nommés, sçavoir de la part du futur époux du Sieur Florent Landry son frère et du Sieur Alexis Binet son ami, et de la part de la future épouse du Sieur Charles Lambert, et Dame Esther LeBlanc ses amis, ont fait entre elles les accords et conventions de mariage qui en suivent, c’est à savoir que les dits futurs époux ont promis et promettent par ces dites présentes se prendre l’un et l’autre pour mary et femme par nom et loy de mariage et icelui faire célébrer et solemniser sous la face et sous la licence de Notre mère la sainte Église catholique apostolique et Romaine, le plus tôt que faire se pourra et qu’il sera avisé et délibéré entre eux leurs dits parents et famille.
12. Chaloupe La Vanturiere — Raymond Bourdage, maître, 5 mai 1763
Ce document maritime identifie Raymond Bourdages comme maître de la chaloupe La Vanturiere, une embarcation de construction canadienne de 14 tonneaux, enregistrée au port de Québec le 5 mai 1763 et naviguant avec un équipage de quatre hommes. Le document donne également le détail de la cargaison transportée, comprenant notamment des pelleteries — castors, loutres, renards, carcajous et loups-cerviers — ainsi que des pierres de castor, de l’os de baleine, du sel et du poisson. Ce registre constitue un témoignage documentaire de l’activité de Raymond Bourdages comme maître de navire et marchand engagé dans le commerce maritime et la traite des pelleteries dans la région de la baie des Chaleurs.


Source : Bibliothèque et Archives Canada, RG 4, série A3, dossier « Enteries », page 25.
Transcription
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26th September 1763- Chaloupe La Vanturiere Raimond Bourdage Masterfrom the Bay of Chaleurs, Burthen Fourteen Tons no guns, Navigated with four Men, Canadian built, Registered at Quebec 5th May 1763, having on Board vizt:
five
Eighty ft: of Trices (lecture incertaine)
One hundred five Martins
one Pecand
Sixteen Foxes
Twenty one Otters
Three Carcajous
Page 2
Continued
five Loup-cerviers
Sixty Pound Beaverstones
One hundred forty five Pieces of Whalebone
Three lbs & half salt
Two quintals dry cod
fifty couple green Cod
Three hundred fifty Pound Beavers
G- Réclamations des terres à Bonaventure (1762-1836)
La section G – Réclamations des terres à Bonaventure (1762–1836) rassemble les principaux documents d’archives relatifs aux démarches entreprises par Raymond Bourdages, sa famille et les habitants de Bonaventure afin de faire reconnaître leurs droits de propriété sous le régime britannique. On y trouve notamment des lettres, pétitions, mémoires, décisions du Comité des terres, cartes et autres documents officiels qui retracent l’évolution de ces réclamations. Cette section sera enrichie au fur et à mesure de l’avancement des recherches par l’ajout de tout nouveau document permettant de mieux documenter cette importante période de l’histoire de Bonaventure.
- 1. Raymond Bourdages- Lettre à Guy Carleton, le 7 septembre 1786
- 2. Louis Bourdages- Lettre à Guy Carleton, 17 décembre 1787
- 3. Louis Bourdages-Mémoire-Comité des Terres, Québec, 11 jan 1788
- 4. Louis Bourdages-Lettre au Comité des Terres, Québec, 14 juill 1788
- 5. Louis Bourdages- Lettre à Guy Carleton, 21 septembre 1788
- 6. Habitants de Bonaventure- Lettre à Guy Carleton, 5 avril 1789
- 7. Pétition des habitants de Bonaventure: Louis Fromenteau à Guy Carleton le 18 février 1791
- 8. Louis Bourdages- Lettre à Guy Carleton le 21 mars, 1791
- 9. Samuel Holland- Concession à Bonaventure le 12 août 1766; Plan Canton Hamilton(Bonaventure)- 20 avril 1892; Lettre adressée au Comité des Terre de Québec renonçant à ses prétentions sur les terres de Raymond Bourdages et d’autres habitants de Bonaventure- le 29 mars 1796; et Liste des habitants établis sur les terres réclamées par Hugh Findlay, John Collins, et Samuel Holland (1796).
- 10. Veuve Esther Bordage- Pétition du 22 juillet 1796 & Décision du Comité des Terres à Québec octroyant les terres à la famille Bourdages le 5 août 1796.
- 11. Réclamations des Bourdages- Annexe E (1825)
1. Raymond Bourdages- Lettre à Guy Carleton, le 7 septembre 1786




Transcription- 23371 à 23373
7 Sept 1786
À son Excellence Monsieur Guy Carleton Gouverneur général et commandant en chef des États de la Grande Bretagne, dans l’Amérique du nord
En conséquence d’une proclamation emanée de la cour d’Angleterre l’an 1760(1 ou 2), permettant à tous les acadiens de s’établir dans la baie des chaleurs, je pris la résolution l’an 1762 de venir m’y établir. Je trouvai beaucoup de misère parmi les habitants qui s’y étaient établi depuis plusieurs années. Je fixai aussitôt un établissement pour ma famille. Quoique le commerce que j’entrepris parut encourager ces infortunés habitants; cependant je voisis toujours une certaine misère qui ne venoit que du peu d’encouragement qu’ils avoient à cultiver des terres qui avec un peu d’aide pourroit suffit à leurs subsistance. Je les encourageai de tout mon pouvoir à ouvrir leurs terres; mais ils me représentèrent clairement qu’en vain ils entreprendraient de si pénibles travaux s’ils n’étoient secouru de quelqu’un. Je m’offris à leur besoin; alors je vis avec satisfaction plusieurs habitants travailler avec courage à leurs terres. Cependant tandis que je m’efforçois par mes encouragements à rendre ces misérables heureux, la fortune ne cessait de me poursuivre malicieusement. Combien il y en a-t-il qui ne m’ont connu que par les fréquents malheurs qui m’ont arrivé dans la baye des chaleurs. Mais rien ne put me détourner de mon établissement. Après plusieurs années de culture des terres recueillant passablement de grains les habitants me dirent que s’ils n’avoient autant moyens de fourretter…
leurs froments en farine, leurs travaux leurs seroient inutiles. Enfin ils me pressèrent d’entreprendre un moulin sur une petite rivière qui se trouve sur mon établissement. Avant de faire un pas d’une telle conséquence, j’eu l’honneur de m’adressé à votre Excellence pour savoir s’il n’y avait point quelque seigneur de nos terres et si je pouvois faire des frais de conséquence sans aucune crainte. Votre Excellence eu la bonté de me répondre que je pouvois travailler à mon établissement sans craindre aucuns dérangement et que notre travaille nous servirait de contrat, de plus vous voulût bien nous faire dire par Monseigneur Brilland Évêque, que nous pouvions travailler avec toute sureté et que nous n’aurions point d’autre seigneur que notre roi. Une telle Lettre est encore entre nos mains. Avec de telle assurance, je fis faire avec beaucoup de frais un moulin propre pour l’endroit et je poussai vivement on établissement. Cependant craignant toujours quelque dérangement, je pris tous les soins possibles pour découvrir s’il n’y avoit point quelque seigneur de nos terres. Je me suis adressé humblement à tous les gouverneurs de la province; qui me répondirent bénignement que je pouvais travailler sans rien craindre. La guerre des américains de funeste mémoire pour moi, peut prouver sans m’en tirer gloire, combien les habitants ont de moi reçu de secours pour l’établissement de la baye. Sans cesse exposé aux pillages des ennemis, aucun marchants n’osaient exposer leurs biens dans la baye des chaleurs, qui se trouvait sans une pitoyable situation sans aucunes marchandises et provisions pour procurer quelque soulagements aux habitants abattus par leur misère.
J’exposé le bien de ma famille. Comment pourrais-je vous dépeindre mon état lorsque je me suis plusieurs fois vu pillé, pris et enchainé par l’ennemi. Je ne peux me rappeler sans tristesse une famille éplorée, obligée de se sauver dans les bois pour éviter la violence des Américains. Tous ces actes d’hostilité n’ont pu me faire faire un seul pas contraire à la fidélité que j’ai pour mon roi. Je me suis toujours maintenu bon sujet de sa Majesté. Mais voilà que sans avoir égard à mes bonnes raisons et à la part que j’ai eu à l’établissement de la Baye des Chaleurs, on veut m’ôté à moi seul une partie de mes terres et mes moulins, qui sont les seuls secours qui me restent dans ma viellesse accablée des travaux de ma vie et chargé d’une nombreuse famille. Telle est la situation de votre Fidel serviteur qui réclame humblement votre protection pour en appeler d’une telle injustice la bonté particulier que vous avez toujours témoigné pour les véritables sujets de sa Majesté et pour les malheureux opprimés, me fait espérer que vous voudrez bien faire rendre toute justice à celui qui est avec toute la fidélité possible.
De votre Excellence
Le très soumis et dévoué serviteur
R. Bourdages
À Bonaventure Baye des Chaleurs
Le 7me septembre 1786.
Référence : Archives publiques du Canada (Library and Archives Canada), fonds RG 1 L3L (State Records), volume 46, pages 23370–23373, bobine de microfilm C-2511, item no 9436 (dossier Louis Bourdages, 1786–1788). https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/terres/demandes-terres-bas-canada-1764-1841/Pages/item.aspx?IdNumber=9436&
2. Louis Bourdages- Lettre à Guy Carleton, 17 décembre 1787


Transcription- 23379 à 23380
À son Excellence
le très honorable Guy Lord Dorchester, capitaine général & gouverneur en chef des colonies, de la Grande Bretagne dans l’Amérique du Nord &&&&
Qu’il plaise à votre Seigneurie,
En conséquence d’une proclamation emmenée de la Cour de Londres permettant à tous les acadiens & autres de s’établir dans la Baie des Chaleurs; mon père voulant profiter de la bonté de sa Majesté, fut en mille sept-cent soixante & deux, s’établir à Bonaventure post de la Baie des Chaleurs. Il y fixa aussitôt un établissement pour sa famille. Il trouva beaucoup de misère parmi les habitants. Quoique le commerce qu’il entreprit, parût encourager ces infortunés; cependant il voioit toujours une certaine misère qui ne venoit que du peu d’encouragement qu’il avoient à cultiver des terres, qui avec un peu d’aide, pouvoient suffire à leur subsistance. Mon père suffit à leurs besoins. Alors il vit avec satisfaction plusieurs habitants travailler avec s à leurs terres. Cependant tandis qu’il s’efforçoit par ses encouragements à rendre ces misérables, heureux. Sa mauvaise fortune ne cessoit de la poursuivre malicieusement dans son commerce mais rien ne pût le détourner de son établissement. Il continua d’avancer aux habitants, blé, animaux & autres choses nécessaires à la culture des terres. Après quelqu’année de travaille, les habitants recueillant passablement de grains, représentèrent à mon père que s’ils n’avoient aucun moyen de convertir leur froment en farine, leurs travaux seroient inutiles. Enfin ils presseront mon père d’entreprendre un moulin sur une petite rivière qui se trouvoit sur son établissement. Avant de faire un pas d’une telle conséquence, il eut l’honneur de s’adresser à votre Excellence l’an mille sept-cent soixante & quatorse , pour savoir s’il y avoit quelque seigneur de nos terres, & s’il pouvoit faire sur son établissement des fraits de conséquence sans crainte de trouble. Votre Excellence, eu la bonté de nous répondre que nous pouvions travailler sans craindre aucun dérangement, et que notre travail serviroit de contrat. De plus vous voulues bien nous faire dire par Monseigneur Brillant Évêque de Québec, que nous pouvions travailler nos terres avec sureté & que nous n’aurions point d’autre seigneur que le Roi. Avec de telles assurances, mon père poussa vivement son établissement & à la sollicitation des habitants, il fit faire deux moulins propres pour l’endroit. Cependant mon père craignant toujours quelque dérangement prit tous les soins possibles s’il y avoit quelque seigneur de nos terres il s’est humblement adressé à tous les gouverneur de la province. Tous lui ont répondu avec bonté que nous pouvions travailler nos terres sans crainte. La guerre des Américains de funeste mémoire pour nous, peut prouver combien les habitants on reçu de secours de mon père, pour leur établissement: car sans les avances qu’il leurs a faites les uns auroient succombé à leurs misères & les autres abandonné leurs terres. Sans cesse exposé au pillage des Américains & des sauvages aucun marchand n’osoit risquer leurs biens dans la Baie des Chaleurs, qui se trouvoit dans une pitoyable situation sans provisions & marchandises pour procurer quelque soulagement aux habitants abattus par leur misère, mon père exposa le bien de sa famille. J’en puis me rappelle sans une douleur réelle, un père pillé, pris & enchainé par l’ennemi. Common vous représenterais-je une famille éplorée, obligée de se sauver dans les bois pour éviter la violence des Américains. Mais voilà que sans avoir égard à la proclamation du Roi & aux assurances verbales que votre Excellence nous a données, sans considérer les fortes avances que mon père a faites pour l’établissement de la Baie des Chaleurs & qui nous restent encore dues, nous n’avons pus jusqu’à présent avoir aucune assurance de nos terres & nos moulins qui sont les seuls secours qui restent à une pauvre veuve chargée d’une nombreuse famille qui dans ses malheurs n’a point d’autre espérance que dans la bonté particulière que nous avons toujours témoignée aux malheureux. C’est en vertu de toutes nos raisons que j’ose supplié votre Seigneurie d’accorder au nom de veuve Bourdages les titres de trente arpents de terres de front sur soixante de profondeur, qui sont actuellement occupés par notre nombreuse famille. Je supplie aussi votre Excellence de nous accorder le droit de banalité dans Bonaventure, pour nous indemniser des grands frais que mon père a fait pour bâtir nos moulins & pour l’établissement de la Baie des Chaleurs.
Signé: Louis Bourdages
À Québec ce 17me décembre 1787
Si un certificat des habitants & du grand vicaire de la Baie des Chaleurs, qui prouve que ce n’est qu’à leurs sollicitations que mon père a fait ses moulins, pour servir, j’aurai l’honneur de le présenter à votre Seigneurie.
Référence : Archives publiques du Canada (Library and Archives Canada), fonds RG 1 L3L (State Records), volume 46, pages 23379–23380, bobine de microfilm C-2511, item no 9436 (dossier Louis Bourdages, 1786–1788). https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/terres/demandes-terres-bas-canada-1764-1841/Pages/item.aspx?IdNumber=9436&
3. Louis Bourdages- Mémoire-Comité des Terres, Québec, 11 janvier 1788







Transcription- 23353 à 23359
Mémoire qui prouve le droit que veuve Bourdages à d’avoir les titres, quelle possède depuis vingt-quatre ans…
Comme il s’agit du bonheur ou du malheur d’une infortunée veuve chargée d’une nombreuse famille, c’est pourquoi, Messieurs je vous supplie au nom de la plus intègre justice de prendre en considération les raisons qu’un fils allègue pour la défense de sa mère. Ce n’est que par le seule secours de la raison, que j’entreprends de prouver que nous avons un droit incontestable sur les terres dont feu mon père a jouit paisiblement pendant un longue espace d’année. Je vous supplie de faire attention aux loix qui parlent en ma faveur.
Trois articles bien prouvés, vous feront voire le droit que nous avons d’avoir les titres de nos terres; j’ose espérer que je vous prouverai 1èrement que nous avons de bonne foi pris & cultivé les terres que nous possédons depuis vingt-quatre ans. 2ièmement que nous avions droit de prendre ces terres. 3ièmement qu’aucun seigneur n’avoit droit de prendre ces terres. La raison me fait espérer que si je puis prouver ces trois points capitaux il vous paroîtra juste de prononcer en ma faveur.
Premier Article
dans lequel je prouve que nous avons de bonne foi pris & cultivé les terres que nous possédons depuis vingt-quatre ans. En mille sept cent soixante deux & quatre mon père ayant passé quelque temps dans la Baie des Chaleurs prit un certaine portion de terre pour s’en assurer la jouissance, il s’est adressé à tous les Gouverneurs de la province. Par leurs réponses & les dits fréquents visites que nous avons fait dans les différents greffes, il paroissoit clair qu’il n’y avoit aucun seigneur de nos terres: on peut voir dans ma requête les réponses & les assurances que les gouverneurs & nous ont données, que nos travaux sur nos terres nous serviroient de titres. Vous voyez, Messieurs, notre bonne foi. En prenant tant de peines pour découvrir s’il y avoit des seigneurs de nos terres: jusqu’à présent nous avons avec beaucoup de peine cultivé nos terres, sans que personne nous ait fait défense en vertu de leurs titres. Mais à présent que nos terres sont bien arrangé & bien établi; on s’en dit seigneur. Oui, Messieurs ce n’est que l’année dernière que nous avons su que Monsieur Hollande se disoit de titres avant que nous ayons pris nos terres, pourquoi be ne nous a-t-il pas fait défense de nous y établir. Il étoit à Québec, pouvoit-il ignorer que la Baie de Chaleurs s’établissoit & que même les habitants recherchoient les seigneurs: par les perquisitions que nous avons fait il paroit clair que nous avons de bonne foi pris& cultivé nos terres.
2nd Article
dans lequel je prouve le droit que nous avions de prendre nos terres.
À la prise de l’Acadie, les acadiens ayant été chassé de leur patrie erroient misérablement de tout côté, sujets à tous les inconvénients de la bonne & mauvaise fortune. Le roi instruit de leurs misères, voulut leur donner un endroit où ils pourroient fixer leur vie & leurs travaux. En conséquence il fit publier l’an mille sept cent soixante deux ou trois une proclamation par laquelle il permettoit à tous les acadiens de s’établir dans la Baie des Chaleurs avec toute sureté. Ce n’est qu’en conséquence de cette bienfaisante proclamation que beaucoup d’acadiens se sont établi dans la Baie des Chaleurs. Les uns en venant s’y établir & les autres qui y étoient déjà établi; en travaillant à leurs terres. C’est aussi en vertu de cette proclamation que mon père prit ses terres.
Les acadiens établis dans la Baie des Chaleurs sour le gouvernement du Nouveau Brunswick, en vertu de la proclamation du roi ont obtenu sans aucunes difficulté les titres de leurs terres, quoi qu’il y eut des prétendants seigneurs Que ne peuvent donc point espérer les acadiens établis sous l’équitable gouvernement du très honorable Lord Dorchester.
Ne sembloit-il pas être contre la justice que de vouloir chasser de leurs établissements des gens, qui de la meilleur foi & par la protection de la proclamation du roi, ont prit & cultivé avec tant de travaux & de misères leurs établissement: car, Messieurs, en prononçant pour ma cause; vous aller décidé du sort de cinquante ou soixante pauvre famille acadienne qui se trouve dans le même cas que nous. Leur malheur & les nôtres sont certains, si vous ne considérer point qu’en vertu de la proclamation du roi ils avoient droit de prendre des terres dans la Baie des Chaleurs.
3ment Article
Dans lequel je prouve qu’aucun seigneur n’avoit droit de prendre les terres dans la Baïe des Chaleurs.
Il est certain que Monsieur Hollande n’a pris des terres dans la Baïe des Chaleurs, qu’avant ou après que les acadiens les ont eu prises. Or je dis qu’il n’a put & qu’il n’avoit pas même droit de prendre ces terres n’ayant ni avant ni après, 1ièrement je dis que Monsieur Hollande n’a put prendre ses terres avant les acadiens.
C’est une chose généralement connu qu’à la prise de l’acadie, les acadiens furent tous chassés de leur pays, les uns se réfugièrent à Québec & les autres dans la Baïe des Chaleurs où ils étoient obligé de travailler la terre pour pouvoir vivre. Or je demande si Monsieur Holland a put prendre des terres dans la Baïe des Chaleurs aussitôt après la prise de la Cadie, qui a été prise longtemps avant le Canada. Il paroit clair que Monsieur Holland n’a put prendre des terres dans la Baïe des Chaleurs avant que les acadiens les aient eut présent.
Mais on m’objecte que Monsieur Holland a pris des terres dans un endroit où il n’y avoit aucun habitants & que même dans tous Bonaventure il n’y avoit que quelque petites cabanes sur un banc inculte.
Voila sur quoi Monsieur Holland appuie ses raisons & ses prétentions; c’est pourquoi, je vous supplie de considèrent ce que je vais répondre à cela.
1ièrement. On m’objecte que Monsieur Holland a pris des terres dans un endroit où il n’y avoit aucun habitants. Et je dis que précisément dans cet endroit il y avoit plusieurs habitants même cinq ou six ans avant qu’il ait fait mesurer ses terres. C’est ce je peux prouver par le témoignage des mêmes habitants qui y étoient établis en mille sept-cent soixante ou soixante & un. Benjamin LeBlanc, Comeau & quelques autres étoient précisément établi dans l’endroit que Monsieur Holland a fait mesurer pour lui. Par là il paroit que Monsieur Holland avoit pris des terres que de pauvres habitants possédaient. Mon père avoit des terres ensuite de ces habitants. Il est vrai qu’il n’y étoit point établi; parce que n’ayant point encore sa famille avec, il aimoit mieux loger chez un habitant.
2iément. On m’objecte qu’il n’y avoit que quelque petites cabanes sur un banc inculte. À cela je dis que Monsieur Collins en allant à la Baïe des Chaleurs n’a point appris l’usage des acadiens qui étoit d’avoir de bonne & chaude maison près du bois sur leurs terres, où ils passoient l’hiver à leurs travaux, le printemps, l’automne à cultiver leurs terres & dans l’été ils s’assembloient tous dans de petites maisons su un banc très propres à leurs pêches. Cependant ils avoient soin de la culture de leurs terres, en y laissant un homme avec leurs femmes. Cet usage existe encore. On voit à présent dans quelqu’endroit de la Baïe plusieurs habitants laisser leurs maisons qu’ils appellent d’hiver pour passer l’été sur un banc pour la commodité de leur pêches. Monsieur Collins s’est trompé quand il dit qu’il n’y avoit que quelque petites cabanes sur un banc inculte. Secondement, je dis que Monsieur Holland n’avoit point droit de prendre des terres que de pauvres habitants possédoient. La raison seul nous dit qu’il n’est pas permis de dépouiller un homme de son bien pour se l’approprier. De plus Monsieur Holland n’a envoyé mesurer ses terres qu’en mille sept soixante & six, mais en mille sept soixante & deux ou trois le Roi ne fit pas publier la permission qu’il donnoit aux acadiens de s’établir dans la Baïe des Chaleurs. Par là, le Roi ne donnoit-il pas aux acadiens un droit incontestable de s’y établir. Par là le Roi ne deffendoit-il pas de s’emparer des terres que les acadiens occuperoit. Personne ne pouvoit donc être récompensé de leurs services des terres que les acadiens occupoient. En vertu de la proclamation du Roi, il est donc manifeste qu’aucun ne pouvoit s’emparer de leurs terres. Il est aussi manifeste, qu’en conséquence de la proclamation du Roi les acadiens avoit droit de prendre des terres dans la Baïe des Chaleurs. Je crois aussi, Messieurs, qu’il est manifeste que nous avons droit d’avoir les titres de nos terres.
De plus sur quoi fondé Monsieur Hollande veut-il s’emparer de nos biens. Où sont ses titres? De son propre aveu il a dit qu’il ne les avoit, mais qu’il espéroit les avoir. Or je vous demande lequel est le plus juste qui les ait, lui ou nous? Lui qui n’a pas seulement dépensé pour ces terres un obole, & nous qui avons tant sué & tans dépensé d’argent pour l’ouverture de ces terres & nos moulins. Plusieurs familles attendent de votre jugement leur bonheur ou leur malheur. Cinquante ou soixante sont dans la même situation que nous.
Cependant ils espèrent que les loix de québec leurs seront aussi favorable, que celles du Nouveau Brunswick l’ont été aux acadiens établi sous le gouvernement de cette ville, qui leurs a accordé sans difficulté les titres de leurs terres. En vertu de la proclamation du roi, quoiqu’il y eu plusieurs seigneurs qui prétendoit les avoir.
Signé: Louis Bourdages
1788- Mr. Bourdages delivered this prayer at the Board on the 11th January. After having been heard; it was read—— The proceeding noted on the Minutes.
Référence : Archives publiques du Canada (Library and Archives Canada), fonds RG 1 L3L (State Records), volume 46, pages 23353–23359, bobine de microfilm C-2511, item no 9436 (dossier Louis Bourdages, 1786–1788). https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/terres/demandes-terres-bas-canada-1764-1841/Pages/item.aspx?IdNumber=9436&
4. Louis Bourdages- Lettre au Comité des Terres, Québec, 14 juillet 1788


Transcription- 23361 et 23362
Aux très honorables membres du comité
Messieurs
Supplie humblement le soussigné de considérer combien il souffre du délai de la réponse à la requête de décembre dernier. Quoique nous ne doutons point de l’équité de notre cause; cependant en attendant l’arrêt du très honorable Lord Dorchester, nous avons arrêté les travaux de nos terres & de nos moulins: ce qui cause un vrai tort non seulement à nous; mais même aux habitants, qui n’ont d’autres moulins que les nôtres. De plus, Messieurs, si vous voulez considérer que c’est une infortunée veuve, qui doit rendre compte; j’ose me flatter que vous percevrez aussitôt que ce délai est nuisible aux affaires d’une nombreuse famille. Ma requête est d’une espèce particulière je réclame l’équité des loix & j’implore le pouvoir du très honorable Lord Dorchester pour me rendre justice si vous daigner, Messieurs, considérer la force de ces raisons j’espère que vous m’honnorerer d’une prompte réponse.
Je suis Messieurs votre très respectueux serviteur.
Signé: Ls Bourdages
Québec le 14me juillet 1788.
Référence : Archives publiques du Canada (Library and Archives Canada), fonds RG 1 L3L (State Records), volume 46, pages 23361–23362, bobine de microfilm C-2511, item no 9436 (dossier Louis Bourdages, 1786–1788). https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/terres/demandes-terres-bas-canada-1764-1841/Pages/item.aspx?IdNumber=9436&
5. Louis Bourdages- Lettre à Guy Carleton, 21 septembre 1788

Transcription- 23375
À son Excellence le très honorable Guy (Carleton) Lord Dorchester capitaine général et gouverneur en chef des colonies de la grande bretagne dans l’amérique du nord.
Qu’il plaise à votre Seigneur
Représente humblement le souligné, que le deux octobre 1787, il eut l’honneur de réprésenter à votre excellence une requête, par laquelle il suppliait votre seigneur de lui accorder les titres des terres, que feu mon père à prises, ouvertes, et cultivées depuis vingt-six ans, et le droit de banalité pour un moulin, qu’il a fait à grands frais et sans aucun profit à la sollicitation des habitans. Monsieur Holland s’oppose à ma demande, il plut à votre Seigneurie de faire considérer ma requête par un comité, qui vous rapporta que votre excellence ne pouvait remplir ma demande en l’absence de Monsieur Holland et que Monsieur son fils, son procureur, ne pouvait produire aucun titre respectif. En conséquence votre Seigneurie m’ordonna d’espérer le retour de Monsieur Holland et de vous présenter une requête aussitôt son arrivée pour me soumettre à votre ordre, je supplie humblement votre Seigneurie d’ordonner que Monsieur Holland pas produire les raisons pour lesquelles je ne dois pas avoir les titres; et que j’ai ai communication afin que je puisse répondre, et que sur le tout il plaise à Votre Seigneurie de décider cette affaire dont les retards cause beaucoup de dommage à une pauvre veuve, et à une nombreuse famille.
Signé: Ls. Bourdages
Québec le 26me septembre 1788
Référence : Archives publiques du Canada (Library and Archives Canada), fonds RG 1 L3L (State Records), volume 46, page 23375, bobine de microfilm C-2511, item no 9436 (dossier Louis Bourdages, 1786–1788). https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/terres/demandes-terres-bas-canada-1764-1841/Pages/item.aspx?IdNumber=9436&
6. Habitants de Bonaventure- Lettre à Guy Carleton, 5 avril 1789



Transcription- 80530 à 80533
À Son Excellence
Le très Honorable Guy, Lord Dorchester, Capitaine Général et Gouverneur en chef des Provinces de Québec, Nouveau Brunswick, Nouvelle Écosse, et leurs dépendances, vice Amiral d’icelles, Général Commandant en chef des troupes de Sa Majesté dans les dites Provinces, et dans l’Isle de Terre neuve, &c. &c. &c.
Milord,
Nous les soussignés, Acadiens, Canadiens, et Français, Nouveaux Sujets de Sa Majesté, habitants et domiciliés à Bonaventure, surnommé Hamilton, Baÿe des Chaleurs, avons l’honneur de représenter à Votre Excellence, que quoique y ayant demeuré depuis au moins vingt six à vingt sept ans, que nous jouissons d’une possession non interrompue des terres sur lesquelles nous sommes établis, et que cette longue possession soit pour nous des titres appuyés des loix de prescription, joint aux assurances qui nous ont été données par la proclamation de l’honorable Henry Hope, daté du 25 Nov. 1785.
Exprimant que nous les habitants de cette Baie ne serions point dérangés, ni inquiétés concernant ces mêmes possessions, et enfin, quoique l’honorable Nicolas Cox, Lieutenant Gouverneur de cette Baÿe, nous ait en réponse à notre requête à lui présentée le 2 janvier 1786, assuré de sa protection à l’effet de nous en procurer des titres.
Nous craignons, non par ignorance touchant la légitimité de nos droits, ni par aucun doute de la bonté généreuse de notre souverain, ni même d’être troublé durant le temps que nous aurons le bonheur d’être gouvernés par Votre Excellence, mais nos craintes sont fondées sur ce que les obligeantes et judicieuses promesses qui nous ont été faites n’ont point encore été effectuées selon notre désir et que depuis la date de notre requête à l’honorable Lieutenant Gouverneur Cox du 2 janvier 1786, auquel il a été produit selon son ordre du 27 May 1786 un dénombrement des anciens et nouveaux habitants de ce lieu, duquel dénombrement nous joignons ici une copie qui ne comprend que le nombre de ceux qui n’ont point eu de certificats comme il en a été donné à la moins ancienne de nous daté du 21 May 1787. Cette distinction nous alarme et nous semble être une voie réservée à quelques ambitieux plus puissants que nous, pour nous troubler et dans pareil cas, nous serions étant privés de l’honneur de votre protection, de titres et de moyens pour nous défendre exposés à perdre nos droits et le fruit de nos longs et pénibles travaux.
Ce sont ces raisons, Milord, qui nous engagent à vous supplier très humblement, de nous faire la grâce de vouloir ordonner que des titres en formes nous soient donnés, comme procès verbaux pour les mesurages et contrats de concessions par lesquelles nous puissions connaître à quel seigneur nous aurons des droits à payer, et quels ils seront; car nous espérons que Votre Excellence, aura égard à la pauvreté de ce païs, et que ces droits seront les mêmes, de ceux que Notre Souverain le Roi, prescrit de ses vassaux.
Par cette bonté, Votre Excellence mettra un terme à nos justes craintes, et une fois que nous aurons ces titres, que nous assurerons la propriété de nos possessions présentes, nous serons alors engagés à les améliorer, et aussi nos enfants s’attacheront à un sol qui ayant reçu leurs premiers travaux, deviendra leur héritage, qu’ils pourront transmettre à leur postérité avec le souvenir de vos bontés à notre égard, et perpétuera en eux nos sentiments de reconnaissance et de loyauté envers notre seigneur, et joint à ces sentiments, nous sommes avec un profond respect
Milord
De Votre Excellence
Les très humbles, très obéissants, très soumis et dévoués serviteurs
Baÿe des chaleurs — Hamilton le 5 Avril 1789.
Ambroise Babin + Joseph Bourg + Jean Arseneau + Charles Bujol + Batiste Richard + Charles Poirier + François Richard + Pierre Poirier + Joseph Gauthier + Thomas Babin + Jean Bernard + Isaac Bernard + Joseph Arseneau Capitaine de milice + Jean Baptiste [illisible] + Grégoire Arseneau + Charles Bujol + Placide Poirier + Michel [illisible] + l’E veuve Bourdages + J. M. Bourdages +

Référence: Bibliothèque et Archives Canada, fonds RG 1 L3L, volume 165, bobine de microfilm C-2556, dossier no 50510(Esther Bourdages), Pages 80530 à 80533. Demandes de terres du Bas-Canada (1764–1841). https://recherche-collection-search.bac-lac.gc.ca/fra/Accueil/Notice?app=lanpetlowcan&IdNumber=50510&q_type_1=q&q_1=Bourdages&ecopy=e008727000
7. Pétition des habitants de Bonaventure: Louis Fromenteau à Guy Carleton le 18 février 1791









Transcription- 80545 à 80552, et 80561
À Son Excellence
Le très Honorable Guy Lord Dorchester,
Capitaine Général Commandant en chef les forces de sa Majesté, en Amérique… et Gouverneur en chef des Provinces de Québec, Nouvelle Écosse, Nouveau Brunswick, et leurs dépendances ficelles et dans l’Isle de Terre neuve, &c. &c. &c.
Milord,
En vertu du plein pouvoir ci année, je soussigné pour et au nom des habitants de Bonaventure surnommée Hamilton, Baie des Chaleurs, a l’honneur de vous représenter que depuis l’année 1786, les dits constituants vous ont, par plusieurs de leurs humbles suppliques, représenté la situation pénible et précaire dans laquelle ils se où il se trouve concernant les terres qu’ils possèdent et cultivent depuis l’année 1762.
Quoique, après une longue possession, appuyée de leurs travaux, paraissent devoir être des moyens solides et suffisants pour d’en obtenir du Gouvernement des titres en bonne formes, néanmoins jusqu’à ce jour, ils ont été refusé, quoiqu’il les aient constamment demandés.
Qu’enfin il a plu à votre Excellence de prendre en sa très gracieuse considération l’une de leurs dites suppliques, et de la mettre devant les honorables membres du comité de Québec pour voir à ce que droit fut fait aux dits suppliants.
Qu’en conséquence, le dit comité a sans être conclusif, fait son rapport à votre Excellence, lequel rapport, avec ladite supplique, y joint des instructions y relatives, il vous a plu le printemps dernier envoyer à l’honorable Gouverneur de ce District.
Que tous et chacun des dits papiers si intéressants, à ce jour les dits constituants ont été tenu secrets, et n’ont été mis au jour que le 11 de février, jour que les honorables membres du comité se sont assemblés, et ouvert leur séance.
Que copie desdits papiers, ainsi que des plans figuratifs des dites terres, faits en 1766 et 1786, n’ont pu être obtenus, quoique paiement en ait été offert.
Que la privation de tels papiers et plans, ôtent aux dits habitants les moyens d’établir leurs défenses, concernant les droits prétendus et idéales des personnes qui s’opposent à ce que les certificats qu’ils demandent si justement leur soient accordés.
Que pour mieux prouver à votre Excellence le droit réel et bien fondé de lesdits constituants, il le supplie qu’il ait la bonté d’ordonner que les commentaires de Blackstone soient consultés aux articles suivant: Vol. 2. Liv. 2 of the right things, ch. 1. Pages 5, 8, et 9 où le droit d’occuper est défini: Vol. 3. Liv. 3 of Private Wroongs, ch. 17, art. 3. Pages 260 – 268, article par lequel il paraît qu’un titre, lorsqu’il est injurieux à un sujet, peut être rappelé pour un Writ de Scire Facias voir par le même livre Art. 2,
pages 306 et 307, articles qui s’accorde avec ce que disent les loix françaises concernant le droit de possession par la prescription lorsqu’elle est de bonne foi.
Que comme tous ces passages expliquent, très clairement, le droit équitable que les dits constituants ont d’obtenir de Sa Majesté des titres pour les terres qu’ils possèdent, ils supplient Votre Excellence de tranquilliser leurs esprits concernant des propriétés qui leur sont de la plus essentielle conséquence, de vouloir bien ordonner qu’à tous et chacun d’eux séparément, ils leur en soit donnés et livrés le plutôt possible, conformément à la quantité que chacun d’eux occupe actuellement tant par eux-mêmes que par leurs représentants selon qu’ils ont désigné au dénombrement cy annexé et aussi que la concession de la continuation de leurs dites terres soit insérée dans les mêmes certificats.
De plus, représente à votre Excellence, qu’au nombre desdits constituants se trouve Esther Leblanc, veuve de feu Mr Raymond Bourdages, laquelle eu égard aux dispositions testamentaires de son dit mari daté du 13 juillet 1787, supplie que pour ses intérêts par lui réglés, pour la paix et la tranquillité de sa famille composée d cinq garçons et quatre filles, ne soit point subverné, et par là, la cause de procès qui tournerait en leur ruine, que les terres qu’il a assigné à sa veuve, et à chacun de ses enfants, joint à ce qu’il a réservé pour deux moulins, un à farine et l’autre à scier, qu’il a construits sur icelles, lesquelles dites terres, toutes ensemble, formant un front de vingt acres, étant au sud borné à Pierre Poirier, et au nord en Charles Poirier, lui soit concédé par un seul et même titre, afin que par ce moyen le dit testament soit et demeure dans toute sa force; le nombre de cette famille, composée de dix personnes, prouve à votre Excellence que vingt acres de front, y compris la concession qu’elle demande de la double profondeur(671/3), n’est pas en proportion de deux cents acres que le Gouvernement accorda à tout individu qui en demanda.
De plus, représente à votre Excellence que le dit Sieur Raymond Bourdages, en 1775, n’a qu’à très grand frais construit les dits moulins; qu’il ne les a fait qu’à la requête des dits habitants; que c’est à ces ouvrages qu’est dû le peu de progrès qu’a eu l’agriculture dans ce pays, encouragement que pour tous où il a eu lieu dans les nouveaux établissements du Gouvernement, a toujours été récompensé par le don d’une certaine quantité de terre, privilège auquel votre Excellence est bien humblement supplié d’accorder la plus sérieuse considération, ayant la bonté d’ordonner que les titres pour les terres que demande cette famille soient des plus favorables, de ceux qu’accorde le Gouvernement.
Votre suppliant représente à votre Excellence que quoi qu’il n’ait à aucun moment communication des dits papiers et plans refusé, il y a remarqué qu’ils sont susceptibles de plusieurs erreurs, comme il paraît aux deux plans figuratifs, lesquels sont absolument contradictoires concernant la situation du terrain qu’ils comprennent, comme au plan de 1766, on y voit un terrain marqué pour l’honorable Collins, lequel a un front double de sa profondeur; aussi un autre y marqué pour l’honorable Samuel Holland, dont le front est disproportionné à sa profondeur; et de la manière que les terres sont marquées au plan de 1786, il paraît qu’elles croisent une partie de celles marquées dans celui fait en 1766, erreur qui semble démontrer très clairement que les terres désignées au premier plan n’ont été mesurées que pour donner au Gouvernement une idée de la situation du pays, puisqu’il n’y a eu alors aucune borne de plantée, ni au nord, ni au sud de la dite rivière Bonaventure.
Que par le rapport fait par le comité de Québec à votre Excellence, il est dit qu’il n’y avait ni au sud, ni au nord de la dite rivière aucun habitants d’établi sur les terres comprises dans les dits plans, le contraire de cet allégué, Milord, a été prouvé par le témoignage de plusieurs personnes aussi désintéressées qu’anciennes et respectables, nommément Pierre Loubere, écuyer, Léon Roussi, Jean Marie Duguay, Jacques Duguay et Louis Denis, capitaine de milice de Paspébiac, lesquels ont sous serment à eux administrés par l’un des membres du comité, déclaré que les dits habitants, les constituants, se sont établis au nord et au sud de la dite rivière en 1762 et 1763; qu’ils y ont bâti des maisons, construit trois bâtiments depuis 1762 à 1764, dont l’un de ces bâtiments était pour Pierre Loubere, écuyer, un autre pour Sieur Raymond Bourdages; et que les dits habitants n’ont depuis cessé d’occuper, défricher, et améliorer jusqu’à ce jour les dites possessions; qu’ils ont toujours cru et pensé être sur les terres de la Couronne; aussi qu’avant l’année 1785, ils n’ont jamais ouï ni entendu dire qu’aucun particulier s’en soit dit ou déclaré être le propriétaire.
Or si réellement ces Messieurs qui les troublent aujourd’hui y ont eu des droits, quelles raisons peut les avoir retenu ou empêché d’en informer les dits habitants? Ce silence, qui a été gardé vingt-deux ans, et qui a tendu à faire errer les dits habitants (si toutefois ils ont été dans ce cas), devait-il être gardé? Or sur qui doit tomber les dommages qui peuvent résulter d’une pareille erreur? Serait-ce sur ces pauvres infortunés? ou sur ceux qui en sont les auteurs?
C’est ce que votre représentant, très respectueusement, soumet aux sages réflexions de Votre Excellence. De plus, votre représentant remarque que les honorables personnes qui s’opposent à ce que des certificats soient
accordés à ces constituants pour les terres qu’ils possèdent actuellement nayant aucun titres pour servir au soutien de leurs prétendus droits, doivent cesser d’être entendu à ce sujet, et prie que les titres si longtemps demandés soient accordé de la manière plus haut expliqué.
Votre représentant, Milord, au nom de sesdits constituants, vous supplie de considérer avec bonté qu’il y a vingt-huit ans qu’ils possèdent les terres qu’on leur dispute, que pour s’y maintenir ils ont supporté les plus grandes misères, que les pénibles travaux qu’il y on fait sont le prix de leur jeunes ans, qu’il est pour eux bien dure, au temps de leur vieillesse, de se voir menacé de perdre la seule ressource qu’il leur reste pour le soutien de leurs derniers jours.
Aussi que c’est à leur persévérance que cette baie est aujourd’hui de quelque valeur pour le Gouvernement, que comme ils en sont les premiers habitants, ils méritent on seulement d’être protégés et maintenu dans leurs possessions mais aussi, que leurs descendants soient encouragés à s’attacher à un sol qui n’est pas moins ingrat, qu’il leur a coûté de peines pour en tirer leur subsistance; vous supplie d’observer que les honorables personnes les troublant n’ont jamais fait sur ces terres qu’ils réclament le moindre acte qui puisse justifier l’intention qu’ils ont eu de posséder, que sa Majesté, lorsqu’il lui plaît de gratifier un sujet du don de quelque terre, n’entend jamais le faire au détriment d’autres sujets, que ceux à qui il accorde des terres, doivent dans le cours d’une année y bâtir maison, les défricher et les occuper, soit par eux-mêmes ou par représentants; que ces Messieurs n’ont rien fait de tout cela, qu’ils n’ont pas même de titres, et néanmoins, par une singularité frappante, ils empêchent que les titres demandés soient accordés.
Pour conclusion, votre représentant supplie votre Seigneurie de mettre un terme aux craintes de ses constituants en leur octroyant sa très gracieuse protection, ordonnant avant de laisser cette province que les titres qu’ils demandent leur soient livrés; cette bonté fera qu’ils augmenteront leurs vœux pour la conservation et la prospérité de son Illustre famille, et joint à ces justes sentiments votre représentant se dit être avec avec le plus profond respect.
Milord, De votre Excellence. Hamilton, Baie des Chaleurs, le 18 février 1791. Cy joint est la déclaration de Pierre Loubere, écuyer.
Le très humble, très obéissant, très soumis et zélé serviteur, L Fromenteau

Référence: Bibliothèque et Archives Canada, fonds RG 1 L3L, volume 165, bobine de microfilm C-2556, dossier no 50510(Esther Bourdages), 80545 à 80552, et 80561. Demandes de terres du Bas-Canada (1764–1841). https://recherche-collection-search.bac-lac.gc.ca/fra/Accueil/Notice?app=lanpetlowcan&IdNumber=50510&q_type_1=q&q_1=Bourdages&ecopy=e008727000
8. Louis Bourdages- Lettre à Guy Carleton le 21 mars, 1791

Transcription- 23377
À son Excellence le très honorable Guy Lord Dorchester Capitaine- Général, Commandant en chef les forces de sa Majesté en Amérique, Gouverneur en chef des provinces de Québec &&&
Qu’il plaise à votre Seigneurie,
Représente humblement le sousigné qu’il y a trois ans & demi qu’il a présenté à votre Excellence une requête par laquelle il supplioit très humblement votre Seigneurie d’accorder à veuve Raimond Bourdages les titres des terres qu’elle & feu son mari occupoient depuis vingt six ans. Votre Seigneurie voulut bien ordonner au Comité des terres d’examiner ma demande: je fis voire au Comité que j’avois un droit incontestable aux titres, que je demandois, quoiqu’il n’ait jamais voulu entendre les preuves que j’avois à alléguer pour détruire les mauvaises raisons de ceux qui s’opposent à ma demande. J’ai tout mon possible pendant trois ans pour avoir une réponse, qu’on me refusoit partout. Je sus cependant que cette affaire étoit renvoyée au Comité du district de Gaspé. J’écrivis aussitôt aux personnes qui m’avoient chargé de cette affaire pour la poursuivre au Comité du district de Gaspé. Mais l’honorable gouverneur Cox a toujours répondu qu’il n’avoit aucune connaissance de cette affaire. Le Comité a fait plus, Mon Seigneur, il a attendu que la navigation ait été fermée, et même que les courriers qui ont coutume de monter à Québec fussent parti: pour lors le Comité s’est ouvert. Les habitants se voyant attaqués à l’improviste on député un courrier pour présenter à votre Excellence une requête pour implorer Votre Justice et pour vous exposer comment le Comité du district de Gaspé leur a refusé ce que la plus stricte justice auroit du leur accorder. Je ne sais pourquoi, Mon Seigneur, on cherche à obscurcir par tant de délais & de difficultés une affaire qui est si claire d’elle même. J’en aurois peut-être trouvé la raison en disant que j’ai eu pour juges mes parties. Oui Monseigneur, parmi les membre du comité qui ont examiné ma requête à Québec, j’ai trouvé ceux qui s’opposent aux demandes de vos suppliants. J’ose supplier votre seigneurie de ne point confondre ma demande avec celles des habitants. J’ai d’autres droits à répéter si on daigne les examiner. Je supplie très humblement Votre Seigneurie de faire une réponse que je pourrois renvoyer par le courrier que la saison oblige de partir promptement afin de pouvoir tranquilliser les esprits de ces infortunés habitants qui se voyent menacé d’être dépouillé impitoyablement de tous leurs biens si Votre Seigneurie ne daigne pas leur rendre une prompte justice.
Signé: Ls. Bourdages
Québec le 21me mars 1791.
Référence : Archives publiques du Canada (Library and Archives Canada), fonds RG 1 L3L (State Records), volume 46, page 23377 bobine de microfilm C-2511, item no 9436 (dossier Louis Bourdages, 1786–1788). https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/terres/demandes-terres-bas-canada-1764-1841/Pages/item.aspx?IdNumber=9436&
9. Samuel Holland- Concession à Bonaventure le 12 août 1766; Plan Canton Hamilton(Bonaventure)- 20 avril 1892; Lettre adressée au Comité des Terre de Québec renonçant à ses prétentions sur les terres de Raymond Bourdages et d’autres habitants de Bonaventure- le 29 mars 1796; et Liste des habitants établis sur les terres réclamées par Hugh Findlay, John Collins, et Samuel Holland (1796).


Référence: Bibliothèque et Archives Canada, fonds RG 1 L3L, volume 165, bobine de microfilm C-2556, dossier no 50510(Esther Bourdages), 80581 et 80600. Demandes de terres du Bas-Canada (1764–1841). https://recherche-collection-search.bac-lac.gc.ca/fra/Accueil/Resultat q_type_1=q&q_1=Bourdages&DataSource=Genealogy%7cLand%7cLanPetLowCan&ST=SAD&num=25&start=25&tag=083116&


10. Veuve Esther Bordage- Pétition du 22 juillet 1796 & Décision du Comité des Terres à Québec octroyant les terres à la famille Bourdages le 5 août 1796.


Transcription- 23490 et 23491
Lettre du 22 juillet 1796
To His Excellency Robert Prescott, Esquire, Governor of Lower Canada and Commander in chief of the Province f His Majesty’s forces in the Province of Upper and Lower Canada, Nova Scotia and New Brunswick, all their dependancies and in the Island of New Foundland &&&&
The Petition of Esther Bordage, of the parish of Bonaventure in the District of Gaspé.
Humbly Sheweth,
That your Excellency’s petitioner has for these thirty years past been in possession of a tract of land near the harbour of said Bonaventure, formerly claimed by Samuel Holland, Esquire, Surveyor General of this province; but of late relinquished in favour of your petitioner and her family, consisting of herself and eight children, on which tract her deceased husband as well as herself have laid out considerable sums in building a mill and clearing the land. Your Petitioner therefore humbly prays that it may please your Excellency to grant to her and her said family the said tract containing about —— twenty seven acres in front by sixty-six acres and two thirds in depth, with all her buildings and improvements, together with the river on which her mill stands erected, within the limits of the tract aforesaid in free and common soccage, and as in duly bound she will ever pray.
Signed: l’ b, veuve bourdage
Quebec 22nd July 1796
____________________________________________
Land Committee
The Committee upon information had of the Surveyer General’s Office concerning the title of the Lands prayed for, Recommend that the Land occupied by Esther Bordage, situated in the Township of Hamilton in the Bay of Chaleurs, having a front of eighteen chains ninety six links, which front begins at Charles Poirier’s easterly limits, running from hence due South & the depth thereof being two hundred & ten chains sixty six links; and from the Southeast —- some of Esther Bordages’ Land above d—— a front of sixty four chains thirty six links to be admeasured on a due South East Erase by the astronauts mer: 87- w to be divided by J. Marie, Benjamin, Louis, & Antoine Bordage her sons, and Esther, Toinette, Charlotte & Antoinette her daughters. The lands settled upon by any of the family to remain with their possession provided the quantity does not exceed eight chains four links and a half. To be granted in Free and Common Soccage upon their taking the Oath & subscribing the Declaration & paying the expense of the survey, and that a warrant of survey issued accordingly.
Signed by order: Hugh Findlay, Chairman
Quebec 5th Aug. 1796
Petition Esther Bordage, Quebec 22nd July 1796
For a grant of Land of about 27 Acres in front by 66 & two thirds in depth at Bonaventure to her and her family of which they hav had possession these thirty years (Hamilton)
Referred to the Land Committee
By order of His Excellency General Prescott
Quebec 23rd July 1796
Signed: W. H. Ryland
Rec’d 20 July by the Land Committee
& entered therein Vol III page 146
Bibliothèque et Archives Canada, fonds RG 1 L3L, volume 44, bobine de microfilm C-2510, dossier no 8762, Page 23490 et 23491, Demandes de terres du Bas-Canada (1764–1841). https://recherche-collection-search.bac-lac.gc.ca/fra/Accueil/Notice?app=lanpetlowcan&IdNumber=8762&q_type_1=q&q_1=Bourdages&ecopy=e003709970
11. Réclamations des Bourdages- Annexe E (1825)

