Recherches

Raymond BOURDAGESnos origines en France

Nous, Bourdages d’Amérique, qui sommes-nous? D’où venons-nous? C’est en ces termes que j’ai commencé à m’intéresser à la vie et aux origines ici et en France de notre ancêtre « Raymond Bourdages ».

Au départ, j’ai pu retracer assez facilement mon ascendance jusqu’à Raymond Bourdages. Ma famille est de la lignée de Barthélémy Bourdages, fils d’Antoine Bourdages, le plus jeune fils de Raymond Bourdages, et de Vénérande Bernard, son épouse en 2ième noce. Mais d’où est-il originaire en France?

L’Hypothèse Saint-Jean d’Angoulême, France

D’après les recherches de Donat Arsenault et d’autres généalogistes des années 60s, dont Placide Gaudet, ceux-ci semblent croire qu’un certain Pierre Bordage serait le père de Raymond Bourdages. Celui-ci serait né en 1693 à Saint Jean d’Angoulème, France. Il était charpentier. Son père, Jean était maître tailleur de pierre de la paroisse de Saint Jean d’Angoulème. Les généalogistes affirment que Raymond BOURDAGES, son fils, serait né en France vers 1728 ou 1731. D’après ces informations, j’ai effectué des recherches dans les registres de la paroisse de Saint Jean d’Angoulème des années 1680 à 1791.

Selon ces registres, le seul Pierre Bordage né dans cette paroisse a été Pierre Bourdage, né le 25 avril 1683, fils de François Bourdage, bourgeois et de demoiselle Marie Descuras. D’après d’autres registres, ce Pierre Bourdage serait décédé en 1686 ou 1696. Quant à son père, les 2 seuls Jean Bourdage (non Bordage) de cette paroisse d’âge pour être son père, étaient Jean Bourdage, bourgeois marié à Dame Marie Descuras et Jean Bourdage, maître tailleur d’habits marié à Isabel ou Elisabeth Quintal ou Quintat. Autre fait à noter, je n’ai pas trouvé aucun Raymond Bourdages (Bordages) né dans cette paroisse de 1680 à 1791. En plus, les paroissiens de cette paroisse, faisaient partie de la bourgeoisie.

Donc, d’après ces résultats, la thèse que Pierre Bordage, le père de Raymond, venait de la paroisse de Saint Jean d’Angoulème n’est pas crédible, pas plus que Raymond Bourdages venait de cette région de la France. En plus en 1987, Pierre Bourdages dans son livre « Racines vivantes », arrive à la même conclusion.

L’Hypothèse Estancarbon, France

Étant donné que je n’ai pas trouvé de « Raymond » dans les registres de la paroisse de Saint-Jean d’Angoulème, j’ai pensé faire une recherche sur l’origine du prénom Raymond. Voici ce qu’en dit le dictionnaire Wikipedia : « Raymond est un prénom masculin d’origine germanique. Il vient de rad ou ragin (conseil) et de mundo (protection), et signifie « celui qui protège par conseil éclairé.

Variantes linguistiques: allemand : Raimund; françaisallemandanglais: Raymond; espagnol: Raimundo, Ramon; italien : Raimondo; occitan: Ramond; polonais: Rajmund;  tahicien: Raimundo; basque: Ramuntcho. Au Moyen-Âge, ce prénom est notamment populaire dans le sud-ouest de la France, région de Toulouse et dans le nord-est de l’Espagne, notamment en Catalogne, peut-être avec l’influence des Wisigoths, peuple d’origine germanique qui domine la région entre les Ve et le VIIIe siècles.

La découverte de Bona Arsenault, généalogiste du Québec…

Donc, est-ce possible notre ancêtre Raymond Bourdages soit originaire du sud-ouest de la France? C’est ainsi que j’ai poursuivi mes recherches en m’appuyant sur une découverte faite par Bona Arsenault lors de ses travaux aux Archives nationales du Québec, alors situées sur le campus de l’Université Laval. En consultant les minutes notariales de Québec pour la période correspondant à la présence documentée de Raymond Bourdages en Gaspésie, il mit au jour un acte notarié jusqu’alors inexploité, daté du 27 septembre 1764 et signé par Raymond Bourdages, négociant à Québec, reçu par le notaire royal Moreau.

Il s’agit d’une procuration par laquelle Raymond Bourdages donne pouvoir à un mandataire de retirer et de gérer diverses ordonnances et lettres de change du Canada, dont le montant global, tel qu’indiqué dans un bordereau signé du constituant, s’élève à environ soixante-sept mille trois cents livres, somme considérable pour l’époque. Contrairement à ce qui a parfois été avancé, cette procuration n’est pas consentie au curé d’Estancarbon, mais concerne des fonds remis ou transitant notamment par Pierre Bordage, prêtre et curé de la paroisse d’Estancarbon, diocèse de Comminges, ainsi que par des négociants établis en France.

Un élément particulièrement révélateur apparaît dans une note marginale de l’acte, où il est précisé que Raymond Bourdages a lui-même remis une somme de trois mille livres en ordonnances à monsieur Taillandier, négociant à Toulouse. Cette mention implique très vraisemblablement un séjour personnel de Raymond Bourdages en France, Toulouse se trouvant à proximité immédiate d’Estancarbon, dans la même région du Comminges.

La combinaison de ces indices — relations financières directes avec le curé d’Estancarbon, confiance accordée à des intermédiaires locaux, et remise personnelle d’ordonnances à un négociant toulousain — constitue un ensemble circonstanciel cohérent qui renforce sensiblement l’hypothèse selon laquelle Raymond Bourdages était originaire d’Estancarbon ou, à tout le moins, y possédait des attaches familiales étroites. Sans constituer une preuve explicite de filiation, cette procuration révèle un réseau relationnel et géographique difficilement explicable autrement.

La piste Pierre Bourdages, curé d’Estancarbon, France

D’après ces informations, j’ai effectué des recherches sur ce Pierre Bordage, prêtre curé de la paroisse d’Estancarbon, diocèse de Comminges, parlement de Toulouse, en Haute Garonne. 

D’abord, ce Pierre Bordages a bien existé. J’ai trouvé dans l’histoire d’Estancarbon et plus précisément dans la revue Gallica, qu’il avait été curé de la paroisse d’Estancarbon de 1746 à 1792. Également dans la même revue, j’ai trouvé la référence et le recueil de poésie de cet abbé Pierre Bordages, intitulé « Mes ennuis ou recueil de quelques pièces de poésie, mêlées de proses… » Ce recueil à été imprimé à Toulouse vers l’an 1786.  Dans la même revue, on dit qu’il est né à Landorthe, paroisse voisine d’Estancarbon, le 13 juin 1712. Il parlait le Landes de Landorthe. On dit aussi que la « famille Bordages » était originaire de Landorthe. Un hameau indiqué sur les cartes du XVIII siècle porte encore de nos jours le nom « Bordages ou Bourdages ». Dans la même revue Gallica, on y dit que M. Bordages fut pourvu la cure d’Estancarbon, voisine de son lieu natal, en février 1746, à la place de M. Rinaud. Dans cette même revue, on dit que la signature du curé d’Estancarbon revêtait toujours la forme de « Pierre Bourdages ». Également, on y dit que les Bordages étaient très nombreux dans les communes de Landorthe et Savarthès, voisines d’Estancarbon. Enfin, dans la même revue, on y dit que Pierre Bordages (Bourdages) ex-curé, mourut à Estancarbon le 17 avril 1796, à l’âge de 84 ans.

La pépinière des Bourdages

J’ai donc effectué des recherches dans les archives numérisées de la Haute-Garonne dans les communes de Landorthe, Savarthès, et Estancarbon situées à 2-3 kilomètres, l’une de l’autre. D’abord, dans les registres de Landorthe et Savarthès, j’ai trouvé pas moins de 179 naissances de « Bourdatges » qui y sont nés entre 1670 et 1765, dont 6 « Raymond ». En plus, entre 1671 et 1700, j’ai noté quelques 25 Bourdatges mariés et nés avant 1670, dont 5 étaient nommés « Raymond Bourdatges ». Les prénoms les plus populaires étaient : Jean(28), Jeanne(17), et Pierre(16). Des « Raymond » que j’ai trouvé dans les registres de Landorthe et de Savarthès, aucun est né dans la période de 1728 à 1731.

Notre ancêtre Raymond Bourdages

Dans la commune d’Estancarbon, j’ai trouvé 9 naissances de « Bourdatges » entre 1718 et 1765, dont un seul Raymond « Bourdatges » né le 12 mars 1731. 

L’acte de naissance se lit comme suit : « L’an que dessus(1731) et le 12è mars est né et a été par moy baptisé raymond bourdatges fils legitime et naturel a jean bourdatges et catherine guchareau mariés. Parrein raymond bourdatges, marreine marie brun, tous deux habitants d’estanbcarbon. En foy de quoy Pouy curé ».

Nous savons que notre ancêtre Raymond Bourdages et le curé Pierre Bordages signaient leur nom «Bourdages». Alors, comment expliquer la différence d’épellation « Bourdatges» trouvée dans les registres de Landorthe, Savarthès, et Estancarbon. À cet égard une de mes correspondances avec le Conseil départemental de la Haute Garonne, Toulouse l’explique tel que suit : « l’orthographe du nom « Bourdatges » vient du fait qu’en occitan le « G » se prononçait « TG », le curé ou les notaires ayant eu à l’écrire ont donc francisé à l’écrit ce qu’ils entendaient c’est-à-dire « TG ». Avec le temps ne s’est gardé que l’orthographe originelle avec « G » mais en francisant la prononciation ».

C’est donc dire que ces trois communes, Landorthe, Savarthès, et Estancarbon représentent peut-être la pépinière de « Bourdatges/Bourdages » tant recherchée. En assumant que notre ancêtre Raymond Bourdages soit né vers 1728-1731, ce Raymond Bourdatges, né à Estancarbon le 12 mars 1731, pourrait être certainement notre ancêtre venu en Acadie vers 1747-1755.

Raymond BOURDAGES en Acadie

Dans cette perspective, j’ai pensé approfondir les connaissances sur Raymond Bourdages en Nouvelle-France / Acadie. Ces recherches pourraient peut-être faire la lumière sur quand et en quelles cirsconstances, il se serait venu ici de son lieu d’origine en France.

Esther Leblanc, son épouse

Pour ce faire, le travail de recherche fait par les généalogistes Bona Arsenault et Pierre Bourdages, sont utiles. D’après ceux-ci, Raymond Bourdages a épousé Esther LeBlanc à la Rivière Saint-Jean (Fredericton), devant le Père Germain Jésuite. Selon Bona Arsenault, le mariage aurait eu lieu en 1756, tandis que le généalogiste Pierre Bourdages nous dit que le mariage aurait plutôt eu lieu à l’automne de 1755. C’est dans l’Acte de Don mutuel de Raymond Bourdages et de son épouse Esther LeBlanc signé devant le notaire Sanguinet à Québec le 17 octobre 1760 que nous en obtenons la confirmation comme suit : « …et attendu qu’ils n’ont pas de contrat de mariage que de simples conventions matrimoniales reçues devant le Révérend père Germain, Jésuite missionnaire des Sauvages Malicites de la rivière Saint-Jean à l’acadie, qui se trouvent perdues… »

Mes recherches m’ont permis de retrouver l’acte de mariage de Raymond Bourdages et d’Esther LeBlanc. Leur mariage a bel et bien été célébré par le père Germain, jésuite, à la Rivière St Jean le 22 février 1756. L’acte de mariage peut être consulté à la page Archives du site.

Esther LeBlanc (jumelle) était née à Grand Pré entre la mi-janvier et le 2 février 1740 et y a été baptisée le 17 février 1740. C’était la fille du notaire René LeBlanc et de Marguerite Thébeau qui ont eu une nombreuse famille. Lors de son mariage à Raymond Bourdages, Esther LeBlanc n’avait que 16 ans. La plupart des enfants de René LeBlanc furent déportés à New York et à Philadelphie en 1755, où le notaire Leblanc est d’ailleurs décédé en 1758.

Toujours, selon Bona Arsenault, Esther LeBlanc, ainsi que son frère jumeau, Pierre-Benjamin, et un plus jeune frère, Jean-Baptiste Marie, né le 25 juin 1744, purent éviter la déportation, en se réfugiant en direction de Sainte-Anne des Pays-Bas, dans la région actuelle de Fredericton, sur la rivière Saint-Jean. C’est ainsi que Bona Arsenault, en 1987, se demandait si ce n’était pas Raymond Bourdages, lui-même, qui organisa la fuite de sa future épouse Esther et de ses deux futurs beaux-frères, Benjamin et Jean-Baptiste, vers la rivière Saint-Jean, avant la déportation de 1755 et l’année suivante vers Québec, où il fut d’ailleurs rappelé.

Jacques Christophe Babuty, son beau-frère

Selon les recherches sus-mentionnées, nous savons donc que Raymond était en Acadie fin 1755 et début 1756. Aussi, nous savons qu’il était à Québec le 17 octobre 1760, lorsqu’il a signé l’Acte de Don Mutuel devant le notaire Sanguinet. En plus, dans l’acte notarié du notaire Moreau en date du 27 septembre 1764, on peut lire dans la procuration de Raymond Bourdages le nom de Jacques Christophe Babuty. Selon mes recherches, j’ai trouvé que celui-ci était né à Paris le 19 mai, 1722. Il faisait partie des Troupes de la Marine qui sont partis de Port-Louis, Bretagne, France, le 30 juin 1750. Il est arrivé à Québec un plus tard en 1750. En plus, le 29 octobre 1751, on sait qu’il a témoigné au Fort Beauséjour en Acadie dans un cas de désertion de trois militaires français. J’ai aussi découvert qu’il avait épousé  à l’Église Notre-Dame de Québec le 6 février 1758, Ursule LeBlanc, la sœur d’Esther LeBlanc, l’épouse de Raymond Bourdages.

D’autres recherches ont été nécessaires afin de déterminer si d’autres évènements en Acadie et à Québec de 1750 à 1760 établissement des liens spécifiques et concrets entre Raymond Bourdages et Jacques Christophe Babuty. D’abord, on peut penser qu’Ursule LeBlanc a suivi sa sœur Esther et ses frères Benjamin et Jean-Baptiste avec Raymond Bourdages à la rivière Saint-Jean et éventuellement se sont rendues à Québec vers 1756-1757. Est-ce Jacques Christophe Babuty était aussi avec eux ou a-t-il connu et marié Ursule à Québec?

Enfin, d’après d’autres sources, il serait retourné en France en 1764. Enfin, on sait que Jacques Christophe Babuty est décédé le 28 mai 1786, place de la Sorbonne, Paris.

Liens avec Charles Deschamps de Boishébert

D’après ces informations, on peut en déduire que Raymond Bourdages et Jacques Christophe Babuty se connaissaient bien. Étaient-ils tous deux de la garnison de Charles Deschamps de Boishébert qui avait été envoyé à l’embouchure de la rivière Saint-Jean où il fit construire le fort Ménagouèche malgré la vive opposition du commandant des forces navales de la Nouvelle-Écosse. 

On sait que Boishébert quitta l’Acadie en 1751, chargé par ses supérieurs d’une mission en France, puis vers l’ouest dans la vallée de l’Ohio, par le gouverneur de Québec, Michel-Ange Duquesne. Boishébert revint en Acadie en 1754, alors qu’il était nommé commandant du fort La Tour, à l’embouchure de la rivière Saint-Jean. Ne disposant comme garnison que d’une poignée de miliciens, Boishébert se donna comme mission d’empêcher les Anglais de s’établir dans cette région.

En juillet 1755, le colonel Monckton s’empara du fort Beauséjour et envoya un détachement important attaquer Boishébert qui contrecarrait leurs tentatives de prendre possession du territoire. Constatant qu’il n’était pas en mesure de tenir tête aux Anglais de beaucoup supérieurs en nombre, Boishébert fit incendier le fort et se réfugia dans les bois, d’où il se mit à harceler les attaquants, pratiquant ce qu’on appelle aujourd’hui une guérilla, exaspérant les Anglais incapables de se replier dans un fort qui n’existait plus. Les guerriers de Boishébert surgissaient de nulle part, puis disparaissaient avant que l’enemi ait pu riposter. Pendant presque que cinq ans, presque sans ressources, Boishébert empêcha les Anglais de s’implanter dans la région. 

Lorsqu’il est informé de l’intention des Anglais de détruire les villages acadiens des environs de Beauséjour, Boishébert y conduit sa petite troupe accompagnée de quelques amis amérindiens. Il arriva trop tard pour empêcher la destruction du village de Chipoudy, mais aux environs de Petitcodiac, il fait face à un détachement de Britanniques. La bataille dure trois heures; les Anglais, subissant de lourde pertes, n’ont d’autre issue que de prendre la fuite. Boishébert y perd un soldat. Promu au grade de capitaine, Boishébert voulait empêcher dans la mesure de ses moyens la déportation de nouveaux groupes d’Acadiens. Il se rend à Memramcook, puis à Cocagne. Ne pouvant à lui seul, empêcher l’avance des troupes anglaises, Boishébert finira par se replier sur la Miramichi, où il accueillera des familles acadiennes fuyant la déportation. Boishébert retourna à Québec en 1758 et s’embarquera pour la France en 1760.

Raymond Bourdages, milicien acadien

Le travail de recherche fait par André-Carl Vachon concernant les réfugiés Acadiens en Nouvelle-France de 1755 à 1763, nous permet d’en savoir plus à ce sujet. Son mémoire présenté à l’Université du Québec à Trois Rivières au mois de juin 2018, présente beaucoup de nouvelles informations. Il détermine qu’après le début de la déportation en août 1755, quelques 1,935 Acadiens sont venus se réfugiés en Nouvelle-France, dont plusieurs à Québec et dans les environs. Selon lui, ces réfugiés provenaient essentiellement de la région du fort Beauséjour ainsi que l’île Saint-Jean. Il réussit à identifier les Acadiens qui ont participé à la défense de la Nouvelle-France, pendant la bataille des plaines d’Abraham, le 13 septembre, 1759, et celle de Sainte-Foy, le 28 avril, 1760. C’est dans le journal de Malartic que nous apprenons que 150 miliciens acadiens ont combattu auprès des Canadiens et de l’armée française lors de la bataille des plaines d’Abraham. Selon sa recherche, André-Carl Vachon réussit à identifier 156 miliciens acadiens potentiel âgés entre 15 et 70 ans qui ont combattus les Anglais à la bataille des plaines d’Abraham le 13 septembre 1759.

Dans la liste qu’il dresse, on y retrouve Raymond Bourdages et ses beaux-frères Benjamin et Jean-Baptiste LeBlanc. Il les identifie comme suit :

  • Raymond Bourdages de parents inconnus, époux de Esther LeBlanc né en 1731, d’un lieu inconnu en France, arrivé à Québec de l’Île Saint-Jean en 1756, âgé de 28 ans. Une note y est inscrite comme suit : « Raymond Bourdages, ancien chirurgien-major de Boishébert en Acadie. Référence : Jean Gaudette, ‘Origines de la famille Gaudette de la vallée du Richelieu’, Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, vol. 39, no 1, cahier 175, printemps 1988, p. 7 »
  • Benjamin LeBlanc; parents- René LeBlanc et Marguerite Thébeau / Thibault, célibataire, né en 1740 à Grand-Pré, arrivé à Québec de l’Île Saint-jean en 1756, âgé de 19 ans. Une note y est inscrite comme suit : « Il a été baptisé à Saint-Charles-des-Mines, Grand-Pré, entre le 17 janvier et le 2 février. »
  • Jean-Baptiste LeBlanc; parents – René LeBlanc et Marguerite Thébeau / Thibault, célibataire, né le 25 juin 1744 à Grand-Pré, arrivé à Québec de l’Île Saint-Jean en 1756, âgé de 15 ans.

Raymond Bourdages et sa famille- réfugiés acadiens

D’après André-Carl Vachon, la plupart des réfugiés Acadiens sont arrivés à Québec en 1755 et 1756, dont Raymond Bourdages, son épouse Esther et ses 2 beaux-frères Benjamin et Jean-Baptiste LeBlanc, et probablement Ursule LeBlanc, leur sœur. On sait que le premier enfant de Raymond et Esther, Marie-Charlotte Bourdages est née à Québec le 13 décembre 1756. Marie-Charlotte Bourdages, a été baptisée le 13 décembre 1756, à Notre-Dame-de-Québec. Le parrain et la marraine ont été Jean-Baptiste St-Laurent, écuyer, officier des troupes de la Marine, et Marie-Charlotte Boishébert, la sœur du commandant en Acadie française, Charles Deschamps de Boishébert. C’est donc dire que Raymond Bourdages et Charles Deschamps de Boishébert se connaissait très bien. Étant donné que Raymond Bourdages était chirurgien-major, il est fort possible qu’il ait fait partie de son détachement dans tous les commandements que Charles Deschamps de Boishébert a eu en Acadie entre 1751 et 1760, dont ceux du Fort Latour à l’embouchure de la rivière Saint-Jean en 1754-56, le siège de Louisbourg en 1758, et la bataille des Plaines D’Abraham, le 13 septembre 1759 et celle de Sainte-Foy, le 28 avril 1760. Mes recherches m’ont aussi permis de déterminer que Raymond Bourdages n’avait pas été militaire mais plutôt chirurgien de levée ayant obtenu la certification de chirurgien major, embauché sur les vaisseaux du Roi lors de la guerre de sept ans. C’est ainsi qu’il serait venu au Canada entre 1750-1755.

Retour en France 1760

Enfin, nous savons que Charles Deschamps de Boishébert et Raymond Bourdages sont tous retournés en France en 1760, probablement faisant partie des militaires français retournés en France du 3 octobre à la fin d’octobre 1760, par les Anglais suite à la capitulation de la Nouvelle-France.

À ce sujet, on sait que Raymond Bourdages était encore à Québec le 17 octobre 1760, jour où lui et son épouse Esther LeBlanc ont comparu devant le notaire Sanguinet pour signer l’acte de donation entre les deux. Nous savons aussi que Lévis a quitté Québec le 18 octobre 1760 sur le navire « la Marie » avec une partie de son état major. Aussi le 18 octobre 1760, Vaudreuil quitte Québec sur le navire « l’Aventure » avec une partie de l’état major de la colonie. Nous savons aussi que tous les navires de militaires français arrive en France vers la fin novembre et pendant le mois de décembre 1760, la plupart à la Rochelle. Lévis sur le navire « la Marie » arrive à la Rochelle le 27 novembre et Vaudreuil sur le navire « l’Aventure » arrive à Brest le 26 novembre 1760. En tout, à peu près 2600 soldats et marins sont retournés en France. Enfin, on sait que de département de la Marine licencie la plupart des troupes de la marine. Selon leurs blessures ou par l’ancienneté de leurs services, certains méritent de toucher la demi-solde. Finalement, on sait que les troupes sont dirigées vers Rochefort et Brouage, où elles sont congédiées à raison de 50 soldats par jour. Dès le 2 janvier 1761, on apprend dans une lettre du secrétaire de la Marine que le licenciement est terminé. Raymond Bourdages serait revenu à Québec, probablement avant la fin de 1761, étant donné, que son épouse Esther LeBlanc a donné naissance à un de leurs enfants, Benjamin Marie Bourdages le 8 août 1762.

Pistes de recherches, encore beaucoup à faire…

Sur les vaisseaux du Roi- Beaucoup d’autres recherches seront nécessaires pour explorer si Raymond Bourdages faisait bien partie d’un de ces navires venus au Canada durant la Guerre de Sept Ans et ceux retournés en France en 1760. Il faudra consulter les archives françaises appropriées pour en savoir plus, qui sait peut-être nous confirmer qu’il était bel et bien originaire d’Estancarbon, France.

Dans les archives de la Haute-Garonne, France- Dans ce sens, il faudra faire des recherches dans les archives d’Estancarbon et des communes avoisinantes pour essayer de trouver des actes notariales (i.e. testaments, baux de propriétés, etc.) établissant un lien entre notre ancêtre Raymond Bourdages et des proches, parents ou autre de l’une de ces communes.

Sur Pierre Bourdages, curé d’Estancarbon- En plus, il faudra faire des recherches beaucoup plus approfondies concernant ce Pierre Bourdages, curé d’Estancarbon pour établir le lien de parenté qui le lis à notre ancêtre Raymond Bourdages. Était-il son frère, son oncle? À cet égard, des recherches dans les archives d’état civil et ecclésiastiques pourraient peut-être nous amener des éclairages sur eux et ainsi conclure de son lieu d’origine à Estancarbon, France.

Sur Jacques Christophe Babuty, militaire français-Également, des recherches plus poussées concernant Jacques Christophe Babuty, militaire français venu au Canada en 1750 et retourné en France en 1764, pourraient nous aider à faire d’autres liens pour établir Estancarbon comme lieu d’origine en France de notre ancêtre Raymond Bourdages.

Sur Charles Deschamps de Boishébert- Des recherches sur le capitaine Charles Deschamps de Boishébert, militaire français sous lequel Raymond Bourdages a servi en Acadie comme milicien acadien et maître chirurgien, pourraient aussi nous amener d’autres informations utiles dans nos démarches pour établir Estancarbon comme lieu d’origine en France de Raymond Bourdages.

Sur Louis Bourdages- Enfin, des recherches concernant Louis Bourdages, l’illustre fils de Raymond Bourdages, pourraient nous donner d’autres preuves de son lieu d’origine en France. En particulier, toutes ses démarches auprès de la couronne britannique pour faire reconnaître les titres de propriétés de son père à Bonaventure, Québec pourraient peut-être nous aider à cet égard.

Sur Raymond Bourdages, maître-chirurgien- Nous savons qu’il a été maître-chirurgien de levée sur les navires français venus à Québec et en Acadie lors de la guerre de sept ans jusqu’en 1760. Des recherches dans les archives appropriées pour trouver des preuves documentaires concernant notre ancêtre Raymond Bourdages.