Dans cette section, je vais raconter l’histoire de personnages importants qui ont fait partie de la vie de notre ancêtre Raymond Bourdages en Acadie, au Québec, et en France. Les personnages en questions vont apparaître dans la liste ci-dessous suivi de leurs histoires et liens avec Raymond Bourdages:
- A– Louis Bourdages- Illustre fils de Raymond Bourdages
- B– Jacques Christophe Babuty, beau-frère de Raymond Bourdages
A- Louis Bourdages- Illustre fils de Raymond BOURDAGES…

Origines familiales et naissance…
- Naissance : Louis-Marie Bourdages est né le 5 juillet 1764 (baptisé le 6 juillet) à Jeune-Lorette (L’Ancienne-Lorette / Loretteville), Québec. Il est le fils de Raymond Bourdages (chirurgien et marchand, d’origine acadienne) et d’Esther (Marie-Esther) Leblanc. biographi.ca+1
- Contexte familial : Raymond Bourdages avait quitté l’Acadie lors des grands déplacements du milieu du XVIIIᵉ siècle; la famille s’est établie au Québec et a eu de nombreux enfants (on mentionne 11 enfants dans certaines notices). Louis apparaît comme l’un des héritiers qui aura un rôle public important par la suite. biographi.ca+1
Jeunesse et formation…
- Louis fréquente le Petit Séminaire de Québec où il rencontre des personnalités comme Pierre-Stanislas Bédard. Après ses études il embarque comme marin au long cours : voyages en Europe et dans les Antilles sont mentionnés dans les notices. À son retour (vers la fin des années 1780) il tente une carrière de commerçant à Québec (vers 1787) sans grand succès, puis s’installe comme cultivateur à Saint-Denis-sur-le-Richelieu vers 1790. biographi.ca+1
Profession et positions (notaire, propriétaire, milice)…
- Notariat : Après s’être établi comme fermier/propriétaire foncier, il articule comme notaire et reçoit sa qualification en 1805. Il devient ainsi un acteur local (transactions foncières, représentation des héritiers, etc.). biographi.ca
- Milice et rang : Pendant la guerre de 1812 il sert dans la milice locale et atteint le grade de lieutenant-colonel, ce qui renforce son statut social et politique dans la région du Richelieu. biographi.ca
Engagement politique et presse
- Député à l’Assemblée législative du Bas-Canada :
- Élu pour Richelieu (1804–1814) ; par la suite élu dans Buckingham (élection partielle 1815, puis 1820–1830) puis Nicolet (1830–1834) — il siège donc de façon continue et influente dans les premières décennies du XIXᵉ siècle. Assemblée nationale du Québec+1
- Le Canadien et positions publiques : En 1806 il participe à la fondation du journal Le Canadien, organe important de l’opinion francophone au Bas-Canada. Il s’oppose régulièrement aux mesures visant à abolir le régime seigneurial et défend les intérêts des habitants francophones et propriétaires fonciers. Wikipedia+1
- Implication dans les réformes : Louis Bourdages a participé à la préparation des Quatre-vingt-douze Résolutions (1834), document majeur réclamant des réformes responsables du gouvernement colonial et qui jouera un rôle dans la montée des tensions menant aux événements de 1837–1838. Wikipedia+1
Vie familiale et descendance…
- Mariage : Il épouse Louise-Catherine Soupiran (mariage célébré le 9 octobre 1787, paroisse Notre-Dame de Québec). Ils auront plusieurs enfants ; l’un d’eux, Jean-David dit Rémi-Séraphin Bourdages, suivra son père en politique (député pour Rouville) mais mourra avant lui (ou est mort tôt — certaines notices donnent des dates précises pour Rémi-Séraphin). Assemblée nationale du Québec+1
Fin de vie et décès…
- Décès : Louis Bourdages meurt à Saint-Denis-sur-le-Richelieu le 20 janvier 1835 après une attaque d’apoplexie (il meurt quelques jours après l’attaque). Il est inhumé le 23 janvier 1835 dans l’église paroissiale. biographi.ca+1
Héritage et commémorations…
- Il fut un tribun influent dans la région du Richelieu et un des représentants de la génération qui a préparé les grands débats constitutionnels du Bas-Canada. Des monuments locaux et toponymes (rues, mentions dans la mémoire des Patriotes) conservent son souvenir dans la région de Saint-Hyacinthe / Richelieu. 1837.qc.ca+1
Sources principales consultées…
- Dictionnaire biographique du Canada / Dictionary of Canadian Biography — notice détaillée (FR/EN). biographi.ca+1
- Assemblée nationale du Québec — fiche biographique du député Louis Bourdages (FR/EN). Assemblée nationale du Québec+1
- Notices patrimoniales et répertoires (Répertoire du patrimoine culturel du Québec, mémoires des Patriotes). Patrimoine Culturel+1
- Articles de synthèse (Wikipédia FR/EN pour recoupements rapides). fr.wikipedia.org+1
B- Jacques‑Christophe Babuty- Beau-frère de Raymond Bourdages

Jacques-Christophe Babuty, né et baptisé à Paris le 19 mai 1722 dans la paroisse Saint-Benoît-la-Bistournée, est le fils de François Babuty, libraire et imprimeur parisien, et de Marie-Anne Réal, tous deux originaires de la capitale. Issu d’un milieu urbain instruit et lié au monde du livre, Babuty appartient à cette génération d’agents civils et militaires envoyés en Nouvelle-France pour soutenir l’administration royale dans un contexte de tensions impériales croissantes.
1. Arrivée en Nouvelle-France et débuts militaires (1750–1755)
En 1750, Jacques-Christophe Babuty traverse l’Atlantique à bord du navire Saint-Joseph, parti de Port-Louis (Bretagne). Il est recruté par ordre du roi au sein des Troupes de la Marine, avec la fonction de soldat-canonnier, ce qui le rattache à la fois à l’artillerie et aux services logistiques de la colonie.
Dès 1751, il est affecté au fort Chambly, poste stratégique de la vallée du Richelieu, axe militaire et commercial majeur reliant Montréal au lac Champlain. Cette affectation précoce l’insère dans un réseau militaire et administratif où circulent hommes, marchandises et capitaux du Magasin du Roi.
En 1756, Babuty est attesté au fort Beauséjour, en Acadie, où il travaille au Magasin du Roi. Cette fonction, essentielle à l’effort de guerre, implique la gestion des approvisionnements, des munitions et des effets militaires, ainsi que des écritures comptables associées.
À cette époque, Babuty ne se limite plus à un rôle strictement militaire : il agit comme agent de confiance de l’administration, intermédiaire entre fournisseurs, officiers et autorités coloniales.
En 1759, il est en poste au fort Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu) comme garde-magasin ou magasinier des munitions, fonction confirmant son expertise logistique. Ce poste est occupé au moment critique de l’offensive britannique qui mène à la chute de la Nouvelle-France.
2. Mariage et enracinement familial (1758–1763)
Le 6 février 1758, à Québec, Jacques-Christophe Babuty épouse Ursule LeBlanc, soeur d’Esther LeBlanc, épouse de Raymond Bourdages. Acadienne née en 1735 à Grand-Pré, elle est la fille de René LeBlanc, notaire réputé (souvent associé à la tradition familiale rendue célèbre par Évangéline de Longfellow), et de Marguerite Thébeau.
Le contrat de mariage, signé la veille (5 février 1758) devant le notaire Christophe-Hilarion Dulaurent, décrit Babuty comme âgé de 27 ans, natif de Paris, et Ursule LeBlanc comme âgée de 20 ans. Les témoins incluent des membres du réseau administratif et familial, notamment Jean-Jacques LeBlanc, garde-notes des magasins du roi, Blanche LeBlanc,et Esther LeBlanc, épouse de Raymond Bourdages, soulignant l’intégration de Babuty dans les cercles civils et marchands de la colonie.
De cette union naissent au moins quatre enfants, tous nés au Canada entre la fin des années 1750 et le début des années 1760 :
- Ursule-Angélique Babuty, née le 16 octobre 1759, paroisse Notre-Dame de Montréal;
- Jacques-Christophe Babuty, né le 3 octobre 1760, paroisse de Chambly;
- Françoise-Adélaïde Babuty, née le 16 décembre 1761, paroisse de Chambly; décède en 1763; et
- Jean-Baptiste-Christophe Babuty, né le 24 décembre 1764, paroisse de Chambly.
3. Après la Conquête : marchand, propriétaire, et créancier
Après la capitulation de Montréal en 1760 et la fin officielle du régime français en 1763, Babuty demeure au Canada. Il est alors qualifié de marchand à Saint-Jean-sur-Richelieu, où il possède une terre située entre l’actuelle rue Saint-Georges et le boulevard Gouin.
Son nom reste attaché durablement au paysage local : une rue Babuty porte encore celui de la famille, et l’église anglicane St. James, construite en 1816, l’est sur une ancienne terre Babuty.
À cette période, Babuty doit également régler des affaires financières complexes, héritées du régime français (ordonnances, lettres de change, créances du Magasin du Roi), ce qui explique la multiplication des actes notariés.
4. Procurations de 1764 et départ définitif pour la France
Le 5 mars 1764, Jacques-Christophe Babuty passe devant le notaire Pierre Panet de Méru, à Montréal, un acte de procuration (acte no 2049). Cet acte démontre qu’il est encore physiquement présent à Montréal à cette date et qu’il organise la délégation de ses pouvoirs pour la gestion de ses biens et créances.
Quelques mois plus tard, le 27 septembre 1764, une procuration capitale est passée à Québec, devant le notaire royal Moreau, en présence du gouverneur James Murray, ce qui lui confère une pleine validité juridique sous le nouveau régime britannique. Cette procuration n’est pas consentie par Babuty lui-même, mais par Raymond Bourdages, son beau-frère, négociant établi à Québec, agissant manifestement comme mandataire et homme de confiance dans les affaires financières de Babuty. L’analyse croisée des sources indique que Babuty n’est plus au Canada à cette date : il a déjà quitté la colonie et agit à distance, ce qui confirme un retour définitif en France autour de 1764–1765.
5. Séparation géographique et recomposition familiale
Le départ de Babuty laisse Ursule LeBlanc seule au Canada, avec plusieurs enfants mineurs. Cette séparation n’est pas un divorce, mais une absence prolongée, juridiquement encadrée par les procurations.
En 1766, Ursule LeBlanc contracte un second mariage avec Richard Wragg, célébré à l’église anglicane Christ Church de Montréal, dans le nouveau contexte juridique britannique. Ce mariage est ultérieurement reconnu dans les actes notariés, sans jamais remettre en cause la filiation des enfants Babuty.
Après son retour définitif du Canada vers 1764, Jacques-Christophe Babuty se réinstalla à Paris, dans un environnement urbain et intellectuel très différent de celui de la Nouvelle-France où il avait fondé une famille. Les sources notariales parisiennes, notamment les actes passés au Châtelet et son testament reçu le 21 mars 1786 par Me Denis Fréchot (étude LXIII), montrent qu’il conserva jusqu’à la fin de sa vie une pleine capacité juridique et une gestion personnelle de ses affaires, ce qui suggère une situation matérielle stable, sinon confortable. Il vécut ses dernières années à proximité du quartier universitaire, séjournant place de la Sorbonne, probablement dans une chambre garnie, situation fréquente chez des hommes seuls revenus des colonies après la guerre de Sept Ans. C’est là qu’il décéda le 28 mai 1786, à l’âge de soixante-quatre ans, loin de son épouse et de ses enfants demeurés en Nouvelle-France. Sa mort à Paris clôt le parcours d’un homme partagé entre deux mondes : celui des élites urbaines parisiennes, dont il était issu par son père libraire, et celui de la société coloniale canadienne, où il avait été soldat du roi, époux et père, avant de rentrer définitivement en France sans jamais revenir au Canada.
Conclusion
Entre 1750 et 1764, Jacques-Christophe Babuty suit une trajectoire emblématique des agents du roi en Nouvelle-France : arrivée militaire, spécialisation administrative, mariage stratégique, enracinement foncier, puis retrait forcé après la Conquête. Son départ pour la France marque la fin de sa présence active au Canada, mais non celle de son influence familiale et patrimoniale, assurée par Ursule LeBlanc et leurs enfants, demeurés dans la vallée du Richelieu jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle.